‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 3)Chapitre 207 sur 397 · CHA.PITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHA.PITRE PREMIER

Du 17 au 23 octobre 1824. — A l'île de France, située au sud de l'équatcur terrestre, et à 33° 36' au sud de l'équateur magnétique, l'extrémité nord de l'aiguille s'avançait vers l'occident de 7 h. à 9 h. «f du matin , vers l'orient de g h. ~ du matin à a h. de l'aprèsmidi, et enfin vers l'occident, depuis cette dernière heure jusqu'à 6 h. du soir. Le plus grand arc parcouru était de 6' 5'' vers l'orient : le soleil passait à io° au nord de la station.

Du 4 au 11 janvier 1825. — A l'île de Ste-llélène, située au sud de l'équateur terrestre, et à 70 [\d au sud de l'équateur magnétique, l'extrémité nord de l'aiguille s'avançait vers l'orient , depuis 7 h. du matin jusqu'à midi, et l'arc parcouru était de 7' 10" dans cette direction : le soleil passait à G0 9.5' au sud de la station.

Du iç) au a5 janvier i8u5. — A l'île de l'Ascension, située au sud de l'équateur terrestre , et à i° au nord de l'équateur magnétique , l'extrémité nord de l'aiguille s'avançait vers l'orient depuis 7 heures du matin jusqu'à midi ^-, et l'arc parcouru était de t\ 4o" dans cette direction : le soleil passait à 120 au sud de la station.

Les faits précédents tendent à nous montrer que les variations de l'aiguille aimantée, soit annuelles, soit diurnes, doivent être attribuées à l'action de 'la chaleur solaire; car on a vu , relativement aux premières, qu'il y a un maximum de déclinaison, en Europe, près da solstice d'hiver, et un minimum près du solstice d'été, et que l'aiguille, dans nos climats, est stationnaire pendant la nuit, et ne recommence à se mettre en mouvement, la pointe nord du coté de l'ouest , que lorsque le soleil se montre au-dessus de 1 horizon.

Nous avons déjà fait connaître tom. 1", page 4o3 de ce traité, la manière dont M. Duperrey se rend compte de la cause qui produit les mouvements diurnes de l'aiguille aimantée dans les deux hémisphères; nous reviendrons sur cette question quand nous traiterons des causes probables du magnétisme terrestre.

l68 DES VAR. IRRÉGUL. DE LA. DÉCLINAISON.

§ III. Des variations irrégulières de la déclinaison.

En exposant les phénomènes qui accompagnent l'aurore boréale, j'ai annoncé qu'une foule d'observations faites sur différents points du globe prouvaient que la marche régulière de l'aiguille aimantée, lors de l'apparition de ce météore, était subitement dérangée, nonseulement dans les lieux où il était visible, mais encore dans des contrées qui en étaient éloignées; il en résulte alors des variations irrégulières dont nous avons à nous occuper. Il existe encore d'autres causes qui réagissent sur l'aiguille aimantée , telles que les -éruptions volcaniques et les tremblements de terre; mais, comme les faits observés à cet égard sont peu nombreux, et qu'il en a déjà été fait mention dans le premier volume, partie historique , je n'y reviendrai pas.

Parmi les physiciens qui se sont le plus occupés de constater l'influence qu'exercent les aurores boréales sur des aiguilles aimantées placées dans des régions où ces météores ne sont pas visibles , je dois citer M. Arago, qui, outre ses observations propres , a réuni encore un. grand nombre de faits tendant à mettre hors de doute cette influence que quelques personnes avaient niée. Je crois convenable de ne pas entrer dans- la discussion qui a eu lieu à cet égard, me bornant seulement à présenter quelques faits qui justifient cette assertion, et qui sont consignés dans les Annales de chimie.

Le 29 avril 1826, ou a vu, à Carlisle et dans le Roxburgshire, un arc lumineux provenant d'une aurore boréale (1).

Le même jour, à Paris, à 7 h. 5o' du soir, la pointe nord de l'aiguille des variations diurnes était déviée de 4' à l'est de sa position ordinaire; à 8 h. -^ elle s'était rapprochée de l'ouest par un mouvement prompt; à

(1) Tom. xxxiii, pag. 621.

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