CHAPITRE vr. a
dans le papier, du miel, un alcali, une ilissolution de sulfate de zinc, ou du lait à demi -caillé, la pile agit comme celle dans laquelle les éléments sont saiipoudrés d'oxide de manganèse.
Une pile à la Zamboni, composée de deux mille couples, ne donne pas la moindi'e commotion , parce que la circulation du fluide électrique ne s'y fait pas assez vite pour qu'elle puisse fournir, dans un temps donné, la quantité d'électricité qui est nécessaire pour la produire. La tension électrique de chaque pôle peut être rendue sensible avec le plan d'épreuve. Si l'on met en contact un de ses pôles, pendant quelques instants, avec un condensateur de taffetas gommé, on obtient des étincelles qui ont quelquefois un pouce de long. Elle peut servir à charger des batteries.
M. Zamboni pense qu'une pile de cinquante mille paires de pla(|ues auxquelles on laisserait le diamètre ordinaire des feuilles de papier étamé, serait une source constante d'électricité, dont la tension égalerait celle d'une forte machine électrique ordinaire.
L'air humide tend sans cesse à décharger cette pile; aussi la tension de ses pôles varie-t-el!e suivant son état hygrométrique. La tension n'acquiert une valeur fixe que, lorsque ayant été affaiblie par les pertes, l'air humide lui eidève de l'électricité autant que la pile lui en rend dans le uiéme temps.
Ces piles ne fonctionnent pas indéfiniment; leur énergie se perd en général à mesure qu'elles se dessèchent. Zamboni, qui s'est beaucoup occupé de; leur mode d'action, a reconnu que la diminution de la tension cesse au bout de deux ans, et varie, dans cet intervalle, suivant la manière dont la pile a été formée; que l'énergie est plus grande en été qu'en hiver , tant sous le rapport de la tension que sous celui de la promptitude avec laquelle elle se manifeste.
1 54- M. Donné n'a remarqué aucun rapport entre les variations de tension et les hauteuis barométriques. Il a
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reconnu qu'une pile à laZaniboni, placée dans le vide, et dont l'un des pôles communique avec la terre, et l'autre avec un éiectroscope , possède la même tension que dans l'air. Cet effet tient très-prohablcnient à ce que la charge de la pile s'effectue plus rapidement que la dépei'dition dans le vide.
La température lui a paru agir d'une manière trèsvariée, et par conséquent très-compliquée. La tension de la pile est presque toujours en rappoi-t avec la température de l'atmospiière ; ce qui confirme les observations précédentes de Zamboni , savoir, que la pile a plus d'énergie en été qu'en hiver. L'augmentation de tension n'a pas lieu aussitôt que la température extérieui'e s'élève, il faut attendre (pielque temps pour (jue son action pénètre dans l'intérieiu' de la colonne. Il pai-aît que la chaleur, outre son influence sur les actions chimiques, agit mécani([uement sur les éléments, par la dilatation et la contraction, pour modifier la tension de l'électricité.
Lors de l'invention des piles sèches, on imagina' un appareil à l'aide duquel on crut pouvoir reconnaître d'avance certains phénomènes météorologiques; mais on fut bientôt désabusé quand on eut étudié son mode d'action. Voici cet appareil : prenons deux piles de 2000 couples chacune, et plaçons -les verticalement sur ime bande de métal, à peu de distance Tune de l'autre, les pôles inverses en reg.ird : cet assemblage constitue une pile de 4ooo éléments. Suspendons maintenant, entre les deux pôles supérieui's, une aiguille de métal trèslégère, très-mobile et isolée; elle sera d'abord attirée par un des pôles, puis repoussée quand elle aura pris une portion de son électricité, et attirée ensuite par l'autre pôle qui possède une électricité contraire, et ainsi de suite. Il résulte de ces attractions et répulsions non interrompues, une espèce de mouvement perpétuel, dont on a voulu se servir, mais inutilement, pour diverses applications. Si l'état de l'air était constant,
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que la pile n'éprouvât pas de variations dans sa charge, on aurait pu obtenir des oscillations isochrones ; mais comme ces conditions ne peuvent être remplies, il n'en résulte qu'un mouvement irrégulier. Aussi cet appareil marche-t-il tantôt vite, tantôt lentement, et s'arrêtet-il même par intervalles, pour reprendre ensuite sa marche.
j55. m. Watkins (i) est jjarvenu à construire, avec un seul métal (zinc) et sans licjuide, une pile qui possède une tension remar([uable ; elle est composée de 60 à 80 plaques de zinc, de 4 pouces de surface, décapées et polies sur une de leurs surfaces et non sur l'autre, fixées dans ufie auge de bois, parallèlement entre elles et à une très-petite distance les unes des autres ( i ou 1 mm. ) , de manière qu'elles ne sont séparées que par une couche d'air très-mince. Les faces polies sont toutes tournées du môme côté, et les deux plaques extrêmes aboutissent chacune à un conducteur. Si l'on fait communiquer l'une des extrémités de la pile avec le sol, et l'autre avec un électroscope, celui-ci se charge aussitôt de l'une ou de l'autre électricité, suivant celui des deux pôles avec lequel il est en contact. L'humidité de l'air favorise l'action de cette pile , qu'on peut regarder comme une espèce de pile sèche dans laquelle le papier est remplacé par une couche d'air humide ; les deux surfaces du zinc font l'oflice de deux métaux hétérogènes. Il paraît donc que c'est à l'action oxidante de l'air, plus forte sur la surface polie et décapée que Sur l'autre, qu'est dû le développement de l'électricité sur chaque lame de zinc; et que la couche d'air très- 'f mince, qui sépare les plaques les unes des autres, et I?- peut-être les parois de l'auge de bois dans lesquelles |; ces plaques sont placées, permettent à chacun des principes électriques de s'accumuler séparément, comme dans une pile ordinaire , aux deux pôles de l'appareil. Nous
(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxx, p. 442.
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avons exposé dans ce livre les propriétés générales relatives aux deux fluides éiectricjues , lorsqu'ils se trouvent en é(}uilibre à la suiface des corps, ainsi que les principaux appareils qui servent à étudier ces propriétés; nous allons maintenant présenter les phénomènes magnétiques, dont la connaissaïu'c est nécessaire pour se former une idée nette des phénomènes qui ont lieu quand rélecti'icité est en mouvement.
DU MAGNÉTISME