CHAPITRE Iir
Pour établir la relation du courant électrique produit par l'influence du pôle magnétique avec la direction de rotation du disque, M. Faraday a remarqué que lorsque le pôle austral est au-dessous du bord du disque, et que ce dernier tourne horizontalement à la manière d'une vis, l'électricité qui est recueillie au bord du disque le plus près du pôle est positive.
Si le pôle boréal est placé au-dessus, rien n'étant changé du reste (fig. 117) l'électricité en B est encore positive ; s'il est placé au-dessous ou bien si l'on place le pôle austral au-dessus , il y a renversement dans l'électricité.
Il résulte des faits précédents, que l'expérience du disque en rotation revient à celle par laquelle on fait passer un morceau de métal entre les pôles magnétiques dans une direction rectiligne; dans ce cas, il y a des courants électriques produits à angles droits à la direction du mouvement, et qui traversent cette direction à l'endroit des pôles ou du pôle magnétique. Ce fait peut être rendu sensible par une expérience très-simple : on place entre les pôles magnétiques un morceau de cuivre amalgamé sur ses bords, qui communiquent avec les deux bouts du multiplicateur. Si l'on tire la plaque dans la direction de la flèche (fig. 118) l'aiguille du multiplicateur est aussitôt déviée, et le sens de la déviation indique que le fil A reçoit l'électricité négative : en renversant le mouvement de la plaque, l'effet est contraire. Nous ne suivrons pas M. Faraday dans toutes les expériences qu'il a faites pour montrer les courants électriques qui sont produits en différents points de la plaque de cuivre en mouvement, et leurs différents rapports avec les pôles excitateurs, parce que nous serions entraînés dans des expériences dont les développements donneraient trop d'étendue à cet ouvrage. Je dirai seulement que les faits qu'il a observés, et particulièrement ceux que nous avons rapportés précédemment, l'ont mis à même de conclure que le courant électrique, qui est excité dans un métal mis en mouvement auprès d'un
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aimant, dépend entièrement, quant à sa direction, des rapports de position du métal avec la résultante de l'action magnétique, ou avec les courbes magnétiques dont on détermine la position avec la limaille.
On peut indiquer ces rapports de la manière suivante, d'après M. Faraday:
280. Soient AB (fig.i 19) un cylindre magnétique, dont le pôle qui est tourné vers le nord soit désigné par A, et PN une lame de couteau d'argent placée en travers de l'aimant, le tranchant en haut et le bord entaillé tourné vers A. Quelles que soient la direction et la position que prenne le couteau, le tranchant étant toujours en avant, tant vers le pôle austral que vers le pôle boréal , le courant ira toujours de P en N, pourvu que les courbes qui procèdent de A, rencontrent la surface enlailh-e du couteau, et que celles qui partent de B rencontrent la surface non entaillée.
Si le couteau est mû avec le dos en avant, le courant cbemine de N à P. Il semble donc que finduction des courants électriques soit excitée circulairement par une résultante magnétitjue ou axe de puissance, de même que le magnétisme circulaire dépend d'un courant électri(jue et est représenté par lui. Il parait démontré maintenant que lorsqu'on fait passer une pièce de métal, soit devant un simple pôle, soit entre les pôles opposés d'un aimant, il en résulte des courants électriques à travers le métal, transversalement à la direction du mouvement, les([uels, dans les expériences deM. Arago, approchent de la direction des rayons. Si donc l'on fait mouvoir un simple (\\, connue le rayon d'une roue, près d'un pôle magnétique, il se manifeste dans toute la longueur du 01 un courant électrique. Si l'on considère maintenant une roue, connue formée de la réunion d'un ïiond)i-e infini de ces rayons tournants près du j)ôlo, de la même manière que le disque de cuivi'e, on aui'a dans chacjue rayon un courant électrique, à l'instant où il passei'a près du pôle.
Voici maintenant l'explication que donne M. Faraday