‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 3)Chapitre 314 sur 397 · CHAPITRE ITT · texte numérisé non relu

CHAPITRE ITT

tensité magnétique de l'équateur au pôle, tracée d'après ces valeurs moyennes, ne s'écartait de celle qui résulte de la formule de M. Biot, que d'environ o,oi5 de l'intensité prise pour unité [Voyez planche XVI, fig. 46); en sorte que cette formule serait l'expression véritable de l'intensité magnétique de la terre, si la terre était parfaitement homogène ou régulièrement magnétique sur chaque parallèle.

M. Duperrey n'admet pas cette multiplicité de pôles magnétiques, introduite dans la science par Halley, repoussée par Euler , et reproduite, plus tard, par M. Hanstecn. Les déclinaisons de il à i5° nord-est, observées par le baron Wrangel autour de la Nouvelle-Sibérie, lui prouvent d'une manière incontestable qu'il n'y a point de pôle magnétique à l'ouest de ces îles, dans la partie septentrionale de l'Asie. Il voit bien que la ligne isodynamique 1,7 qui contourne le pôle magnétique du nord de l'Amérique, s'étend considérablement vers la Sibérie; mais, indépendamment de ce qu'il aurait à dire sur la forme donnée à cette courbe par M. Hansteen , il n'en est point étonné du moment où il sait que les deux pôles magnétiques de la surface de la terre, l'un boréal, l'autre austral, ne sont pas diamétralement opposés, et que la plus grande distance qui sépare ces pôles est précisément dans les méridiens de l'Asie, tandis que la plus petite est dans ceux du milieu du Grand Océan.

Cette position respective des pôles magnétiques est évidemment l'une des causes qui rendent variable, d'un méridien à l'autre , la distance d'un pôle magnétique à une même ligne isodynamique.

Une cause non moins déterminante est celle que M. Duperrey attribue à la température dont l'abaissement se prolonge naturellement davantage entre le pôle magnétique et la Sibérie en passant par le pôle terrestre, qu'entre ce même pôle magnétique et le centre de l'Amérique septentrionale.

M. Duperrey n'admet pas l'opinion de M. Hansteen,

L\l[\ CARTES DE M. DUPERREY.

en tant qu'il s'agit de considérer les pôles magnétiques de la surface de la terre comme des centres ou foyers magnétiques. Il n'admet pas non plus que ce soit la présence de ces pôles qui occasionne l'abaissement de température que l'on remarque dans les lieux qu'ils occupent. Il attribue, au contraire, aux variations de la température atmosphérique et à ses anomalies, les variations et les anomalies que l'on remarque dans la configuration des lignes comme dans la position des pôles magnétiques.

L'opinion de M. Duperrey, sur cette matière, a été complètement développée dans un Mémoire qu'il a lu à l'Académie des sciences, en i833, et dont il sera parlé plus loin(i).

En reproduisant les cartes des lignes isodynamiques de M. Duperrey, nous avons cru devoir indiquer dans l'une d'elles (Planche XYI) les lignes d'égale température extraites de l'Atlas physique que M. Berghaùs a publié à Gotha, en 1 838.

Dans les cartes dont nous parlons, M. Duperrey n'a point indiqué les pôles magnétiques, parce que les lignes isodynamiques ne sont pas assez exactes pour offrir le moyen d'en bien déterminer la position ; mais il a marqué, dans les régions polaires, deux espaces ombrés, bornés par des lignes isodynamiques de très-forte intensité, qui doivent nécessairement contenir les pôles en question. L'espace boréal est très-allongé, et ses deux extrémités sont, l'une sur la côte nord de l'Asie, l'autre sur la côte

(1) Parmi les assertions que M. Duperrey a fait valoir dans ses Considérations sur le magnétisme terrestre, lues à l'Académie des sciences en i833, il en est qu'il s'était réservé de soumettre plus tard à de nouvelles investigations. Ses travaux postérieurs lui en ont fait abandonner quelques-unes qu'il nous a signalées en i83G,etque pour cette raison nous ne reproduirons dans le cours de cet ouvrage qu'autant qu'il nous paraîtra utile à la science de faire connaître les motifs qui ont obligé M. Duperrey à modifier ses opinions.

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