‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 168 sur 176 · Chapitre xv. Sog · texte numérisé non relu

Chapitre xv. Sog

2^ Expérience, — Supposons que l'on plonge les deux extrémités d'un fîl de cuivre CPD ( fig. 26) dans deux vases A et B, qui renferment de l'acide nitrique à i, 3 de densité; si l'on plonge dans A. l'extrémité chauffée E d'un fîl de fer EF, et dans B l'extrémité laissée intacte, celle-ci devient passive.

Z^ Expérience. — CPD est un fil de fer, l'extrémité C est active dans l'acide, D est passif, et le fil E F est disposé comme ci-dessus ; dans ce cas aussi F devient inactif.

4^ Expérience. — Tout étant disposé comme ci-dessus , E et F sont à l'état ordinaire; on plonge d'abord E dans A, puis F dans B, F devient encore inactif.

QuelT|ue soit le nombre de fils de fer à l'état ordinaire qu'on plonge dans les vases, de la manière indiquée, toutes les extrémités en B deviennent passives, tandis que celles en A sont actives.

5^ Expérience. — CPD étant un fil de fer dont l'extrémité C est active, et l'extrémité D passive, si l'on plonge dans B l'extrémité F à l'état naturel d'un autre fil de fer EF, puis dans A son extrémité E aussi à l'état naturel, dans le même instant celle-ci devient active ainsi que D; dans ces mêmes circonstances, les quatre extrémités qui plongent dans le liquide se trouvent toutes actives.

6^ Expérience. — Si l'on plonge les quatre fils polaires de deux piles de ([uatre éléments chacune, dans deux vases contenant de l'acide nitrique ordinaire, de telle manière que le pôle positif de l'une se trouve avec le pôle négatif de l'autre dans le même vase et réciproquement; si ensuite on plonge dans l'un des vases l'extrémité chauffée d'un fil de fer et dans l'autre l'extrémité du même fil dans l'état naturel, cette dernière est inactive; mais ce qu'il y a de [)articulier, c'est que l'inactivité du fer ne se manif^iste que dans le cas 011 l'on courbe l'extrémité naturelle du fil et qu'on la plonge dans l'acide de manière à ce que la courbure y parvienne avant l'extrémité.

M. Schœnbein a interprété de la manière suivante les faits que nous venons de rapporter :

3lO NOUV. 013. SUR I.A PROD. ET L.\ DESTRUCT. , ETC.

i'^ Expérience. — SI rextrcmité naturelle d'un fil de fer ne devient pas inactive lorsque les deux extrémités du fil plongent dans deux vases différents, bien qu'ils coinnuiniquent ensemble avec de l'asbeste, un syphon ou un fil de platine, cela tient à ce que le courant électrique qui l'end le fei' passif doit avoir une certaine intensité qu'il n'a pas quand ce courant a un trajet d'une certaine longueur à parcourir dans' le liquide. Une preuve à l'appui de cette explication, c'est que si l'on fait passer dans le fer le courant d'une pile, il devient inactif, cjuel que soit le mode de communication établi entre les deux vases.

o." Expérience. — Pour expliquer le fait qui est mis en évidence par cette expérience, il faut sa raj)peler la résistance que les métaux opposent à un courant sur le passage duquel ils se trouvent, résistance qui est très-faible ou nulle quand les métaux interposés sont attaqués par le licpiide qui traverse le courant. Quand le fil de communication CPD est formé d'un métal qui est attaqué par l'acide nitrique, le courant qui part de F n'éprouve aucun affaiblissement en entrant par l'extrémité D; il en est de même en sortant de C pour entrer dans le liquide en A.

M. Scliœnbein fait observer que ces deux propriétés de laisser entrer et sortir sans l'affaiblir un courant venu du liquide et d'agir cliimiquement sur le même liquide, ne se trouvent point réunies |)ar liasard dans le même métal; ([u'elles sont toujours réunies toutes les deux dans des métaux très-dilférents les uns des autres, de sorte que I'uiuî dépend de l'autre.

3^ Expérience. — ^Pour expliquer le fait que cette expérience met en évidence, il faut atlmettre (|u'à l'instant où F plonge dans lî, il y a deux courants dans la même direction^ l'un (|ui part de Cet tiavei'sant l'acide entre dans E, tandis ({ue l'antre partant de F m^ dure qu'un instant et traverse l'acide pour aller en D. Ce dernier, suivant M. Scliœnbein, serait tellement affaibli par la résistance des extrémités passives D et E, que de retour en F il ne serait plus assez fort pour le rendre passif; mais le

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