PHÉNOMÈNES MÉTÉOROLOGIQUES
1274. Mesure de la hauteur et de la vitesse des nuages. -
La méthode du général Strachey* permet d'obtenir ce résultat Deux chambres noires étant solidement fixées sur leurs supports avec les axes de leurs objectifs dirigés vers le zénith, on prend des photographies simultanées des deux régions du Ciel s^écartant du zénith d'environ 15o. Ces photographies sont superposées l'une sur l'autre, de sorte que les deux épreuves paraissent coïncider, et une simple mesure de la distance entre les images des deux points zénithaux , qui sont marqués par deux lignes rectangulaires sur la photographie, donne un moyen de déterminer facilement la hauteur du nuage au-dessus de la surface de la terre. Une seconde mesure faite de môme, du déplacement des zéniths dans une seconde paire de photographies, après un intervalle de temps donné, permet de déterminer la composante lïorizontale de la vitesse du nuage en grandeur et en direction. L'appareil que le capitaine Abney désigne sous le nom de photonéphographe permet d'atteindre le même résultat. A Kew, l'instrument consiste en deux chambres fixées à des théodolithes et reliées électriquement par un ûl souterrain ; chacune d'elles porte un obturateur que Ion peut faire fonctionner au moment convenable. On opère de la manière suivante : le premier obsen'ateur dirige son appareil sur le nuage choisi ; après avoir indiqué à l'observateur de l'autre poste la direction à donner à son appareil, il fait fonctionner au même instant les deux obturateurs : les images ainsi obtenues sont exactement orientées.
1275. Photographie des éclairs. ^ Les photographies d'éclairs s'obtiennent assez facilement sur plaques au gélatino-bromure; mais il n'est pas indispensable de recourir à l'emploi de ce procédé. M. Gunther* obtint en effet des images d'éclairs sur plaques préparées au collodion : les négatifs ont été faits en 18G6 à l'Observatoire de Berlin, sous la direction du professeur Dowe.
Le Photographie-Club de Londres a rédigé des instructions ayant pour but de faire connaître les opérations à effectuer pour obtenir des photographies d'éclairs ayant une valeur scientifique. La chambre noire doit être mise au point pendant le jour sur un objet très éloigné. On fait une marque sur la base de la chambre noire, de façon à mettre au point facilement pendant la nuit, on emploie un rectilinéaire rapide à toute ouverture, on dirige l'appareil sur le point du ciel où les éclairs éclatent le plus fréquemment, la chambre noire étant solidement fixée sur son pied. Il est nécessaire d'incliner la chambre, surtout si les éclairs brillent près du zénith. On doit alors tenir compte du degré de l'inclinaison. Une portion de paysage, de maison, de tuyaux de cheminées, etc., doit, si la chose est possible, être
1. Bulletin a9tronoiniqMe,lSn, p. 397. — 2. The. Phot. Nefcê, 21 avril 189L
ÂI'PLIGATIOKS DIVERSES. âtl
comprise dans la plaque ; si la chose n*est pas faisnble, il faudra avoir soin de bien marquer le haut de la glace avant de la retirer du ch}\ssls. Il faut également noter avec soin Theure à laquelle s'est produit réclaîr, le nombre des secondes écoulées entre Téclair et le bruit du tonnerre, ainsi que l'azimut dans lequel s'est produit Féclair. Autant que possible, il faut ne photographier qu'un seul éclair sur chaque plaque. Il serait aussi utile qu'intéressantd'obtenir simultanément de diverses stations l'image du même éclair ; cela permettrait de calculer avec exactitude sa distance et ses mouvements dans Tatmosphère.
g 3. — APPLICATIONS DIVERSES.
1276. Recherche des falsifications. — La photographie a permis de reconnaître les marques de faux poinçons appliqués sur des bijoux : il a suffi à M. Londe de faire la reproduction micrographique des empreintes que portaient les bijoux. La pièce à photographier est montée sur la platine du microscope, centrée, le plan de l'empreinte étant placé dans un plan perpendiculaire à l'axe de l'objectif. L'éclairage est obtenu à l'aide de la lumière oxhydrique concentré au moyen d'une lentille sur la partie à reproduire. On emploie un objectif très faible dont Timage, reprise par l'oculaire, est finalement grossie douze fois.