DES CARBONATES DE CHAUX
§ l". Procédé pour reconnaître si un calcaire a une texture rhomboïdale ou prismatique.
wj?). Lorsque le carbonate de chaux est cristallisé; rien n'est plus simple que de reconnaître s'il appartient au système rhomboïdal ou au système prismalique : il suffit pour cela du clivage, de la mesure des angles et de la dureté. Mais si cette substance a une texture seulement cristalline et à grains plus ou moins fins, il devient impossible alors de détachei* les lames pour mesurer les angles. 11 ne reste plus alors que la dureté pour caractère dislinctif, qui est souvent insuffisant, puisqu'il change d'une variété à l'autre. Voici le moyen que nous avons employé pour distinguer les deux espèces de carbonate de chaux :
Prenons d'abord une lame de spath calcaire et réduisons-la en poussière dans un mortier d'agate. Si l'on examine cette poussière au microscope, sur une lame de verre , on n'aperçoit que des petites niasses demi-opaques, dont il est difficile de déterminer les formes; mais en y ajoutant quelques gouttes d'eau pour diminuer la réflexion de la lumière et produire le même effet que dans riiydrophane, on distingue alors sur plusieurs lamelles la forme rhomboïdale. Soumettons à la même
1^4 FORMAT. ÉLECTRO-CniM. DE l'aRRAGONITE.
épreuve un cristal d'ari'agoiiite qui n'a que deux sens possibles do clivage; on n'apeiroit plus alors de rhomboïdes, mais bien une foule de petites lames ci'istallisées, terminées par des lignes parallèles dans deux sens et ne présentant dans les (\eu\ autres qu'une cassure viti-euse. Voilà un moyen très-simple de distinguer le spath rhom- i boïdal de l'arragonite.
On trouve le clivage du iliond)oèdre dans le flos-ferri, les dragées de Tivoli, le marbre blanc lamellaire, le marbre blanc saccharoïde , et le clivage de l'arragonite dans l'arragonite rd)i-euse do Yertaison, dans quebjues stalactites fistuhures, l'albâtre de Montmartre et divers autres calcaires. On avait déjà reconnu que le flos-ferri devait être rangé dans la chaux carbonatée ordinaire, et l'on soupçonnait que l'albâtre de Montmartre appartenait à Tarragonite, mais on n'avait pas encore obtenu de preuves aussi directes j)our opérer ce rapprochement que celles que nous venons de donner.
§ ir. Formation électro-chimique de Varrai^onite.
î 1 74. Pour former l'arragonite, on emploie l'appareil, figure 5, composé de trois bocaux tubulés A, A', A"; le premier est destiné à dégager de l'acide carbonique par les procédés ordinaires de la chimie et communique avec A' au moyen d'un tube recourbé ahc^ dans lequel passe le gaz. La communication de A' avec A' est établie avec un autre tube recourbé a h' r\ rempli d'argile humide et dont les deux bouts sont coiffés avec du linge pour empêcher la sortie de l'argile. A' est rempli d'eau pure, ou mieux encore d'une solution saturée de carbonate de chaux dans l'acide cai'bonitjue. Dans cette dissolution plonge une lame de platine, qui communi(pie avec le pôle négatif d'une pile de 3o éléments, chargée avec de l'eau pure ou de l'eau renfermant une petite (piantité de sel marin. Le troisième bocal contient une solution de •chlorure de calcium, dans laquelle se trouve une lame de