CHAPITRE IV
1070. M. Payen a fait quelques expériences dans le but d'empêcher le fer et la fonte de s'oxider dans l'eau. Ayant observé que l'eau alcalisée, dans laquelle sont plongés des morceaux; de fer, garanlit ce métal de l'altération, il a cherché à déterminer la limite de ce pouvoir préservateiu-, afin de découvrir les circonstances les plus favorables à l'altération du fer.
Après un grand nombre d'essais, il a trouvé des mélanges tels d'alcali et de sel, que le fer, loin d'être préservé, s'oxidaitau contraire très-rapidement. Un cylindre de fer est préservé longtemps de toute altération, quand il est plongé dans une solution de potasse pure étendue de mille fois son poids d'eau, mais si cette solution a le contact de l'air, l'alcali attirant peu à peu l'acide carbonique, elle perd la propriété préservatrice.
Quand l'eau contient 7-^- de son volume de solution saturée de carbonate de soude , il se forme des concrétions coniques d'oxide qui restent longlenqjs brunes-verdâtres à la base, et acquièrent une couleur jaunâtre à leur sommet. Ce qu'il y a de particulier dans ce mode d'altération , c'est que tous les points de la surface du métal ne sont pas également attaqués. L'action commence dans les parties où il existe des solutions de continuité; là, par conséquent, oîi se déposent des corps étrangers qui constituent un couple voltaïque par leur contact avec le fer et le liquide. Tout le reste de la surface conserve son éclat métallique.
Une solution saturée de sel marin, à l'abri du contact de l'air, ne produit que quelques exubérances d'oxide de fer, tandis qu'au contact de l'air l'oxidation marche comme h l'ordinaire.
Une solution satui'ée de sel marin et de carbonate de soude jouit de la propriété, même au contact de l'air, de préserver le fer de toute altération; mais il n'en est plus de même lorsque la solution est étendue d'eau.
icyi. Diverses expériences ont prouvé à M. Payen que cette différence dans les effets iie provenait pas de ce que les solutions saturées feufermaient moins d'air
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(jiie celles (lui ne l'elaient pas. Il a inoiitié fiitrc autres tjiie les proportions de hases alcaluii's t:apal)les di-mpêcher toute oxidation n'éliminaient (|u'une très-faible portion de l'air contenue dans l'eau. Il faut donc chercher une autre cause poui- expli(juer la faculté préservatrice que possède l'eau alcalis(>e.
Une solution saturée de .sel marin et de sous-carbonate de soude, étendue de 7 5 fois son volume d'eau de Seine, détermine en moins d'une uiinute , sur le fer et la fonte, un commencement d'oxidation indiquée par des points d'un vert-pale c|ui, en moins de dix minutes, forment des saillies sensibles à l'œil. En apprKjuant sur la surface un fragment de charbon bien calciné, l'effet est considérablement augmenté en laison de l'action voltaïcjue, et il résulte de là (|ue la fonte, dans les uiémes circonstances, doit s'altérer plus rapidement que le fer pur.
On voit donc que les solutions qui ont une faible réaction alcaline en pi'ésence du sel marin et de l'air, jouissent de la propriété de produii'e sur le fer et la fonte (jui plongent dedans des concrétions locales, pour ainsi dire instantanées, ([ui préservent le reste de la surface de toute altération; les efiéts varient suivant les proportions des difféi'ents sels, les solutions de continuité et les corps étrangers qui adhèrent aux surfaces.
io'j-2. ]M. Payen pense que des concrétions semblables se forment dans des tuyaux de fonte comme ceux de Grenoble, où passent des eaux très-légèrement salées et qui ont une faible réaction alcaline, en raison de la présence du carbonate de chaux. Ce qui tend encore à donner de la vraisemblance à cette manière de voir, c'est que dans ces tuyaux il se forme de distance en distance des centres d'action qui préservtMit le reste de la même manière qu'on l'observe dans les morceaux de fonte soumis à l'expérience.
Si l'on incruste des n)oreeau\ de 1er dans de la fonte, et même di'S fragments de fonte dans des plaques en fonte de nature dilferenle, on a dc^ oxidalions locales tuberculeuses qui naibseuL de préférence aux points de contact.