‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 299 sur 335 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

cartouche, avec un petit barreau aimanté, on trouve que le même pôle agit de la même manière sur tous les points qui sont situés sur la même face ; ainsi la distribution du magnétisme s'est opérée dans le sens transversal du fd , au lieu d'être faite dans le sens longitudinal, comme dans les aiguilles aimantées ordinaires.

Si l'on veut avoir une distribution du magnétisme dans le sens longitudinal, il suffît de maintenir, pendant quelques instants, la cartouche qui renferme du deutoxide de fer dans la direction perpendiculaire aux. circonvolutions; on peut même, avec quelques précautions, lui faire acquérir une aimantation telle que la cartouche se maintienne à 45°, par rapport à la direction des cii'convolutions.

Quand la cartouche ne renferme que du tritoxide de fer, il n'y a qu'une seule position possible d'équilibre pour elle, c'est celle de la direction des circonvolutions.

Si l'on compare ces résultats à ceux que nous avons obtenus, dans les recherches relatives à l'action des barreaux aimantés sur tous les corps, nous voyons qu'ils sont les mêmes , mais dans les cas seulement où l'on emploie un seul barreau, ou bien que les deux pôles sont très-rapprochés.

§ II. Des courants électriques produits par ï influence des courants électriques.

in\. Dans le chapitre (i) précédent, nous nous sommes occupés de l'action par influence des courants électriques sur les aiguilles d'acier aimantées ou non; nous allons continuer les mêmes recherches sur tous les métaux, et en général sur tous les corps. Cette branche de la physique a été créée par M, Faraday (îi), qui en a développé toutes les parties avec sa sagacité ordinaire.

(i) l*'" de ce Livre.

(2) Philos, trans., i83i,

470 1>E5 COUR. ÉLEC. PROD. PAR l'iNFL. , ETC.

Voici les expériences fondamentales qui montrent l'action produite dans les métaux par l'influence d'un courant électrique:

Si l'on enroule en spirale, sur un cylindre de bois, Il spirales, formées chacune de 2() pieds de fil de cuivre , d'un 20^ de pouce de diamètre , et recouvert de soie, et que l'on réunisse à leurs extrémités, bout à bout, la 1'% la 3% la 5% la 7% la 9' et la 11", et que l'on joigne les autres de la même manière , afin de former deux spirales seml)lables et ayant la même direction ; si l'une des spirales est mise en connnunication avec les deux bouts du fil d'un multiplicateur, et l'autre avec une pile voltaïque , bien chargée de 10 couples à double cuivre , l'aiguille du multiplicateur n'éprouve aucune déviation.

Mais si l'on opèie avec deu;c spirales semblables, de 2o3 pieds chacune de fil de cuivre recouvert de soie, dont l'une est en communication avec le multiplicateur, et l'autre avec une pile de 100 couples, à double cuivre, de 4 pouces carrés et bien chargée , à l'instant où le contact est établi l'aiguille éprouve une déviation; puis après quelques oscillations elle levieut dans sa position d'équilibre, et est déviée de nouveau à l'instant où l'action de la pile est interrompue, mais dans un sens contraire; pendant tout le temps que la pile fonctionne, l'action sur l'aiguille ainiantée est nulle.

M. Faraday a appelé induction volta-èlectriqae ce pouvoir qu'ont les courants électriques d'exciter sur la matière qui est près d'eux l'état particulier que nous venons de décrire.

En comparant la direction du courant inducteur à celle du courant induit, on voit que l'un et l'autre cheminent dans une direction contraire; tandis que le courant produit par la cessation du courant inducteur se dirige dans le même sens t[ue celui-ci : le courant n'ayant qu'une durée instantanée, a donc plus d'analogie avec le courant produit par la décharge de la bouteille de Leyde qu'avec celui que l'on obtient avec la pile voltaïque.

Cette conséquence se trouve confirmée par l'expérience; car si Ton substitue au multiplicateur une petite spirale creuse, et que l'on introduise dedans une aiguille d'acier, celle-ci se trouve aimantée à l'instant oii on établit le contact, pourvu toutefois que l'on retire l'aiguille avant d'interrompre l'action de la pile, car le courant en sens contraire qui se produit alors détruirait l'aimantation. M. Faraday a reconnu que la force du courant d'induction est plus grande au moment où l'on opère le contact qu'à l'instant où on l'interrompt.

§ m. Des courants électriques produits par V influence des aimants.

272. On prend un anneau formé avec une barre ronde de fer doux de \ de pouce d'épaisseur, et ayant G pouces de diamètre; on enroule autour d'une partie de cet anneau (fig. 43) trois spirales, cbacune de i[\ pieds environ, de iil de cuivre de m de pouce d'épaisseur et recouvert de soie, occupant sur l'anneau une longueur d'environ 9 pouces, comme l'indique la figure; ces trois spirales, qui peuvent être employées séj)arément ou ensemble, forment un groupe marqué A. Sur la partie B, on enroule de la même manière en spirale, dans la inême direction , 60 pieds environ du même fil , dont les deux bouts sont mis en communication avec un multiplicateur placé à 3 pieds de distance. Les fils de A sont joints à leurs bouts de manière à former une longue spirale dont les extrémités sont mises en coinmunication avec une pile de 10 cou[)les de 4 pouces can-és. L'aiguille est alors déviée bien au-delà de ce qu'on avait remarqué en employant une pile d'une forme décuple sans l'intervention d'un barreau de fer. Dans cette expérience comme dans l'autre, l'effet n'est pas permament , car l'aiguille reprend aussitôt sa position d'équilibre et se dévie dans un sens inverse en interrompant la communication avec la batterie.

47^ W-S COUR. ÉLEC. PROD. PAR l'iNFL., ETC.

Quand la communication avec la pile est établie, raigiiille du multiplicateur se dirige d'un côte ; elle marche dans une direction contraire ([uand on intervertit le sens du courant. Si l'on emploie l'action d'une pile de loo couples, l'aiguille tourne l'apidement 4 ou 5 fois sur elle-même avant d'osciller. Si l'on place aux extrémités de la spirale B deux petits morceaux de charbon bien recuits et effdés, on aperçoit une petite étincelle lorscpie le contact de la pile avec A est établi; il est beaucoup plus difficile de l'apercevoir à l'instant oïl l'on interrompt la communication avec la pile.

On peut faire l'expérience d'une autre manière qui rend plus sensible l'effet résultant du barreau aimante. On enroule sur un cylindre creux de carton 'iio pieds de fil de cuivre divisés en huit longueuis, de manière à pouvoir agir séparément ou, réunis. Quatre sont joints bout à bout et mis en rapport avec le multiplicateur, et les cpiatre autres , réunis de la même manière, comnuu)i(|uent avec une pile de lOo couples. Ij'effet sur l'aiguille est à peine sensible, comme on l'a vu dans la première expérience. Mais si l'on introduit dans le tube de carton un cylindre de fer doux de l'épaisseur de l de pouce, et long de 12 pouces, on obtient une déviation très-forte. En substituant au cylindre de fer un cylindre d'un autre métal , on n'a que l'effet dû aux spirales.

2 '^3. On obtient des effets semblables avec les aimants ordinaires; il suffit d'attacher au multiplicateur toutes les spirales élémentaires de la spirale creuse précédente, et d'introduire dans son axe le cylindre de fer doux , puis de placer deux barreaux aimantés, longs de 9.4 pouces chacun, de manière que, d'un côté, leurs pôles opj)osés étant mis en contact entre eux, les deux autres jouissent être mis en contact également avec les deux bouts du cylindre de fer, pour le transformer nriomentanément en un aimant.

A l'instant où le contact est établi , l'aiguille est déviée, puis reprend sa position d'équilibre ordinaire et se dévie dans un autre sens quand ou retire les bar-

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