Chambre solaire à éclairage convergent. — La
chambre solaire imaginée par Woodvard1 est un appareil analogue à La lanterne magique. Il se compose essentiellement d'une grande lentille {condensateur) fixée à l'extrémité d'une boîte en bois; à l'autre extrémité se place un objectif à portraits : la distance qui sépare le condensateur de l'objectif est précisément égale à la longueur focale de ce condensateur. Le négatif à agrandir se meut entre l'objectif e1 la lentille : on le place à un»1 distance de l'objectif qui varie avec l'amplification à obtenir. Le condensateur a pour objet de concentrer la lumière solaire sur le négatif, de manière à l'éclairer fortement. Dans ce but, un porte-miroir attaché à la boîte qui constitue l'appareil permet de réfléchir la lumière solaire sur le condensateur: des vis de rappel fixées au porte-miroir permettent de maintenir les rayons solaires refléchis dans une direction constante. L'installation et \<> maniemenl de l'appareil ne présentent aucune difficulté. On fixe à une fenêtre exposée au midi la partie de la chambre solaire qui porte le miroir, on obscurcil la salle dans laquelle on opère; à une certaine distance de l'objectif, on dispose un chevalet portant ane planchette que Ton place verticalement, de telle sorte que le plan de ce1 écran soil parallèle au plan du négatif ou perpendiculaire à l'axe de l'appareil; on fait avancer ou reculer le négatif jusqu'à ce que -en image se forme avec netteté sur la planchette du châssis; on place alors sur cette planchette une surface sensible à la lumière et
1 . Bulletin de la Société française de photographie, 1859, p.
l'on maintient les rayons lumineux dans une direction telle qu'ils puissent traverser librement l'objectif.
Les défauts que présente l'appareil de Woodward sont assez nombreux : d'abord la disposition mécanique est mauvaise en ce que les vis de rappel destinées à faire mouvoir le miroir sont difficiles à manœuvrer sans qu'il se communique une vibration à l'appareil, vibration qui se traduit par un manque de netteté dans l'image agrandie ; la. position de l'objectif, par rapport au condensateur, n'est pas absolument correcte. Claudet1 croyait qu'un des avantages du dispositif imaginé par Woodward résidait en ce que le foyer du condensateur se faisait au centre de l'objectif. D'après lui, ce centre seul formait l'image, et il admettait qu'on opérait comme si l'on se servait d'un objectif réduit à une ouverture aussi petite que l'image du soleil formé sur sa surface, sans qu'il soit nécessaire d'employer un diaphragme. Lorsque le temps est bien clair, si le soleil brille d'un vif éclat et si le négatif est bien transparent, les choses se passent de la manière indiquée par M. Claudet; mais si l'on opère par l'emploi de la lumière diffuse, il en est tout autrement. Dans ce cas, comme l'a fait remarquer Thouret2, l'objectif travaille uniquement d'après la loi des points conjugués, tandis que par un temps bien clair, d'après Claudet3, dans la chambre solaire, l'objet lumineux n'est que le soleil intercepté par les lignes noires ou le treillis du négatif : les parties transparentes de ce dernier n'arrêtent pas plus les rayons du soleil que les carreaux d'une fenêtre Le seul point du centre de l'objectif voit le négatif et tous les autres points sont aveugles ; l'image amplifiée sur l'écran n'étant que celle qui est vue à travers le centre de l'objectif, il n'y a plus d'aberrations et cette image est d'une netteté extraordinaire, pourvu que le condensateur ne soit pas d'un trop grand diamètre et de distance focale assez longue (0m21 de diamètre au maximum et de 0"'60 de distance focale). Foucault4, tout en admettant cette explication, a fait remarquer qu'en faisant tomber sur la lentille amplifiante le foyer des rayons solaires, on a pour résultat de n'affecter qu'une seule et même portion de cette lentille à la formation de l'image entière du négatif, et sous prétexte d'éviter l'aberration de sphéricité, on tombe dans l'inconvénient plus grave qui consiste en une diminution du champ de netteté ; il vaut mieux, comme l'a indiqué Thouret, faire tomber l'image solaire un peu au delà de la lentille amplifiante.
I )ans le but d'augmenter la rapidité de l'impression des images sur papier au chlorure d'argent, on s'est servi de condensateurs de grand diamètre et de courte distance focale (0»>50 à 0™80 de diamètre et 0^90 à 1>»20 de foyer) sans remarquer la valeur énorme que prenait le cercle d'aberration; le diamètre de ce cercle croît comme le cube de l'ouverture. Dans ces conditions, ] objectif amplificateur arrête une partie des rayons émergents de la lentille condensatrice. Van Monckhoven a montrés qu'il était alors impos-