‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 322 sur 335 · CHAPITRE SUPPLÉMENTAIRE. 5ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE SUPPLÉMENTAIRE. 5ô

démonlré, que le maximum. d'intensité électrique n'a pas lieu lorsque le refroidissement est le plus rapide, et qu'il n'y a aucune émission d'électricité lorsque la température n'éprouve plus aucun changement.

Voulant comparer les intensités électriques de différents cristaux, M. Forbes a pris pour mesure du pouvoir électrique le maximum de déviation , qu'il regarde comme indépendant de la température exacte de la pierre et du temps. Le disque de clinquant perdant à chaque instant, par son contact dans l'air, une portion de son électricité, devait nécessaii'ement introduire des erreurs dans l'appréciation exacte de ce maximum. Il ne s'est pas dissimulé cette difficuhé; pour l'éviter, du moins en partie, il a opéré dans des circonstances favorables, et n'a commencé seulement ses séries d'expériences que peu de temps après que le disque avait reçu son électricité, afin que la perte fût la moindre possible. Il a répété en o\itre chacune de ces séi-ics dans un ordre inverse, afin d'obtenir pour la même pierre deux observations également éloignées de l'état moyen de la tension électrique de la tourmaline ; la moyenne est là valeur cherchée. Les déviations du disque peuvent servir, à la vérité, à comparer les diverses charges électriques de la tourmaline; mais ces charges ne peuvent être mesurées exactement qu'autant qu'on les rapporte à une déviation constante, en tordant convenablement le fil de torsion; ce que n'a pas fait M. Forbes.

Ce physicien a d'abord appliqué sa méthode à la détermination des relations qui peuvent exister entre la forme et les dimensions des cristaux de tourmaline et leur pouvoir électrique , question qui m'a occupé il y a quelques années, et dont j'ai rendu compte de la manière suivante dans ce volume, page 6j:

« Une tourmaline non électrique par la chaleur ayant «été partagée en deux, les deux fragments le sont âe- « venus. Ces faits tendent à prouver que les phéhomè- « nés électriques de la tourmaline varient en raison de « la longueur et de la grosseur, et peut-être dé la dia-

5o4 PROPRIÉTÉS ÉLEC. DE LA TOURMALINE.

« phailéité des cristaux, puisque les plus petites toui- « malines prennent une polarité très-forte par de faibles tt changements de température, et que celles qui ont « de 5 à 6 centimètres de long perdent déjà la pi'opriété «de s'éleetriser par le premier mode, et qu'enfin de « grandes tourmalines paraissent être réfractaires. »

La tourmaline que j'ai soumise à l'expérience avait 3,2 pouces anglais de long , et environ 3,o8 de pouces de diamètre, et celles sur lesquelles M. Forbes a expérimenté avaient à peu près la même longueur, mais un diamètre un peu différent; au lieu de la trouver réfractaire comme la mienne l'était par l'élévation et l'abaissement de température, il y a reconnu au contraire une faculté électrique très-prononcée.

M. Forbes ne tient pas compte de la température à laquelle se montre l'électricité, parce qu'il en regarde la détermination comme très -incertaine, cette température n'étant pas la même à l'intérieur qu'à l'extérieur. Je répondrai à celte assertion , que lorsque l'on opère avec des tourmalines pour ainsi dire capillaires, on n'a pas à craindre autant cet inconvénient. Au surplus, je pense que l'erreur (|ui provient de la perte dans l'air de l'électricité du disque de clinquant, est une cause d'erreur beaucoup plus grande que celle-ci.

agS. M. Forbes a fait quatre séi'ies d'expériences, deux dans l'ordre direct et deux dans l'ordre inverse , avec six tourmalines de i,3 pouce de long, et dont les épaisseurs ou les aires de section étaient comme les nombres 14.11.7.6. et 4; d n'a trouvé aucun rapport direct avec les aires, car les intensités étaient représentées par 1.2.5.4-3. D'autres séries, faites avec une suite de cristaux de 1,2 et 1,8 pouce de long, ont donné également des indications irrégulières.

Néanmoins il avance que la dimension de la section a ordinairement une influence telle, que là où les différences sont considérables, le cristal le plus gros a presque toujours le plus grand pouvoir.

Un cristal de i pouce ^ de long avait sou maximum

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