CHAPITRE IV. 3o
davantage, on trouva que l'effet diminuait plutôt qu'il n'augmentait. En renversant la barre de manière que le pôle austral fût en haut, le magnétisme fut presque détruit par un seul coup; tandis que deux coups changèrent les pôles. En frappant l'extrémité de la barre dans le plan de l'équateur magnétique, la polarité disparut aussi ; mais l'effet ne fut complètement produit que lorsqu'on eut donné plusieurs coups.
i85. M. Scoresby remarqua que lorsque la baguette do fer avait été d'abord frappée dans une position verticale, on obtenait un accroissement d'effet magnétique sur la barre; un seul coup rendait alors la barre capable de supporter environ 20 grains ; et quand avec le marteau cette extrémité fut façonnée en forme de coupe, de manière à être facilement rompue, un seul coup suffisait pour rendre la barre capable de supporter entre 3o et 4o grains. Dix coups produisirent l'effet le plus fort qu'on eût obtenu dans ces expéi'iences , car la barre supportait d'une manière ferme un clou de 188 grains.
Pour déterminer l'effet de la percussion sur des aimants convenablement trempés, il s'est servi d'une barre plate d'une trempe bleue, de 7 7^ pouces de longueur, \ pouce de large et ^ d'épaisseur, et pesant j 170 grains.
L'aimant suspendu verticalement sur une baguette de fer, l'extrémité sud en haut, lui a donné :
PROCEDE POUR AIM. A SATUR. DrS BARR.
NOMBRE l)E cours
a cli;i(|ii8 eiptrieiice.
HO
EXTUKMITH
(le l'iiiiiiaiit
dii'ise eu haut.
Sud
DISTANCE
«lirai iruille.
8 poucei.
DEVIATION.
Exlrt'uiité nord eu haut.
lU
15arie rendue de nouveau inaiîtiétique et martelée sur un morceau d'élaiii.
GO
Sud Nord
Sud JNoi-d
Sud
M. Scoresby a trouvé, par cVaiiUes expériences, que le niagnctisnie augmentait avec des barre.s plus longues.
Un fort aimant, convenablement trempé, perdit une portion de son magnétisme dans toutes les positions oii on le frappait; mais la perte était encore plus rapide quand le pôle austral était eu haut.
CHAPITRÉ IV. 3o5
i86. M. Scoresby a appliqué à la formation des aimants les propriétés magnétiques qu'il a reconnues dans l'acier soumis à la percussion. Il prit deux barres d'acier doux , longues de 3o pouces et larges d'un pouce ; six autres barres plates d'acier doux , longues de 8 pouces et larges d'un demi-pouce ; et une large Ijarre de fer doux : toutes ces barres n'avaient aucune trace d'aimantation.
Tja large barre de fer fut d'abord frappée dans une position verticale : on la posa immédiatement, sans changer sa direction, sur les barres d'acier qu'on frappait : elles furent aussi frappées l'une sur l'autre. Chacune des petites barres , suspendue aussi verticalement au sommet d'une des larges barres d'acier, fut fiappée successivement , et en quelques minutes elles avaient acquis un pouvoir considérable de suspension. Deux des plus petites barres, unies par deux petits parallélipipèdes de fer doux, furent frottées avec les quatre autres baries, de la manière indiquée par Canton : elles furent remplacées par deux autres, et celles-ci par les deux dernières. Après avoir ainsi traité chaque paire de barres pendant un certain temps et en les changeant, après les avoir frottées pendant une minute environ, on trouva à la fin que toutes les barres étaient aimantées à saturation.