‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 150 sur 176 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Ç03ÏPA RAISON DES INTENSITÉS ÉLECTRIQUES NÉ- CESSAIRES POrR PRODUIRE LES PLUS FAIBLES ET LES PLUS FORTES COM3IOTIONS.

1 28g. M. PouiLLET a commencé par déterminer la conductibilité relative du corps humain, par rapport aux métaux ou aux liquides. Il a fait passer le coui ant d'une pile par une boussole, puis il entrait jiar une main et sortait par l'autre ; les mains étaient entièrement plongées dans des vases remplis de mercure où aboutissaient les fils de commimication. Dans une des expériences, la déviation était de 2 i '^, 3o'. Il a substitué ensuite au fil lin tube rempli de sulfate de cuivre, de 4'"'''i^ dt^ diamètre. Pour obtenir la même déviation, il a fallu donner à la colonne de liquide une longueur de 488 millimètres; en rapportant la conduclibdité à celle du cuivre, on voit que le corps est équivalent à un fil de cuivre de I millimètre de diamètre, et de 44O5O00 mètres, ou 11 lieues de longueur.

Avec un courant de cette force, il ne se produit dans le corps aucun phénomène appréciable. Quand on ne fait fpie transmettre le courant dans le corps par les extrémités des doigts, au lieu des mains entières, la déviation de l'aiguille aimantée diminue considérablement, et on éprouve alors une commotion très-faible au bout des doigts : c'est la limite inféi'ieure des contractions perceptibles. On voit, d'après cela, comme on le savait

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déjà, que; la commotion ne dépend pas uniquement de la quantité de Télectricité qui passe, ni de la tension de la source, mais bien de la quantité d'électricité qui passe, dans un temps donné, par chacune des fibres.

Suivant lui , en admettant que la section du bras est 20 ou 3o fois plus grande que la section du doigt, et que ces deux corps soient composés de substances homologues, cliaque élément supetTiciel du doigt sera, pendant le passage tlu courant, traversé par une (juantité 20 ou 3o fois plus grande que l'élément du bras.

C'est là probablement la cause poui- hupielle une intensité électrique qui excite dans le doigt une vive commotion, peut traverser le bras sans y produire le moindi'e effet sensible. Il peut se faire aussi que près des articulations, la partie osseuse étant plus forte et étant moins conductrice, le courant se resserre de manière à faire passer une plus grande quantité d'électricité dans les auties tissus meilleurs conducteurs.

M. Pouillet, en s'appuyant sur les lois de la conductibilité et de la distribution des courants dans les conducteurs conq)Iexes et hétérogènes, a expliqué d'une manière satisfaisante les principaux phénomènes que présente la commotion, soit dans ses intensités, soit dans les points (pi'elle l'ra|)[)e de préférence.

Les lois qu'il a calculées lui ont permis de déterminer la quantité d'éle(^tricité qui est nécessaire pour produire une conmiotion donnée dans un circuit détei'miné. C'est ainsi qu'il a trouvé que l'intensité du courant qui donne dans deux doigts de la main la commotion la plus insupportable, est seulement 18 ou 20 fois plus grande que l'intensité du courant qui donne dans les mêmes circonstances la plus faible conmiotion que l'on puisse percevoir distinctement.

Quand un membre (juelconque a reçu pendant quelques secondes la conunotion d'un courant continu d'une intensité constante, la douleur devient moins vive, les : effets de la commotion sont moins intenses, et l'on éprouve alors dans tout le trajet du courant un malaise

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