CHAPITRE IV. 3l
On voit donc que l'électro-cliimie disposant de deux forces et la chimie d'une seule, doit arriver quelquefois à des résultats que celle-ci ne peut pas toujours obtenir.
L'exemple suivant caractérise suffisamment la différence qui existe entre la chimie et l'électro-chimie : une lame d'argent plongée dans de l'acide hydrochlorique concentré, hors du contact de l'air, n'en éprouve qu'une action excessivement faible; mais si on la met en contact avec un morceau de charbon bon conducteur, ce dernier s'empare des deux électricités dégagées, et il en résulte un courant électrique qui augmente l'énei'gie de l'action chimique à un tel point qu'il se dépose peu à peu sur la lame des cristaux de chlorure d'argent qui prennent de l'accroissement avec le temps. L'action continue pendant des années, sans interruption.
On conçoit maintenant pourfjuoi un grand nombre de substances aggloméi'ées ensemble produisent mille actions de ce genre qui rentrent, jusqu'à un certain point, dans le domaine de l'électro-chimie.
1057. Dans l'état actuel de la science, quoique nous ïie puissions expliquer qu'un petit nombre de faits relatifs à ces actions tumultueuses, ce n'est pas un motif pour passer sous silence tous ceux qui ont été observés et dont on n'a pu rendi-e compte jusqu'ici, attendu qu'ils peuvent servir à provoquer des recherches de la part des personnes qui se livrent à leur étude. Le lecteur ne sera donc pas étonné de voir passer en revue une foule de faits qui n'ont pas encore été considérés conmie ayant des rapports directs avec l'électricité.
Indiquons les caractères électriques auxquels on reconnaît (|u'une solution agit très-faiblement sur une substance quelconque.
Nous avons déjà prouvé que lorsque deux lames, l'une dor et l'autre de platine, à surfaces très-nettes, sont en contact, elles ne manifestent aucun effet électrique de tension, ni aucun courant, quand, après les avoir séparées et mises eu communication chacune avec l'une des
CONSlUliRATlONS CLNEK VLI.S.
evtrtMnités d'un iimltiplicatciir, on les plonge dans un lifjuide (|ui ne réaj^it pas cliiniiciiieinent sur Tune d'elles. D'un autre côté, nous savons (|ue le contact de l'or ou du platine, avec le peroxide de manganèse, l'anthracite, la plombagine, etc., est accompagné d'elfets électriques de tension, bien que ces deinières substances ne paraissent éprouver aucune action a])préciable de la part de l'eau distillée.
Examinons la nature des courants ([ui sont produits, ({uand ces mêmes substances constituent unciicuit fermé avec l'eau distillée et le platine. Supposons que l'on ait fixé à l'une des extrémités du (\\ d'un multiplicateur un cristal de peroxide de manganèse, d'un centimètre de long et de quel(|ues millimètres de large, et à l'auti'C une lame de platine ayant les mêmes dimensions; l'aiguille aimantée, aussitôt l'innnersion , est déviée plus ou moins de sa position ordinaii-e d'ecjuilibre, selon la sensibilité de l'appareil, et dans un sens tel (jue le pei'oxide prend à l'eau l'électricité positive, comme le fait tout corps qui ])ertl de l'oxigène, ou qui se comporte comme un acide dans sa combinaison avec im autre corps; l'aiguille revient ensuite à zéro ([uaufl les oscillations sont terminées. Si l'on interrompt le cii'cnit, sans changer le contact du peroxide ou du platine avec l'eau, et (|u'on \c rétablisse aussitcU, l'aiguille reste au repos; mais il n'en est plus de même quand l'interruption ilure plus decincj minutes: dans ce cas, elle est déviée d'un certain angle, dont la grandeur dépend du temps pendant lecpiel le circuit est resté ouvert.
Le circuit ayant été interrompu, enlevons une des chevilles de communication du multiplicateur, i-etirons le peroxide de l'eau, remettons en place la cheville, puis replongeons le minéral: l'effet sera le même que s'il n'eût pas changé de place. Cet effet se conçoit, puisque la couche d'eau {|ui atlhérait à sa surface n'a pas été enlevée. Quand la décharge aéré opéi-ée, on n'obtient plus de courant en retirant de l'eau le peroxide et le replongeant innnédiatemcnt; nous disons inmiédiuteiuent , car