CHAPITRE III. igi
roches encaissantes , tombées clans le filon, ou en se durcissant aura formé des concrétions mamelonnées ou autres qu'on y retrouve.
Les sulfates des métaux oxidables, en réagissant sur sur les phosphates et carbonates calcaires des corps organisés et des coquilles, auront donné naissance à du sulfate de chaux et à des phosphates, ainsi qu'à des carbonates de plomb, de cuivre et de zinc, qui auront été décomposés par de nouvelles réactions; il se sera déposé alors des hydrates de fer argentifère. D'un autre côté, les eaux en traversant les roches dissolvaient du sel marin et devaient comme elles le peuvent encore réagir sur plusieurs des parties constituantes du filon; car l'eau salée jouit d'une faculté dissolvante, dont on ne connaît pas encore toute l'étendue. Si cette solution estsaturée, elle dissout le sulfate, le phosphate et même le sulfure de plomb qu'elle transforme en sidfate; le sulfate de plomb surtout s'y dissout en quantité assez notable. Lorsque la solution est trèsétendue, la faculté dissolvante est très-faible; mais il n'en faut pas davantage pour que de semblables dissolutions, au bout d'un grand nombre de siècles, forment des dépôts de phosphate, de sulfate, de chloro-phosphate et de chloro-sulfate de plomb.
Nous ferons observer encore que, si des dissolutions de sulfate et de phosphate de plomb dans le sel marin sont mises en contact avec un métal oxidable, ou un oxide qui peut passer à un état supérieur, il en résulte des sous-sulfates, des sous-j)liosphates de plomb qui cristallisent. En général, les dissolutions excessivement étendues de sel maiin renfermant des sels de plomb, en réagissant sur des substances oxidables et sur des substances organiques, ont pu donner naissance à des composés semblables à ceux que l'on trouve dans le filon d'Huelgoat. La solution de sel marin , en réagissant par exemple sur l'argent , a doiuié naissance à des doubles chlorures de sodium et d'argent qu'on retrouve aujourd'hui dans les pacos, ainsi qu'à du chlorure d'argent, puisque des pièces d'argent qui restent longtemps eii
1^1 DU FtLON D IIUKI.GOAT.
contact avec l'eau de mer se changent entièrement en chlorure et en sous-chlorure.
Si on examine des {'chantillons de pacos qui renferment de l'argent niétalliquf, on voit (jue ce métal est tantôt sous forme de dendrites, tantôt formant des dépôts trés-minces semblant indicpier une réduction du chlorure qui aura pu s'effectuer quand ce composé aura été en contact avec des corps hydrogénés, comme il s'en trouve dans cette localité.
1^36. Dès l'instant que les vallées d'érosion furent devenues plus profondes, les eaux n'arrivèrent plus dans le filon qu'en moindre quantité, tandis que l'air y entrait par toutes les issues que les eaux v avaient formées : c'est probablement à cette époque qu'eut lieu la production du carbonate de plomb noir.
Les sulfates de zinc et de fer qui ne cessaient pas de se former, continuaient à réagir sur le feldspath de la roche porphyrique encaissante en enlevant le silicate de potasse. Il résultait évidemment de cette réaction, outre de la silice gélatineuse, des sulfates d'ahunine et de potasse. Quand le sulfate d'ahunine rencontrait du carbonate de chaux, il y avait décomposition et dépôt d'alumine hydratée.
Une auti-e portion de la silice gélatineuse, en se combinant dans les anfractuosités du filon avec l'alumine hydi-atée, formait ces masses assez considérables d'hydro-sdicate d'alumine, dont les éléments ne sont pas en proportions définies. Une autre portion de l'alumine, en se condoinant avec le plond) , aura produit le plomb gomme.
On ne doit pas être étonné de l'action puissante qu'a dû exercei" le sulfate de fer sur la pliq:)art des minéraux préexistants, lorsqu'on connaît la puissance dissolvante de ce sel, quand le fer est au maximum d'oxidation. Dès lors on conçoit conunent ces minéraux auront été détruits pour donner naissance à d'autres composés.
Les sels ferreux, en réagissant sur le phosphate de plomb, auront donné naissance à des tubes prismatiques