DISPOSITION DE L'ÉCRAN
Les projections par transparence produisent plus d'illusion sur le spectateur que les images directes ; mais elles nécessitent un assez long espace, car l'écran se trouve placé entre l'appareil et les spectateurs. C'est ce mode de projection que l'on doit employer lorsque les images sont projetées par le polyorama.
L'écran transparent se confectionne avec du calicot assez large (on trouve actuellement des largeurs de 3 mètres); si la largeur de
Fig. G21.
l'étoffe est insuffisante, s'il faut deux Oll trois largeurs, on les coud en surjet; toutes les bandes doivent provenir de la même pièce, les coutures doivent être disposées verticalement, et autant que possible près des bords de l'écran: lorsque Ton a assemblé les diverses largeurs d'étoffe, on renforce le bord de La toile sur les quatre côtés avec un ruban de ÛÏ cousu tout autour, on renforce de môme les quatre coins; on pose ensuite tout autour des œillets métalliques espacés de 0m25; ces œillets doivent avoir un diamètre de 0m005; ceux des quatre coins sont plus gros et ont 0m015; ces quatre œillets ne sont pas indiqués sur la figure 681, qui montre un des dispositifs adoptés pour tendre l'étoffe. Si l'écran doit être déplacé souvent, on
emploiera avec avantage des supports mobiles (fig. 622 et 623) très légers qui se démontent facilement et se transportent en plusieurs morceaux ; à l'aide des œillets et d'une petite corde faisant lacet tout autour, on tend la toile sur son cadre comme une étoffe sur le métier à broder. Pour rendre la toile transparente, on l'enduit, à l'aide d'un large pinceau, d'une couche de vernis copal ; lorsque, la première couche étant sèche, la transparence n'est pas jugée suffisante, on étend une autre couche sur l'autre face de la toile. Il faut éviter de mettre une trop grande quantité de vernis, parce qu'une transparence excessive
a le défaut de rendre sensible à l'œil la direction de l'appareil. La toile enduite de vernis copal doit rester tendue sur le châssis. Si l'écran doit être roulé, il est préférable d'enduire l'étoffe de cire; pour cela, on fait dissoudre au bain-marie 180 grammes de cire vierge et 50 grammes de blanc de baleine dans 500 grammes d'essence de térébenthine distillée ; lorsque ce mélange est fondu , on l'applique à chaud avec un pinceau plat sur la toile préalablement tendue avec soin sur un cadre , puis on promène devant toute la surface de la toile, et cela à une petite distance, un fer chaud, de manière à faire fondre la cire qui pénètre alors le tissu et le rend translucide.
Le moyen le plus simple de rendre l'écran transparent consiste à le mouiller avec un fort pinceau ou une grosse éponge; lorsque l'étoffe a été souvent mouillée, on ajoute à l'eau de l'amidon et de la gomme arabique qui font disparaître les interstices existant entre les fils de l'étoffe.
Pour les projections de petite dimension, on emploie une glace finement dépolie ; il faut cependant que le grain soit assez gros pour que le point lumineux n'apparaisse pas.
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852 Maniement de 1 appareil de projection. — Le maniement des appareils de projection est identique à celui des appareils d'agrandissement. Le lecteur voudra bien relire les indications que nous avons données à ce sujet (chap. IV. § 2); il est important d'observer les précautions suivantes.
Les lentilles et les vues destinées à être projetées doivent être essuyées avec une peau de chamois; s'il fait froid, il faut chauffera l'avance les lentilles et les tableaux, car les condensations de vapeur qui se produisent sur le verre se traduisent sur l'écran par une tache sombre placée généralement au centre de la vue.
L'appareil doit être placé sur un support assez élevé pour que le centre des lentilles se trouve à la même hauteur que le milieu de l'écran ; il faut éviter d'incliner l'appareil parce que l'image se déforme de plus en plus au fur et à mesure que l'inclinaison augmente.
On commence par cèntrer la lumière, on règle l'éclairage à son maximum d'intensité, puis on introduit dans un châssis double, permettant de faire succéder rapidement les vues les unes aux autres, {es deux vues qu'il est destiné à contenir, on met an point; lorsque la première image a été projetée pendant le temps nécessaire à la démonstration, on la remplace brusquement i ar la seconde en poussant le châssis, et on continu.' ainsi jusqu'à ce que la série soit terminée.
853. Appareil à projection double; polyorama. — On a construil des appareils qui permettent d'occuper la toile d'une manière continue. Les projections se succèdent sans interruption, l'une atteignant pendant que l'autre acquiert plus de vigueur, A l'aide de ces appareils, on peut montrer les diverses phases d'un phénomène, ou superposer deux ou plusieurs nuages dont la réunion sur L'écran doit produire un effet déterminé.
On obtient ce résultat à l'aide de plusieurs lanternes dirigées vers le même point de la toile, soient deux lanternes A et B {fig. 624) montées sur la planchette CD et mobiles dans le sens horizontal, de manière à faire converger sur le même écran les images qu'elles peuvent projeter; deux diaphragmes E et F sont disposés de telle sorte que pendant la fermeture de A le diaphragme B s'ouvre progressivement : la première image disparaîtra insensiblement pendant que la seconde deviendra de plus en plus visible et finira par occuper seule l'écran.
Les deux appareils étant réglés séparément, on fait converger les deux lanternes de la manière suivante : un tableau se trouvant à l'intérieur de A on met au point , puis on le retire pour en faire autant avec l'appareil (B
Fig. G25.
dont on enlève également le tableau ; on amène les deux disques lumineux projetés sur l'écran à être l'un sur l'autre et l'on serre les écrous qui fixent les appareils; on relie alors les deux diaphragmes par une tringle G, après avoir ouvert complètement le premier et fermé le second. L'appareil ainsi construit peut servir avec toute sorte d'éclairage ; mais si l'on emploie la lumière oxhydrique, on obtient le changement à l'aide d'un robinet distributeur qui ferme le tube à oxygène pendant que la lanterne ne fonctionne pas.
En Angleterre, on emploie un appareil double (fig. 625) qui diffère des appareils ordinaires en ce qu'une lame dentée passe lentement devant un des objectifs de façon à le masquer graduellement pendant qu'une seconde lame semblable découvre l'autre objectif.
L'appareil double f vertical est plus facile à manier, parce que l'opérateur n'a pas à passer d'une lanterne à l'autre pour y introduire de nouveaux tableaux; de plus, l'appareil vertical (fig. 626) occupe moins d'espace que l'appareil horizontal et se transporte plus facilement ; enfin, il se règle