CHAPITRE PREMIER
EMULSIONS AU GOLLODION.
I 1. — ÊMULSION A L'iODURE d'aRGENT.
1148. Formules de M. Banks. — Gaudin* a fait connaître sous le nom de photogène un liquide renfermant de Tiodure d'argent à l'état de grande division. M. E. Banks^ prépare une émulsion de cette nature en employant les proportions suivantes : 20 grammes de nitrate d'argent sont dissous dans 500 c. c. d'eau distillée, on ajoute 20 grammes d'iodure d'ammonium de manière à obtenir un précipité d'iodure d'argent que l'on lave à l'eau distillée, on fait égoutter l'excès d'eau et l'on recommence plusieurs fois les lavages avec de l'alcool méthylique; sur le précipité bien égoutté on verse 250 c. c. d'alcool, on chauffe au bain-marie et l'on ajoute peu à peu des cristaux d'iodure d'ammonium jusqu'à ce que le précipité soit dissous complètement. On prépare d'autre part un coUodion contenant 12 grammes de coton-poudre, 120 c. c. d'alcool, 1000 c. c. d'élher; on mélange à ce collodion la solution d'iodure : il se forme un précipité que l'on fait dissoudreparadditiondequelques cristaux d'iodure d'ammonium. On recouvre de ce collodion une glace, et lorsque la couche a fait prise on la plonge dans une cuvette d'eau pure : il se forme une couche d'iodure d'argent, insensible à la lumière. Toutes les opérations précédentes peuvent donc s'effectuer en plein jour. Aussitôt que l'eau coule uniformément à la surface de la glace, on la porte dans le cabinet noir, on la lave à l'eau distillée et on la recouvre avec une solution
1. Za lumière, 16 juin 1Ç61. — 2. BritUh Journal phvtographic AlmanaCt 1892* A 14
aqueuse de nitrate d'argent à 2 ^/o ; on laisse cette solution sur la couche pendant vingt secondes, on la fait égoutter, on place la glace dans le châssis et on expose à la lumière. La durée du temps de pose doit être un peu plus longue que si la glace avait été préparée par le procédé du coUodion humide. Le développement s'effectue par les divers moyens recommandés pour ce dernier procédé. Par l'emploi d'un révélateur pyrogallique composé de 6 grammes d'acide pyrogallique, 2 grammes d'acide citrique et 1 litre d'eau, l'image apparaît lentement; lorsqu'elle est complète dans ses détails on ajoute au bain révélateur quelques gouttes de solution de nitrate d'argent jusqu'à ce que l'on ait obtenu l'intensité nécessaire ; on lave le négatif et on le fixe comme à l'ordinaire.
Ce collodion permet d'obtenir directement des positives transparentes ; il suffit de modifier légèrement le procédé opératoire. Après avoir appliqué la solution de nitrate d'argent à la surface de la glace, on l'expose au grand jour pendant environ une seconde, de façon à obtenir une plaque qui noircirait uniformément si on la soumettait à l'action du révélateur, on la lave à l'eau distillée afin d'enlever tout le nitrate d'argent libre, puis on la recouvre d'une solution d'iodure de potassium ou d'ammonium à 2 V©. La plaque est alors exposée à la lumière, on enlève ensuite Tiodure alcalin par un lavage à l'eau distillée, on repasse sur la couche la solution de nitrate d'argent et l'on développe comme à l'ordinaire.
§ 2. — ÉMULSIONS AU GOLLODIO-BRO BiURE.
1149. Émulsions orthochromatiquea. — MM. Eder et Jonas^ préparent une émulsion au coUodio-bromure extrêmement sensible, grâce à l'emploi de certaines matières colorantes. Le collodion qu'ils utilisent renferme 28 grammes de bromure d'ammonium dissous dans 35 c. c. d'eau distillée, 350 c. c. d'alcool absolu et 650 c. c. de collodion simple renfermant 4 % de coton-poudre. Les meilleures variétés de coton-poudre pour la préparation de ce collodion sont la celloïdine de Schering et le coton-poudre de Mawson ; on les emploie par parties égales. Au collodion ainsi obtenu on ajoute 30 c. c. d'acide acétique cristalli sable.
Pour sensibiliser ce collodion, on prépare une dissolution de