‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 3)Chapitre 16 sur 397 · BOUSSOLE D'INCLINAISON · texte numérisé non relu

BOUSSOLE D'INCLINAISON

§. 1er. Parties dont se compose In boussole.

La. boussole d'inclinaison se compose des parties suivantes, Planche III, fig. l\ :

i° Un cercle horizontal O O, divisé en demi-degrés, et donnant la minute au moyen d'un vernier. Ce cercle repose sur un trépied M, ayant trois vis calantes N N N; K une alidade ; L une douille fixée sur le trépied, à travers laquelle passe l'axe de l'alidade.

20 Au centre, et sur un axe mobile, est fixée une large plaque PP.

3° Près des extrémités s'élèvent deux colonnes G G, fixées à demeure dans la plaque PP, et servant à porter un cercle vertical EE divisé de io' en io'.

Les deux colonnes servent à porter un double châssis H H, portant le cercle d'inclinaison ; le châssis extérieur est fixé sur les colonnes , tandis que le châssis intérieur est sur un axe fixé à un des bouts, et mobile à l'autre.

Le mouvement du double châssis a pour but de ramener l'aiguille au centre d'un cercle placé verticalemeut dans le châssis. Sur les deux traverses du châssis intérieur se trouvent deux petits montants entaillés d'un angle d'environ 6o°, pour recevoir Taxe de l'aiguille.

Sur les traverses du châssis extérieur, sont fixées deux plaques de cristal de roche sur lesquelles reposent les pivots cylindriques de l'aiguille. Les deux entailles ne touchent pas l'aiguille lorsque celle-ci est appuyée sur les deux plaques.

Un niveau II, placé sur la plaque, sert à mettre l'instrument horizontalement.

CHA.PITRK IV

' FF plaques en cuivre servant à fixer la cage en glace qui recouvre le cercle d'inclinaison.

L'aiguille aimantée A. a la forme d'un fuseau sphérique très-allongé. BB supports en cristal de roche, sur lesquels viennent se reposer les pivots des aiguilles.

§ II. Méthode pour observer.

On commence par déterminer le méridien magnétique, en faisant mouvoir le cercle vertical en azimut, jusqu'à ce que l'aiguille soit verticale , puis l'on retourne d'environ 1 8o° jusqu'à ce que cette condition soit de nouveau remplie, el la moyenne des deux indications d'azimut, diminuée de go0, amène le cercle vertical dans la direction du méridien dont il s'agit. On observe une série d'inclinaisons dans le plan du méridien magnétique ainsi déterminé. On en observe une seconde après avoir fait parcourir au limbe vertical un angle azimutal de 1800, et l'on prend la moyenne des deux séries. On renverse les pôles de l'aiguille et Ton recommence toute l'opération qui précède. Le milieu pris entre les deux inclinaisons respectives donne l'inclinaison définitive de l'aiguille. Lorsqu'on est muni de plusieurs aiguilles, on les fait toutes concourir au même but en les observant de la même manière.

L'appareil est recouvert d'une cage reposant sur une plaque, qui se trouve supprimée ici pour laisser voir toutes les parties dont il se compose.

Pour que l'on puisse se servir sans difficulté de la boussole d'inclinaison, je vais exposer la série des opérations que M. le capitaine Duperrey avait l'habitude de faire, pour obtenir l'inclinaison, dans son voyage de circumnavigation, pendant les années 1822, i8a3, 1824 et 1825, et dont il sera question fréquemment dans le cours de ce volume.

Deux méthodes ont été employées par cet officier pour connaître l'inclinaison , soit à la mer , soit dans les relâches, la méthode directe et la méthode indirecte. La

l6 MÉTHODE POUR OBSERVER.

première consiste, comme on l'a vu ci-dessus, à présenter successivement la même face de l'aiguille à l'est et à l'ouest, et à renverser les pôles. L'inclinaison cherchée est alors la moyenne obtenue avant et après le renversement des pôles. Les inclinaisons partielles ont été obtenues en tournant successivement l'appareil à l'est et à l'ouest, et en lisant aux deux extrémités de l'aiguille maintenue en oscillation pendant la durée de l'expérience. La direction du méridien magnétique a été déterminée par le procédé indiqué plus haut.

A la mer, ce procédé n'étant pas praticable, en raison du mouvement continuel du vaisseau, on s'est borné à établir le parallélisme le plus parfait entre le plan vertical de la boussole (i) et le méridien magnétique du compas de route.

La seconde méthode, qui est la méthode indirecte, consiste à placer l'aiguille dans deux plans rectangulaires, faisant un angle quelconque avec le méridien magnétique, et à calculer l'inclinaison au moyen de la formule

Cot. I =\y cot.a a -h cot.2 b

dans laquelle a et b représentent les inclinaisons observées dans les plans rectangulaires.

Pour montrer jusqu'à quel point on obtient des résultats exacts avec cette dernière méthode, et faire connaître en même temps les erreurs que l'on peut commettre dans les opérations partielles, je vais donner les expériences faites à Taleahuano , en employant d'abord la méthode directe, puis la méthode indirecte. A chaque observation , je le répète, M. le capitaine Duperrey a fait des lectures aux deux extrémités de l'aiguille dans toutes les positions données à l'instrument; ces deux lectures sont indiquées à la colonne pointe haute et à la colonne pointe basse.

(i) La boussole d'inclinaison dont on a fait usage à la mer était établie sous un appareil de suspension qui lui permettait de rester dans une position verticale, malgré les mouvements du bâtiment*

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