‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 27 sur 335 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

une tige bb^ fixée elle-même, par sa partie supérieure, à une cloche en verre abe^ et portant à l'extrémité opposée une masse de métal P. La bouteille ayant été électrisée intérieurement, ou la place clans un autre vase rempli de glace, de manière que la tige RS soit en dehors : puis , après avoir retiré le bouchon , on fait chauffer fortement la masse P, que l'on replace dans la bouteille. La cloche abc^ qui s'applique aussi bien que possible sur la bouteille, empêche que celle-ci ne se décharge. La masse P échauffe peu à peu l'intérieur de la bouteille sans changer sensiblement la température des parois extérieures, qui sont environnées de glace. Si on présente en môme temps à un éiectroscope le bouton S, on n'y aperçoit aucun signe d'électricité libre, plus grand que celui qu'il manifestait avant; par conséquent , la chaleur n'a pas exalté l'action du fluide électrique de l'intéiieur de la bouteille ; car si elle l'eût fait, l'électricité de la surface extérieure aurait été décomposée, et la tige RS aurait communiqué à l'électroscope l'électricité repoussée.

Mais si l'action de la chaleur est nulle sur le fluide libre, pour exalter ses propriétés attractives ou répulsives, il n'en est pas de même de celle qu'elle exerce sur le fluide neutre, comme nous allons le voir.

Si l'on introduit un fil de platine dans un tube de verre, fermé à la lampe par une de ses extrémités, que l'on fasse communiquer le bout libre du fil avec le plateau inférieur du condensateur de l'électroscope de Bonhenberg, en les séparant avec une bande de papier humide, et touchant avec le doigt le plateau inférieur, et qu'au moyen d'une lampe à alcool on porte au rouge la partie du tube qui est fermée, on n'obtient aucune charge électrique quand on enlève le plateau supérieur. Mais si l'on enroule (fig. 29), à l'extrémité du bout du tube qui a été fermé , un fil de platine dont l'extrémité libre comnumique avec le sol, et que l'on chauffe fortement ce bout, au point de le faire rougir, le fil intérieur transmet au condensateur une charge très-sensible

36 INFL. DE LA CHAL. SUR I.K DÉGAG. DE l'ÏLKC.

d'électricité positive. Analysons maintenant ce phénomène. Nous avons deux fils de platine ab^ a h\ dont les bouts a e\. b ^ d'une pari, a et b' de l'autre, n'ont pas la même tempéiatuie. Ces fils comnumiquent ensemble, par rintermédiaije d'un tube de verre qui, en raison de sa tempérai lue élevée, est contlucteur de l'électricité; or, comme la matière même du verre u'inHue aucunement sur les effets produits, on ne peut les attribuer qu'à une différence de tempéiature , (|ui est à l'avantage du lil extérieur; le bout dont la température est la plus élevée prend l'électricité positive, et l'autre l'électricité négative. Ce résultat nous conduit au principe suivant, dont nous aurons plusieurs fois l'occasion de vérifier l'exactitude: Lorsqu'un fil de métal non oxidable, ou une suite «, a\ d\ a"\ etc., de particules métalliques, liées entie elles par la force d'agrégation, est en contact, par l'une de ses extrémités, avec une source de chaleur b^ d'une nature quelcon(|ue, à l'instant où la chaleur conunence à se piopager dans ce fil , cette extrémité prend l'électricité positive, tantlis que l'électricité négative est chassée dans tous les sens; înais (i recevant de la chaleur de rt, cî' de (i\ etc., il en lésulte que la seconde particule (|ui s'échauffe aux dépens de la première, prend à celle-ci, à chaque instant, de l'électricite positive et lui donne de réiectricité négative, et ainsi de suite pour les autres particules. On a donc une distribution de l'électricité semblable à celle qui est indi(|uée dans la fig. 23; la décomposition "du fluide électrique sera innnéilialenient suivie d'une recomposition, qui produira ainsi une multitude de courants électriques molécidaiies. D'après cela, le fil, ou le système de points matériels, ne peut avoir d'électi icité libre qu'aux extrémités. Si donc on touche le bout incandescent avec un corps conducteur assez volumineux pour qu'il ne s échauffe pas sensiblement, tel (|u'un morceau de papier humide, on liu enlèse son électricité positive, et il ne reste au fil (jue l'éleclricilé négative, llevenons maintenant aux deux fils de platine, séparés par un petit tube

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