‹ Traité encyclopédique de photographieChapitre 104 sur 178 · VIRAGE AU PLATINE · texte numérisé non relu

VIRAGE AU PLATINE

bains, notablement acides au moment de leur préparation, se troublent bientôt, se décolorent très vite et donnent un dépôt toujours abondant d*acide anisique ; en quelques jours le dépôt est complet, et la liqueur ne reste que très peu acide, se rapprochant de la neutralité. Il consei*ve une bonne activité pendant longtemps. Il donne de très beaux tons violets noirs lorsqu'il est récent, et vire encore très facilement au pourpre et au violet après plusieurs mois, surtout si l'on n'a employé qu'un litre d'eau par gramme de chlorure d*or. Il vire même encore les papiers aristotypiques. Avec ce bain, comme avec tous les bains plus ou moins acides, il faut laver soigneusement les .épreuves avant le fixage à l'hyposulfite et les plonger dans une solution étendue de bicarbonate ou mieux de sulfite de soude, h moins d*ajouter ce dernier sel au fixateur lui-même.

Certains sels agissent d'une façon toute spéciale dans les bains de virage; c'est ainsi que les chlorures alcalins retardent le virage de l'épreuve et permettent d'obtenir facilement des tons bistres ou sépia avec les bains alcalins assez récents qui donnent rapidement des tons violets noirs. On obtient ce résultat en ajoutant quelques grammes de sel marin au bain de virage; avec le phosphate de soude, par exemple, on emploie la formule suivante : phosphate de soude , 20 grammes; eau distillée, 1 à 2 litres ; chlorure d'or ,

1 gramme; après décoloration on ajoute de 1 à 10 grammes de sel marin, et on emploie ce bain un ou deux jours après la préparation.

1191. Virage au platine et aux métaux du groupe du platine.

— Au lieu d'employer les sels d'or on peut utiliser ceux de platine (561) pour produire le virage des épreuves. Mercier a indiqué la formule suivante pour le virage des épreuves sur papier albuminé : chloroplatinite de potassium pur, Ig^ôO; chlorure platinique, 08^05; acide acétique, 15 c. c. ; eau distillée , 1 litre.

Hare ^ emploie le bain d'or, suivi d'une immersion dans un bain contenant des sels de platine. Les épreuves, légèrement lavées , sont plongées dans le bain d*or au borax contenant ; eau, 1000 c. c. ; borax, 18 grammes; chlorure d'or, Osi',4. Quand les images ont pris dans ce bain un ton brun chaud, on les lave pendant une minute dans l'eau pure, puis on les place dans un bain de 1000 c. c. d'eau , 4gi'5 de chloroplatinite de potasse , 12 grammes d'acide citrique et 19 grammes de chlorure de sodium ; l'image devient rapidement d'un beau noir pourpre.

M. Brunel ^ opère très sommairement le premier lavage de l'épreuve et l'immerge dans un bain contenant : eau, 1 litre; chloroplatinite de sodium;

2 grammes ; chlorure de sodium, 2 grammes; bitartrate de soude, 1 gramme. Les épreuves, lavées une seule fois à l'eau, sont plongées dans le bain de virage où elles prennent un ton pourpre, puis brun et finalement noir; on les lave puis on les fixe dans une solution de dOO grammes d'hyposulfite de soude pour 1 litre d'eau.

On peut obtenir des teintes spéciales par l'emploi des sels d'osmium. On se sert de chlorure d*osmium ammoniacal connu sous le nom de chlorure jaune de Frémy; on emploie les doses suivantes : chlorure d'osmium am-

1. JSuUetin de la Société française âe plctogranhie^ 1891, p. 28.— 2, Phct. yefvê, IB91,

moniacal, lK(t30; osmlate de potasse, 0?'iO; acide acétique, 15c. c.;eaa distillée, 1 litre. Les persels qui entrent dans la composition de cette formule sont en trop petite quantité pour ronger les épreuves; cette quantité suffit cependant pour empêcher la réduction complète du bain.

M. Mercier a récemment fait connaître la formule suivante : eau , 1 litre ; chlorate de soude Oi^KH; succinate de soude, 4 grammes; acide succinique, 12 grammes; chlorure d*osmium ammoniacial jaune, 1 gr. L*acide succinique est destiné h acidifier le bain ; l'addition de succinate de soude donne plus de douceur aux épreuves , et le chlorate de soude assure la conservation du bain. Si ce bain est préparé avec de Teau dont la température ne dépasse pas 50 & 60o, il se conserve très bien.

Tout virage aux sels des métaux du groupe du platine doit être acide et avoir pour base un sel au minimum ; en liqueur alcaline, on peut bien produire le virage, mais l'opération s'effectue avec une extrême lenteur. Lorsque l'argent constituant l'image est soumis à l'action d*un sel au maximum , il passe & Tétat de chlorure sans qu'aucun dépôt métallique vienne le remplacer, aussi les détails de l'épreuve disparaissent-ils rapidement; au contraire, si l'argent de Tépreuve se trouve en présence d'un sel au minimum, il est remplacé par un dépôt de platine et l'image reste intacte en changeant de teinte.

L'opération du virage aux sels de platine demande un peu plus de soins que celle du virage à l'or. On doit laver les épreuves k l'abri de la grande lumière; il se forme, en effet, du chloroplatinite d*argent insoluble dans l'eau, très facilement réduit par la lumière et qui donne aux blancs une teinte jaune désagréable. Pour conserver aux blancs toute leur pureté, il est bon de plonger immédiatement les épreuves virées dans une grande cuvette d*eau salée,'où on les laisse baigner suffisamment pour qu*elles perdent toute la solution de virage dont elles étaient imprégnées. Au lieu de sel marin, on peut employer le sulfite de soude à la dose de 20 grammes pour un litre d'eau ; on évite ainsi la formation d*un hyposulfite platineux qui, fortement coloré, produirait une teinte jaunâtre dans les blancs de Tîmage.

1192. Virages divers. — - M. Balsamo ^ a recommandé l'emploi d'un bain d'acéto-nitrate de bismuth pourrn'cr (?) les épreuves aux sels d'argent. On peut, par l'emploi du bain suivant, obtenir un changement de teinte de l'image : azotate acide de bismuth, 20 gr.; acide acétique, 100 c. c; eau distillée, quantité suffisante pour faire 1 litre; on filtre le liquide ainsi préparé et l'on immerge Tépreuve pendant trois ou quatre heures dans ce bain ; on lave avec soin et Ton ûxe dans un bain d'hyposulfite et de sulfite de soude.

On peut produire des images colorées en rouge par remploi du nitrate d'urane. On lave à fond l'épreuve préalablement fixée, et pour éliminer complètement toute trace d'hyposulfite on la fait séjourner dans un bain d'alun, puis on la plonge dans un bain de ferricyanure de potassium à 2Vo; on lave soigneusement pour éliminer le ferricyanure de potassium libre, et Ton fait passer l'épreuve (qui a presque complètement disparu) dans une solution de nitrate d'urane à 5 ou 10 Vof où Timage réapparaît en rouge.

En remplaçant la solution de nitrate d'urane par une solution étendue de

1. Bulletin de la Société /rançaUe de photographie, 1863, p. 302.

Page 1