CHAPITRE IV
température rouge obscure, après trois passages sous le laminoir; s'il était possible de le laminer à cbaud, le métal aurait plus d'élasticité, il y aurait moins de déchirements, et l'on aurait rempli les conditions voulues pour assurer l'homogénéité aux lames. Nous devons ajouter aussi que les clous qui servent à fixer les lames de bronze doivent être composés du même alliage et doués, s'il était possible, de la même force de cohésion.
1099. 11 ne faut pas croire que le bronze puisse être conservé indéfiniment dans l'eau de mer , sans éprouver de décomposition; tout ce que l'on peut désirer, c'est que cet alliage ait un avantage marqué pour sa durée sur le doublage en cuivre.
Les observations suivantes, qui sont dues à M. Robert, prouvent que le bronze finit par se décomposer complètement dans l'eau de mer. Cet ingénieur nous a remis un morceau entièrement décomposé , détaché d'une lame de bronze qui était restée deux ans dans une eau de mer tranquille. Ce morceau avait l'aspect d'une éponge, les parties n'avaient aucune cohérence et présentaient un volume beaucoup plus grand que celui qu'il avait avant sa décomposition; il s'en forme également sur les doublages en cuivre pur, mais ils sont plus difficiles à se procurer, parce qu'ils sont moins adhérents.
Ce même métal se perce en très-peu de temps aux endroits où il se forme des dépôts de sels, et les ouvertures ainsi formées sont parfois aussi tranchées que si on les avait faites avec un emporte-pièce. Dès qu'une petite cristallisation de ce genre s'établit, elle est d'abord imperceptible, puis l'on voit le métal se creuser dessous, à une profondeur propoitionnée au développement que la couche a prise. M. Robert nous a transmis aussi quelques renseignements concernant les effets produits sur des cuivres protégés et sur des cuivres non proté-» gés. Sur les doublages protégés ce sont des composés connus sous le nom de cendres bleues ou vertes. Sur les cuivies non protégés, la couche qui se forme est verte à l'extérieur et d'un rouge foncé à sa face de con-
7U VLlERAilOrs DU PLOMi;.
tact avec le cuivre; dans le premier cas, l'oxide e^t adliérent et ne se délaclie qu'en poussière; dans le deuxième, c'est-à-dire quand la couche rouge existe, il sufdl d'une clialeui- capable de le desséclier pour (ju'il se lève en écailles et en plaques.
On a remarqué avec raison que l'altération des métaux qui servaient au doublage des vaisseaux commençait sur les arêtes dans les j)arties des lames qui avaient été pliées; nous en avons déjà dit la cause, nous la rappellerons de nouveau. Dans ces parties, les molécules ont été mises dans un état forcé, la force de coliéî.ion est moins grande; dès lors elles sont plus accessibles à l'influence des agents extérieurs, et connne les portions environnantes sont moiris attaquées, il en résulte une foule de couples voltaïques dont l'action augmente l'énergie des altérations.
I loo. Dans la marine marchande, on double les vaisseaux en zinc, à cause de son bas prix. Ce doublage dure, dit-on, autant (|ue celui en cuivre. L'expérience a prouvé que lorsque les lames de zinc sont chevillées et clouées en fer, il n'existe aucune action réciproque de l'un de ces deux métaux sur l'autre, bien qu'ils soient en contact immédiat ; il en est encore de même quand les clous sont étamés. Cela vient probablement de ce que la couche de sous-oxide de zinc s'oppose à l'action voltaïque.
Nous croyons avoir rapporte tous les documents que l'on a pu recueillir jusqu'ici sur les moyens de perfectionner le doublage métallique des vaisseaux. Nous devons en appeler maintenant à l'expérience pour connaître des faits de détail que la théorie ne peut indiquer.
§ VII. ud Itération du plomb.
noi. Lorsque le plomb reste exposé à l'air, sa surface se recouvre d'une couche de sous-oxide de plonib, d'une couleur bleu-grisàtre, dont la teinte devient de plus en plus foncée.
Ce métal s'altère également dans l'eau. L'effet est tel-