‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 139 sur 176 · NO · texte numérisé non relu

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On voit que l'intensité du courant thermo-électrique est proportionnelle au nombr'c de courants qui sont en activité, comme OErstedt et Fourier, d'une part, et nous de l'autre, l'avons trouvé il y a plus de quinze ans.

Les formules relatives aux courants dérivés dans les circuits simples s'appliquent aux courants dérivés ob-

CIÎAPltRE VI. ûBf

tehus dans un cour«int produit par une pile tliernîoélectrique d'un nombre (]uelconque d'éléments.

1^80. M. Pouillet a étudié ensuite cette question ; Lorsque plusieurs courants électriques se propagent dans l'intérieur des corps en général, chacun d'eux se propage-t-ii comme s'il était seul ? Il a trouvé que dans un seul couple thermo-électrique dont les deux soudures ont la même température, supérieure à celle du milieu ambiant, il n'y a ni repos ni équilibre électrique, mais mouvement et propagation de deux courants égaux et opposés. Cette indépendance des courants avait déjà été établie par nous (i) sous une autre forme : « Dans un circuit « fer et cuivre, lorsqu'on élève chacune des soudures à « une température différente, l'intensité du courant est « égale à la différence des intensités du courant produit « successivement par chacune de ces températures, l'autre « soudure étant à zéro, et non, comme on aurait pu le « croire, à l'intensité du courant qui résulte d'une dif- « férence seule de température, v Cela n'a lieu bien entendu que pour des températures supérieures à 100**, attendu qu'au-dessous de ces températures, si l'on chauffe inégalement les soudures, l'intensité est proportionnelle à la différence de température.

M. Pouillet a envisagé la question d'une manière plus générale: voici comment il l'a traitée : Soit (fig. 14) une pile formée de 8 éléments. Toutes les soudures possédaient la même température. 11 a joint par un fil de cuivre p'p' les doux éléments cuivreyie et cd. S'il y a quatre courantsdirigés dans un sens et quatre courants dirigés en sens contraire, le fil Çi^' sera parcouru par huit courants; les courants ayant leur origine en a,c,d, et g, et allant de u en \>\ et les quatre autres ayant leur origine en b^ ej, h allant de v en v^ il ne se produit alors aucun effet apparent; mais si l'on vient à cbauffer deux soudures consécutives, sous cette double condition, il

(i) Tome II, paye 48.

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n'y aura pas de courant dans la pile, tandis qu'il y en aura dans le fil ui^'.

Pour que la première condition soit remplie, il suffit de chauffer et de refroidir au même degré une soudure paire et une impaire, ou vice versd , ce qui donne des combinaisons différentes , savoir :

La soudure n" i aveclesn'"2.4.6. 8. donne 4

combinaisons.

Total . . ] 6'^°"'>'inaiso«,.

Pour que la seconde condition soit remplie, il faut | remarquer que les courants qui vont de i> en t^' pioviennent des soudures i. 3.4- 7^ et que les courants contraires proviennent des soudures 2.5.6.8. Sur les 16 combinaisons qui remplissent la première condition, il n'v en a donc cjue 6 qui remplissent la seconde, savoir : la soudure 4 avec les soudures 1.3.7, *'^ ^'^ soudure 5 avec les soudures 2.6.8. L'expérience montre en effet (|ue si l'on produit ces six combinaisons, soit par échauffement, soit par refroidissement, on obtient toujours des courants sur le fil i>u.

La théorie des courants dérivés permet d'analyser toutes les circonstances de l'expéi'ience et d'évaluer numériquement les intensités des courants dans un grand nombre de cas.

§ IL De l'intensité des courants électro - chimiques provenant dun seul élément ou d'une pile à grande et petite tension.

I281. M. Pouillet a appliqué aux courants hydro-

CHA.PITRE Vr. 263

électriques la méthode d'investigation qu'il a employée pour les coinçants thermo-électriques. La source d'électricité devant faire partie du circuit, il a dû se procurer une source constante , ce que n'a pas fait Ohm , afin d'être à l'abri des variations qui auraient empêché d'apercevoir la loi à laquelle sont soumises les intensités.

Il s'est servi à cet effet d'un appareil de construction anglaise, dont le principe a été découvert par nous (1). L'élément de cette pile ( fig, 16) se compose d'un cylindre de cuivre rouge, d'un autre de zinc fendu latéralement, d'un diamètre plus grand et d'une hauteur moindre, puis d'un vase de verre destiné à recevoir le système des deux cylindres. Le cylindre de cuivre est revêtu d'une vessie qui vient se lier vers sa base supérieure; mais, au-dessous de la ligature et au-dessus de cette base on a pratiqué 5 ou 6 ouveitures par lesquelles le liquide versé sur le cylindre peut s'écouler pour venir remplir tout l'espace compris entre la membrane de la vessie et la paroi latérale du cylindre. Le cylindre de cuivre, ainsi disposé, est placé dans le cylindi-e de zinc, et l'un et l'auti'e dans le vase de verre. On verse dans celui-ci une solution de sel ou de sulfate de zinc, et dans la vessie une solution plus ou moins saturée de sulfate de cuivre.

Pour empêcher l'affaiblissement du courant qui résulte de la réaction des deux liquides l'un sur l'autre, on jette sur la base supérieure du cuivre des morceaux de sulfate de cuivre qui se dissolvent dans l'excès de liquide qui couvre cette base. De cette manière, la dissolution intérieure conserve à peu près la même satuiation. La force de cet appareil est constante pendant 2 ou 3 heures.

1282. M. Pouillet mesure l'intensité des courants au moyen de deux boussoles; l'une qu'il appelle boussole des tangentes et l'autre boussole des sinus, dont s'est

(i) Annal, de Ch. et de Phys. , t. xli, p. 20,

a64 INTEN. DES COUR» ^LECTRO-CHIM. PROV. , ETC.

servi, il y a plusieurs années, M. Delarive. Il emploie la pi'cmière quand il s'agit decoui'ants ti'ès-énergiqiu\s,et la boussole des sinus (juand il observe des courants plus faibles. La boussole des tangentes (fîg. l'j) est composée d'un grand cercle de 4 ^ 5 décimètres de diamètre, formé par un ruban de cuivre de 20 millimètres de longueur et de 2 décin)ètres d'épaisseur. Le ruban est revêtu tie soie, et ses exti'émités, repliées convenabletnent, viennent plonger chacune dans un godet contenant du mercure. Le cercle du courant est disposé verticalement sur un autre cercle divisé horizontal, que parcourt une aiguille de boussole suspendue à des fils de soie dans l'intérieur d'une clocjhe. Le centre de l'aiguille est le même que celui du cercle du courant. Quand la longueur de l'aiguille est petite par rapport aux rayons du cercle, l'intensité du courant est mesurée par la tangente de la déviation.

La boussole des sinus (fig. 18) se compose d'un rectangle formé par un ridjan de cuivre rouge, dans l'intérieur du((uel, et vers son milieu, se trouve une aiguille aimantée cpii se meut sur un pivot. Ce rectangle est adapté sur une alidade (jui se meut sur un cercle divisé de telle sorte que le pivot de l'aiguille se trouve toujours dans l'axe de rotation. Les deux extrémités de ce ruban de cuivre sont flisposees de manière à coimnuniquer avec la source d'oii émane le coia-ant. Quand on veut se servir de ce dernier appareil, on place le rectangle dans le plan du méridien magnéti([ne; et (piantl le courant produit une déviation tIe Taiguille, on l'ait mouvoir le rectangle d'une certaine quantité pour le ramener dans le plan vertical de l'aiguille. Quand toutes ces conditions sont remplies, il est facile de [)rouver que l'intensité du courant est proportionnelle au sinus de la déviation.

iu8'3. On a d'abord opéré avec un élément A, produisant sur la boussole des tangentes des déviations comprises entre 5o et '74 degrés, et dont les forces variaient à peu près comme '1 est à a.

On a pris diverses longueurs d'un niêmie fil depuis i

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