‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 13 sur 176 · CHAPITRE HT · texte numérisé non relu

CHAPITRE HT

1046. En examinant tous ces produits, on serait tenté de les regarder comme des minéraux, tant ils en ont l'aspect. Les sels à base de fer, et en général tous les sels métalliques qui ne sont pas capables de former les soussels , ne donnent aucun effet de ce genre. Nous examinerons plus loin leur action sur les roches calcaires ou autres.

Arrivons aux transformations successives.

§ IL De V action des hi-carbonates alcalins sur les sous-sels.

1047. Lorsqu'on laisse séjourner un morceau de calcaire, dont la surface est recouverte de cristaux de sousnitrate'^de cuivre, dans une solution de bi-carbonate de potasse étendue d'une ou de deux fois son volume d'eau, on ne tarde pas à s'apercevoir que ces cristaux prennent une teinte plus foncée et qu'ils se changent peu à peu en un double carbonate de cuivre et de potasse, qui cristalHse en aiguilles. Dans la réaction lente du sous-nitrate sur le bi-carbonate, celui-ci cède une portion de son acide à l'oxide de cuivre; il en résulte un carbonate de potasse qui se combine avec le caibonate de cuivre.

Quant à l'acide nitrique, qui devient libre, il réagit immédiatement sur le carbonate de chaux en contact avec le sous-nitrate, il le décompose et forme un nitrate de chaux, qui est expulsé en même temps que l'acide carbonique. Aussitôt que ce nitrate est en contact avec le bi-carbonate alcalin, il s'opère encore une nouvelle décomposition, d'où résulte un carbonate de chaux, qui cristallise en très-petits rhomboïdes. La manière dont le carbonate de chaux est produit, indique son origine; car il forme des traînées tuberculeuses, dont le bout correspond toujours à un interstice du calcaire. La forme tuberculeuse est due au dégagement du gaz venu de Tnitérieur avec la dissolution de nitrate de chaux, qui est décomposée immédiatement par le bi-carbonate.

'll\ ACT. DFS r.I-CVRBOlN'. ALCAL. SUR LES SOUS-SELS.

Nous voyons donc qu'avec du calcaire poreux, tel que le calcaire grossier parisien, et des dissolutions de nitrate de cuivj-e et de l)i-carbonate de potasse, on obtient successivement des cristaux de sous-nitrale de cuivre, de double carbonate de cuivre et de potasse, et des cristaux rlioniboïdaux de carbonate de cbaux.

10/48. Poursuivons les transformations, poui- an-iver au carbonate liydraté de cuivre. Si, après avoir retiré de la dissolution du bi-carbonate et lavé le morceau en expérience, on le plonge dans une solution de sulfate de cuivre, de nouvelles réactions se manifestent insensiblement. D'une part, il y a formation d'un double sulfate de potasse et de cuivre, qui l'este dissous , et de soussulfate de cuivre, qui cristallise en aiguilles; de l'autre, le carbonate vert, qui provient du doid^le carbonate, se dépose en cristaux verts aciculaires; mais on conçoit qu'il est nécessaire d'arrêter l'expérience à temps, pour lie pas décomposer ensuite le carbonate de cuivre. Il nous estarriv('> (pu'lquefois de trouver sur un des échantillons (le jieùts cristaux bleus de carl?onate de cuivre. Voilà donc des composés insolubles (|ui cristallisent en se formant, par cela même que les forces qui les produisent agissent lentement et sans interruption, par l'intermédiaire de coips l'trangers, avec lesquels les corps agissants sont en contact.

En soumettant au même mode d'expérimentation que le sous-uitraltî de cuivre, le sous-sulfate, on obtient des résultats semblables; la première transformation donne naissance à un double carbonate de cuivre et de potasse, que l'on traite de nouveau par le sulfate de cuivre. Nous ne parlons pas du double suUatede potasse et de cuivre qui se produit en même temps. L'art consiste donc, dans les transformations successives, à choisir des dissolutions qui réagissent très-lentement sur des doubles combinaisons insolubles, pour en retirer un des deux éléments et laisser l'autre, dont les parties se groupent régulièrement. Cette méthode revient à celle que nous avons fait connaître (54'2; etc.) pour préparer les sulfures, les io-

Page 1