CHAPITRE IV. \nn
Ces résultats nous montrent que l'intensité est la plus forte possible sur les bords.
§ IV. De l'action paj' influence, exercée à distance par un corps éleclrisé sur un corps à L'état naturel.
10/4. Nous n'avons considéré jusqu'ici que des corps électrisés mis en contact avec d'autres corps à l'état naturel; nous allons maintenant étudier les phénomènes produits dans ceux-ci, lorsqu'ils se trouvent placés à peu de distance des premiers.
Si l'on attache de distance en distance à un cylindre de cuivre isolé, terminé par deux Ijémisphères, des électroniètres à pailles ou à balles de sureau, et que, le tenant par son support isolant, on l'approche d'un corps électrisé et muni également d'un électromètre cà balles de sureau , on voit aussitôt celles-ci se l'approcher d'autant plus que les corps sont plus près ; tandis que dans le cylindre les balles divergent de plus en plus, mais avec cette différence néanmoins, que la divergence va en diminuant jusqu'au milieu du cylindre, oLi se trouve un point neutre, dont la position change h mesiu^e que Ton écarte ou que Ton éloigne les corps ; qu'à j)artir de ce point la divergence augmente jus(|u'à l'extrémité opposée. Avec le plan d'épreuve on reconnaît que les deux moitiés du cylindre sont électrisées différemment, et que la partie qui est la plus rapprochée du corps électrisé possède une électricité contiaire à la sienne. Ce corps n'éprouve aucune perte dans son électricité, comme on peut s'en assurer en mesurant sa réaction électrique avant et après l'expéi'ience.
Ces faits nous font connaître plusieurs projjriétés importantes : 1° qu'un corps électrisé exerce à distance sur un autre qui ne l'est pas une action qui dissimule l'effet de son électricité, et rend l'autre corps électrique; 2" que l'action par influence décompose le fluide neutre du corps non électrisé, en sépare les deux électricités, qui se recoinhinent aussitôt qu'on éloigne les deux corps. Supposons que le corps électrisé possède l'électricité II. la
l'jS DE l'aCT. PAU IXFL., FXERC. A DIST. , KTC.
positive : dès l'Instant qu'il exerce une action par influence sur le cylindre, il décompose son électricité naturelle, attire l'électricité négative dans les parties les plus rapprochées de lui, tandis que l'autre électricité est repoussée dans les points les plus éloignés. Si l'on touche ceux-ci avec le doigt, on enlève alors toute l'électricité positive, et il ne reste phis au cyhudre que l'électricité négative, dont l'action est dissimulée parcelle de l'électricité positive de l'autre corps; mais si l'on retire ce dernier, le cylindre se trouve avoir acquis un excès d'électricité négative, et on dit alors qu'il est électrisé par influence.
Cette expérience nous prouve de nouveau que tous les corps possèdent les deux fluides électriques, qui forment par leur réunion le fluide neutre.
Les deux électricités dégagées par iiifluenccr doivent réagir à leur tour sur l'électricité naturelle du corps électrisé; d'où résulte, dans chaque corps, une suite de décompositions et de recom|)ositions qui ne cessent que lors(|ue les quantités d'électricité devenues libres se font équilibre, par le balancement de toutes les forces attractives et répulsives qui leur sont propres.
loS.On conçoit parfailenient (jue le dégagement d'électricité par influence puisse s'opérer, à de grandes distances, sur des corps conducteurs isolés, placés près les DUS des autres. Cet effet résulte des faits précédents/ Supposons que l'on ait un certain nombie tle cylindres a, a\ «", placés très-près les uns tles autres; si l'on donne de l'électricité positive au cylindre «, il agira alors par influence sur le cylindre «', attirera l'élecdicité négative et repoussera dans la partie la plus éloignée l'électricité positive, qui agira également par influence sur a", et ainsi de suite. Par une disposition semblable d<' cylindres, on peut transmettre l'électricité à de grandes distances. Ce fait nous indi(jue déjà comment le transport de l'électricité s'effectue dans les corps; eti effet, les corps sont formés de molécules non juxta-posées , entre lesquelles il existe de petits vides; dèsl'instant que la première mole- |