CHAPITRE VII
lement des concrétions calcaires que l'on a rapportées à l'airagonite. A Saint-Nectaire, dans le départeinent du Puy-de-Dôme, on trouve de semblables dép<)ts dans des tufs modernes. Ces dépôts ne présentent, en général, qu'une cristallisation confuse de cristaux groupés ii-régulièrement les uns à côté des autres, et partant d'un centre commun.
Ce groupement, qui est le même que celui des cristaux de Vertaison et de diverses localités, a paru suffisant pour faire regarder comme identiques ces deux espèces de cristaux. Pour nous assurer si ce rapprochement était bien fondé, nous awns fait les observations suivantes :
ii'j6. A Clermont, en Auvergne, il existe des fontaines incrustantes (|ui déposent sur les corps une croûte de chaux carbonatée, n'ayant aucune apparence de cristallisation. A Saint- Nectaire il existe également des eaux incrustantes, mais le dépôt qui se forme sur les corps n'est plus terreux; il est formé de petits cristaux dont on a cherché le système cristallin par la méthode précédemment indiquée; leur clivage est le même que celui de l'arragonite : ce qui vient encore à Tappui de cette assertion, c'est que l'arragonite se forme depuis un temps immémorial dans cette localité. Les fissures des roches graniticjues , par lesquelles les eaux sortaient jadis, en sont tapissées. La cause qui détermine la cristallisation de la chaux carbonatée, dans le système prismatique, existe donc là depuis la plus haute antiquité. Quelle est cette cause? nous l'ignorons. Ce que nous pouvons dire, c'est que la modification que le courant électrique imprime à la chaux, quand elle est transportée par lui au milieu d'une eau chargée d'acide carljonique en présence de l'oxide de cuivre, suffit pour déterminer la formation de l'arragonite : aller au delà ce serait devancer l'expérience. Nous ferons remarquer seulement qu'à Saint-Nectaire la composition des eaux minérales indique également un grand excès d'acide carbonique, comme le prouve l'analyse de M. Berthier.
ia8 DKS CRIST. DE CHAUX CARB. SPATHIQ., ETC.
Sels sans eau.
Acide carboiilqiio libre 0,000736
Carbonate de soude neutre.. . . o,oui833
Muriate de soude 0,0001 56
Carljonate de cbaux o,ooo44^
Carbonate de magnésie 0,000240
Silico 0,000100
Oxide de fer 0,0000 1 4
I 177. M. Berlbier , qui a fait une étude approfondie des eaux minérales, et en particuUer des eaux tbermales de Saint-Nectaire, nous a donné des renseignements précis sur les cbangements qui s'y produisent quand elles sont au contact de l'air. Ces eaux suintent en bouillonnant à travers les fissures d'un gneiss jaunâtre en décomposition. Près de leur source elles sont très-limpides, mais elles ne lardent pas à loucbir et déposent sur le sol des incrustations calcaires qui s'accumulent avec le temps et finissent par former des roeliers d'une grande étendue. Dans les journées cbaudes , elles déposent sur les berbes des efflorescences blanclies alcalines. Ces dépôts varient de couleur : ils sont d'une couleur ocracée due à l'oxide de fer qui se dépose dès que l'eau a le contact de l'air. Les autres sont grisâtres ou blancbâtres et sont composés de coucbes concentriques; la cassure en est presque toujours cristalline et striée. Voici l'analyse qu'il adoimée de toutes ces concrétions :
Dans les concrétions Dans Us concrétions ocracces. blanches.
Sable mêlé de silice gélatineuse . o, 1 4 • • • • o, 1 8
Carbonate de cbaux 0,78 .... 0,78
Carbonate de magnésie. 0,04. • . . o,o4
Oxide de fer o,o4 trace.
Les efflorescences alcalines sont pulvérulentes et d'un