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diminue en même temps; ce sont là des faits bien connus de tous ceux qui possèdent les notions les plus sommaires de l'optique.

Les formules qui font connaître les rayons de courbures employés dans la fabrication des meilleurs objectifs photographiques exigent que Ton se serve de crown et de flint, dans lesquels la dispersion dans les diverses régions du spectre montre une proportion constante. On peut ainsi neutraliser les spectres secondaires, résultat impossible à obtenir avec les anciennes matières employées à la fabrication des objectifs photographiques qui admettent des rayons fortement obliques à Taxe. De plus, la mise en pratique de certaines formules exige que Ton se serve de verres dans lesquels l'indice de réfraction et la dispersion soient dans des rapports très variés; c'est ainsi que l'on peut être amené à se servir de verres ayant un indice de réfraction fort élevé et peu de dispersion. Schott, à léna, a produit pratiquement des verres de faible dispersion avec un indice de réfraction élevé (par exemple la dispersion du crown et l'indice de réfraction du flint). Avec les anciens verres, à cause de la grande disproportion de la dispersion dans les différentes parties du spectre propres au flint et au crown ordinaires, il était impossible d'obtenir un achromatisme suffisant. On arrivait, il est vrai, à faire coïncider deux des différentes couleurs du spectre : c'était une solution approchée, et faute de mieux on s'en contentait ; mais il y avait défaut de convergence entre les autres couleurs ; en d'autres termes, il existait des spectres secondaires que l'on ne pouvait parvenir à éteindre. L'opticien le plus habile était celui qui les réduisait à un minimum ; mais il restait au point de vue de la correction de l'aberration de sphéricité un résidu de correction par défaut pour la lumière rouge et un résidu par excès pour la lumière bleue.

Le D"" Abbe a montré qu'avec les nouveaux verres on pouvait faire disparaître les spectres secondaires, et il a appelé objectifs apoclirœnatiqiies les appareils ainsi construits. Sur les données fournies par le savant professeur d'Iéna, la maison Zeiss a construit toute une série d'objectifs de microscope, objectifs connus et justement appréciés des micrographes sérieux qui ne se contentent pas d'images à peu près nettes et qui savent manier un objectif (ce qui est plus rare qu'on ne le suppose habituellement). Powel et Lealand, en Angleterre, Nachet, en France, Reichert, en Autriche, ont utilisé avec succès ces nouveaux verres dont la théorie réclamait l'emploi pour la fabrication des objectifs de microscope.

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Les résultats obtenus dans la construction de ces instruments pouvaient-ils indicfuer la voie à suivre pour réaliser des progrès dans la fabrication des objectifs photographiques? Il y a plusieurs années^ que nous avons appelé l'attention des opticiens sur ce sujet, et Voigtlaender, le célèbre constructeur de Brunswick, est, croyonsnous, le premier qui ait construit des objectifs aplanétiques avec ces nouveaux verres. Les rectilinéaires qu'il a ainsi produits* sont incontestablement, sous le rapport de la rapidité et du champ de netteté, supérieurs aux anciens instruments. Steinheil, Hartnack et plusieurs autres constructeurs se sont aussi servis de ces nouveaux verres. En France, un opticien dont il faut toujours citer le nom quand il s'agit de bonne fabrication, M. Berthiot, lauréat de la Société française de photographie, a construit sur notre demande de nouveaux aplanétiques en verre d'Iéna : ces instruments peuvent supporter la comparaison avec ceux construits à l'étranger.

Les objectifs de M. Zeiss comprennent deux grandes séries : les doublets anastigmats et les triplets. Ces nouveaux objectifs ont été établis dans le but de réduire considérablement l'astigmatisme des rayons obliques à l'axe sans sacrifier la rapidité de l'instrument; en un mot, ils permettent de couvrir une surface relativement grande avec un grand diaphragme. On pourrait les appeler grands angulaires EXTRA-UAPIDES.

Les doublets sont formés de deux combinaisons de lentilles ncrn symétriques consistant en deux systèmes distincts composés chacun de plusieurs lentilles simples collées au baume ; ces doublets présentent les deux particularités suivantes :

1« L'élément positif (lentille convergente) de chacun des deux systèmes distincts possède dans Tun un indice de réfraction plus élevé, et dans l'autre un indice moins élevé que celui de l'élément négatif (lentille divergente) auquel il est associé;

2'^ Ces deux systèmes, considérés individuellement, sont très approximativement achromatiques, c'est-à-dire que l'aberration chromatique de chacun de ces deux systèmes (évaluée d'après la différence entre les inverses des distances focales pour deux couleurs différentes) est relativement faible par rapport à l'aberration chromatique (évaluée de la même manière) d'une lentille simple en crown qui aurait la même distance focale que le système entier.

1. Bulletin de la Société française de photographie^ 1887, p. 132. — 2. Aide-Mémoire de photographie pour 1889, p. 86.

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Toute combinaison de lentilles remplissant ces deux conditions sera bien supérieure aux combinaisons analogues : on pourra supprimer l'astigmatisme pour les faisceaux obliques à l'axe. En effet, une lentille convergente dont l'indice de réfraction est plus élevé que celui de la lentille divergente à laquelle elle est associée occasionne des aberrations astigmatiques qui sont en sens inverse de celles que donne dans les mêmes circonstances une lentille convergente dont l'indice de réfraction est moins élevé que celui de la lentille divergente à laquelle elle est collée. Si l'on veut un objectif a^mstîgmate, il suffira donc de déterminer les courbures des différentes lentilles constituant les deux combinaisons, de telle sorte que les aberrations d'épaisseur (ou astigmates) soient égales et de signe contraire dans les deux systèmes.

Il faut de plus satisfaire à l'achromatisme. Par conséquent, on fera les deux combinaisons distinctes et individuellement aussi achromatiques que possible ; on y arrive par le choix des verres.

Zeiss appelle combinaison de caractère no)^nal la réunion de deux lentilles telles que le verre qui possède l'indice de réfraction le plus élevé présente aussi toujours la plus forte dispersion relative. Une combinaison de caractère anormal est celle dans laquelle l'élément possédant le plus haut indice de réfraction présente la plus faible dispersion relative. En faisant usage de couples de cette dernière catégorie, on peut construire des systèmes lentilles convergentes dans lesquelles le milieu le plus réfringent entre comme lentille convergente sans que rachromatisme soit détruit; c'est là un des côtés les plus originaux de la construction nouvelle.

On voit donc qu'avec un couple de caractère normal et un autre de caractère anormal il est possible de détruire l'astigmatisme tout en maintenant la combinaison achromatique.

Ce sont les objectifs de cette nature qui sont les jjIus utiles en photographie. On peut ainsi réaliser l'amplitude du champ tout en permettant à l'objectif de travailler avec de grands diaphi^agmes^ condition indispensable à la rapidité.

Dans certains cas cependant, il peut être avantageux de laisser former l'image à l'un des systèmes de lentilles : on a alors une lentille principale et une lentille correctiHce, dont l'effet est simplement de corriger les aberrations de la première lentille sans réduire beaucoup le foyer de la combinaison. La lentille correctrice peut alors être à très longue distance focale ou même négative. Dans ce dernier cas,

Ton obtient un instrument qui rappelle Tancien orthoscopique de Petzval. Avec une telle construction, suivant que la lentille principale est constituée par un couple de caractère normal ou de caractère anormal, c'est Télément positif ou Télément négatif de la lentille correctrice qui doit posséder l'indice de réfraction le plus élevé. Le caractère normal ou anormal de la lentille correctrice n*a pas grande influence, pourvu que la distance focale de cette lentille correctrice soit suffisamment grande. Si, au contraire. Ton donne à cette lentille une distance focale négative qui ne soit pas trop grande par rapport à celle de la lentille principale, il est indispensable, pour réaliser Tachromatisnie , de se servir d'une lentille correctrice de même caractère que la lentille principale. Ces deux lentilles, dans ce cas, doivent être toutes deux soit de caractère normal, soit de caractère anormal.

Les principes adoptés par Zeiss pour la construction des objectifs sont susceptibles d'une infinité d'applications. Les distances focales des systèmes de lentilles constituant l'objectif peuvent être aussi différentes que l'on voudra ; on peut placer la lentille correctrice à l'avant ou à l'arrière des objectifs et employer enfin diverses variétés de verres, pourvu que ces variétés satisfassent aux deux principes admis en premier lieu. (îes règles étant posées, l'ouverture de l'objectif, la grandeur du champ de l'image, la valeur de la correction et les constantes optiques (indice de réfraction et dispersion) étant déterminées, on pourra trouver par le calcul les rayons de courbure et les épaisseurs de lentilles permettant de réaliser l'objectif. On sera quelquefois conduit à employer des combinaisons de trois lentilles collées au lieu de deux. La substitution d'une lentille triple à une lentille double est un moyen tout aussi familier au praticien qu'au théoricien ; on peut ainsi se donner un plus grand nombre d'éléments pour l'exécution des diverses corrections, ou bien éviter des courbes trop accentuées, difficiles à exécuter en pratique.

En somme, les doublets de Zeiss sont constitués par deux systèmes distincts de lentilles collées ensemble, ces systèmes étant composés de telle façon que l'élément positif possède, dans l'un un indice de réfraction plus élevé, dans l'autre un indice de réfraction moins élevé que l'élément négatif auquel il est associé; de plus, chacun de ces systèmes est individuellement achromatique.

Zeiss a désigné sous le nom A'anastigynats les doublets de ce système. Il construit plusieurs variétés de doublets.

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1066. Anastlgmats extra -rapides. — Ce type d'objectif se compose d'une lentille frontale double et d'une combinaison de trois lentilles; le diaphragme se place entre les deux {fig. 19 et 20) et assez près de la combinaison postérienre; l'instrument est donc composé de cinq lentilles.

La fabrication de cet instrument comporte quatre séries :

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