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AGRANDISSEMENTS A LA LUMIÈRE ARTIFICIELLE

§ i. — APPAREILS.

838. Éclairage au pétrole. — Depuis que l'emploi des préparations au gélatino-bromure d'argent s'est généralisé, on se sert presque toujours de l'éclairage au pétrole pour éclairer les phototypes destinés à être amplifiés. L'appareil le plus usuel n'est autre qu'une lanterne magique munie d'un objectif photographique (fig. 004). Une lampe à pétrole avec un réflecteur se place à l'intérieur de l'appareil;

Fig. 604.

cette lampe est à large mèche, et, si le condensateur est de dimensions un peu considérables, on emploie des lampes à trois ou cinq mèches. Les rayons lumineux traversent le condensateur B (fig. 6*0.)),

ÊGLAÏRAGE AU PÉTROLE. 45

éclairent le négatif à agrandir A placé dans un châssis à coulisse, puis, après avoir traversé l'objectif G, vont former leur image sur l'écran D.

L'objectif employé peut être un objectif à portraits ordinaires. - »

Pig. 006.

Dallmeyer a montré que, pour obtenir un champ de netteté égal sur toute la dimension de récran, les courbures des lentilles de l'ob-

jectif à portrait devaient être modifiées; il a construit une nouvelle forme d'objectif qu'il a désigné sous le nôm de « Lantern Lais ». Le condensateur esl achromatique : ses dimensions sont détermi-

nées par les dimensions du négatif à agrandir; le plus souvent, ce négatif est du format de 0m10 X 0m085 : c'est le format adopté par le Congrès photographique.

La lampe à pétrole est ou bien à bec rond (fig. 606), auquel cas l'appareil peut être construit en bois, ou bien à plusieurs mèches plates (fig. 607) ; dans ce cas, l'appareil est à ^double enveloppe de tôle pour éviter réchauffement des diverses pièces; une cheminée en tôle active le courant de la flamme et permet un éclairage régulier. Dans quelques appareils, l'enveloppe intérieure est de tôle et le corps extérieur est de tôle perforée, de telle façon que la partie exté-

rieure qui porte le condensateur ne peut être échauffée; on évite ainsi le bris des lentilles, accident qui se produit souvent à cause de l'action de la chaleur.

839. Éclairage électrique. — L'usage de la lumière électrique pour la production des agrandissements ne s'est pas répandu, malgré les facilités de se procurer ce nouveau genre d'éclairage : c'est que la lumière électrique n'a pas un pouvoir actinique comparable à celui de la lumière Drumond ; de plus, l'installation des appareils est assez coûteux, et, si l'on est obligé de recourir à l'emploi des piles, cet éclairage n'est pas économique. Ce n'est donc que lorsqu'on a besoin d'une fixité absolue de la source lumineuse (par exemple pour la microphotographie) que l'on a recours à ce genre d'éclairage. On s'en sert avec une simple chambre noire, sans appareil spécial (fig. 608) ; on peut aussi l'employer avec les appareils usuels.

La lampe électrique se met à la place de la lampe à pétrole ; l'ap-

Fig. 607.

ÉCLAIRAGE oXIIYDKIQl E. 47

pareil d'agrandissement se manie d'ailleurs de la même manière dans les deux cas.

Cet éclairage ifest employé que dans les grandes villes par les photographes qui ont à exécuter beaucoup d'agrandissements.

Fig. (508.

840. Éclairage oxhydrique. La lumière Drumond ou lumière oxhydrique s'obtient en projetanl sur un lut ton de chaux La flamme produite par la combinaison de l'hydrogène e< de l'oxygène ; la chaux, sous l'influence de la liante température à laquelle elle est portée, émet une lumière extrêmement actinique. En pratique, on

Fig. 009.

remplace l'hydrogène par le gaz d'éclairage ordinaire. Les deux gaz sont séparés jusqu'à leur sortie des tnl.es qui les amène à peu de distance de la chaux; l'ensemble de ces tubes prend le nom de chalu-

meau oxhydrique {fig. 609). Il se compose de deux tubes : l'un EO amenant l'oxygène, l'autre DH amenant l'hydrogène : les deux gaz ne peuvent se réunir qu'en F à la sortie des tubes, et ce dispositif permet d'employer les deux gaz avec des pressions très différentes, ce qui est souvent fort utile ; le dard du chalumeau est projeté sur un bâton de chaux, percé d'un trou permettant de le placer sur la broche B.

Lorsqu'on n'a pas le gaz d'éclairage a sa disposition on peut employer l'hydrogène, que l'on prépare assez facilement, comme nous le verrons plus loin. Mais si l'on ne veut pas s'astreindre à faire cette préparation , il faut avoir recours à la lumière oxycalcique

Fig. G10.

obtenue en dirigeant un jet d'oxygène au travers de la flamme d'une lampe à alcool ordinaire ; on lance le dard ainsi obtenu sur un bâton de chaux qui devient immédiatement incandescent. Pour éviter un trop grand échauffement du réservoir contenant l'alcool, on donne à la lampe une forme spéciale (fig. 610). Le réservoir reporté en arrière, de façon à être en dehors de l'appareil, reste à peu près froid ; il est à niveau constant et assez grand pour contenir une notable provision d'alcool ; l'oxygène arrive par le robinet D qui se trouve à gauche de la figure.

Ces appareils d'éclairage se placent dans une lanterne à agrandissements {fig. 611) comportant un condensateur I et un objectif photographique F. Le chalumeau est supporté par une double platine en cuivre B réunissant les colonnes ; chacune de ces platines est munie d'un mouvement de rappel à crémaillère permettant de déplacer avec précision le chalumeau de gauche à droite et d'avant en arrière ; une troisième crémaillère D permet d'effectuer le réglage en hauteur, de sorte qu'on amène avec facilité le point lumineux au foyer du système optique, ce qui est très important ; une crémaillère permet de mettre au point l'objectif. Les robinets J et K sont indépendants. S'il

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