CHAPITRE VI r
insensiblement et d'une manière irrégulière, de sorte qu'il est impossible de les apprécier.
En résumé, on voit que les effets magnétiques produits par l'influence d'un fort barreau aimanté, dans l'acier trempé ou le fer doux, diffèrent essentiellement de ceux qui ont lieu dans tous les corps oî^i le magnétisme est très-faible. Dans les premiers, c[uelles que soient leurs positions respectives et par conséquent leurs directions, la distribution du magnétisme s'y fait toujours dans le sens de la longueur, à l'exclusion de toute autre direction, tandis que dans le tritoxide de fer, le bois, la gomme laque, elle a lieu dans un sens qui dépend de la distance du corps aux pôles de l'aimant, de sorte que cette distiibution varie avec la direction que l'aimant fait prendre au corps, en raison de l'action qu'il exerce sur lui.
§ II. Action de tous les corps sur V aiguille aimantée pour diminuer ï aniplilude des oscillations sans changer leur nombre.
Q.32. Nous venons de voir que tous les corps, placés en présence d'aimants très-puissants, manifestent de faibles propriétés magnétiques, que l'on peut attribuer aussi bien à de petites quantités de fer, que l'art n'a pu découvrir jusqu'ici dans leurs parties constituantes, qu'à la nature même de ces parties. Nous allons actuellement nous occuper d'autres propriétés magnétiques , essentiellement différentes des premières , que l'on fait naître momentanément par le mouvement dans ces mêmes corps. M. Arago fut conduit à cette découverte importante en faisant osciller une aiguille aimantée audessus ou près de corps d'une nature quelconque. Si l'on suspend une aiguille aimantée liorizontalement audessus d'un métal ou sur de l'eau, et qu'on l'écarté de sa position naturelle d'un certain nombre de degrés, en l'abandonnant ensuite à elle-même, elle oscille dans des arcs de moins en moins étendus, comme si elle se
394 ACT. DE TOUS LES CORPS SUR l'aIG. AIM., ETC.
trouvait dans un niilifu résistant. Ce qu'il y a (\e remarquable dans ce mode d'action , c'est que la diminution dans l'amplilnde des oscillations ne change pas leur nondjre dans le même temps.
Donnons quekjues exemples avec l'eau, la glace et le viîrre, comme l'a fait j\T. Arago. Pour fixer les idées, saisissons l'instant oii la demi-amplitude n'est plus (jue de 43°, et comptons combien il s'effectue d'oscillations depuis le départ.
La distance de l'eau à l'aiguille étant de o mil. 65, il se perd 10° en 3o oscillations.
A Si mil. 2 de dislance, il faut pour la même perte 60 oscillations.
Ainsi, selon que l'aiguille est à o mil. 65 ou à Sa mil. 2 de distance de la surface de l'eau, elle perd lo'* dans l'amplitude de ses oscillations en 3o ou en 60 oscillations ; la différence , comme on voit , est du double. M. Arago a obtenu les résultats suivants en plaçant la même aiguille sur de la glace :
De 53** à 43*', à o mil. -70 de dist. 26 oscill.
De 53° à 43^ à i mil. 26 de dist. 34 oscill.
De 53" il 43^ à 3o mil. 5 de dist. 56 oscill.
De 53° à 43°, à 5a mil. 2 de dist. 60 oscill.
Sur un plan de verre (crown-glass) avec une autre aiguille.
De 90° à 4i°) 'i <^ îwil- 9^ de. distance, il s'écoule 111 oscill.
De 90" à 4i''-> il 0^99 180
De 90° à 41*^7 à 3,o/j 208
De 90° à 4ï°i ^ 45O1 2'^i
Les plans de métal ont donné des résultats semblables; mais néanmoins M. Arago a remarqué que les métaux qui agissent avec plus d'énergie que le verre, le bois, etc., ont un mode d'action qui diffère de celui