‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 157 sur 335 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

M. Ampère envisage les attractions et répulsions magnétiques sous un autre point de vue; il les fait dépendre de l'action de courants électriques qu'il suppose exciter autour des molécules des aimants dans une direction déterminée. Nous nous occuperons plus tard de cette question, qui est fondamentale pour la théorie de l'électricité et du magnétisme.

t58. Les deux moitiés d'un barreau aimanté possèdent ordinairement chacune un magnétisme contraire; mais il arrive quelquefois qu'il y a de chaque coté des alternatives de magnétisme contraire, et par suite plus de deux pôles. Les pôles intermédiaires sont appelés points conséquents.

Pour les découvi'jr, on présente successivement le même pôle d'une aiguille aimantée, librement suspendue, à tous les points du barreau , maintenu constamment dans une position verticale; chaque fois que l'on passe ^ d'une attraction à une répulsion, on est assuré qu'il se trouve un point conséquent là où l'action est nulle. On peut encore déterminer ces points en plaçant sur le JDarreau une feniile de papier et projetant dessus de la limaille; le groupement des parcelles en certains points indique sur-le-champ la position des points conséquents ( fîg. 63).

Un barreau de fer doux, qui est aimanté par influence, rentre dans l'état naturel dès l'instant que l'on retire l'aimant ; mais il n'en est plus de même avec des barreaux de fer écroui ou d'acier trempé : dans ce cas, l'action par influence est plus lente à se manifester; mais aussi, une fois qu'elle est développée, elle y persévère pendant long-temps, même lorsque les barreaux ne sont plus sous l'influence de l'aimant. On dit •dans ce cas que le barreau est aimanté. C'est alors |un aimant artificiel ; il existe donc dans le fer écroui et ,dans l'acier une cause quelconque qui s'oppose à la décomposition du magnétisme naturel, et à la recomposition des deux fluides, quand ils sont séparés, laquelle a de l'analogie avec celle qui s'oppose également à la dé-

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composition de l'électricité par influence dans les corps

mauvais coriducleurs. On attribue celte cause à l'action d'une force cocrcitive, qui résulte, soit de l'arrangement des molécules, soit de l'interposition entre elles de molécules étrangères. ai

Cette force varie, dans les différents aciers, suivant " la trempe : plus la trempe est roide, plus la force cocrcitive est grande. IjOS propriétés magnétiques sont soumises naturellement aux mêmes variations.

iSg. L'aimantation est très-lente à s'opérer dans uu 1 barreau d'acier trempé par l'influence seule d'un aimant, comme on peut le voir en répétant l'expérience des petits cylindres de fer doux avec d'autres cylindres d'acier trempé; mais elle a lieu pres([ue instantanément, si l'on passe avec frottement, toujours dans le même sens, sur toute la longueur d'un barreau , l'un dos pôles d'un aimant ; quelques frictions suffisent pour produire l'aimantation. Une aiguille d'acier trempé brisée en deux présente cette singulière propriété, que les deux portions séparées sont elles-mêmes deux aimants, dans lesquels les parties séparées possèdent un magnétisme contraire.

Le fer doux acquiert la propriété polaire, quand on change la position d'équilibre de ses molécules par la pression, le choc et la torsion ; c'est pour ce motif ([ue les outils de fer sont aimantés au bout de peu de temps qu'ils ont servi. Si l'on frappe légèrement un barreau tenu verticalement par un de ses bouts avec un marteau, on lui donne la polarité magnétique; en le retournant pour frapper l'autre extrémité , on renverse la polarité. Toutes les substances qui renferment du fer, soit par voie de mélange, soit par voie de combinaison, agissent sur l'aiguille aimantée, c'est-à-dire exercent sur elle une action attractive; mais, pour l'apercevoir, il faut employer quelquefois des appareils délicats, dont nous ne pouvons encore donner la description. Ces substances , quoique réagissant comme le fer doux sur l'aiguille aimantée, i n'acquièrent jamais la polarité. De là la distinction entre

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