‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 70 sur 335 · CHAPITRE II[. Iiy · texte numérisé non relu

CHAPITRE II[. Iiy

change pas, il ne doit pas y avoir d'électricité rendue libre quand on fait vibrer les corps élastiques; car bien que les molécules éprouvent toutes un déplacement, elles ne cessent pas cependant d'être liées entre elles par la force d'agrégation : dès lors, les deux électricités dégagées dans deux molécules contiguës doivent se recombiner immédiatement pour former du fluide neutre, comme dans le cas du choc. En général , dans toutes les expériences relatives au dégagement de l'électricité, on n'obtient de l'électricité qu'autant qu'il en échappe à la recomposition ; l'expérimentateur doit donc s'attacher à multiplier les obstacles pourempêcher cette recomposition.

66. Après avoir exposé les effets électriques qui sont produits dans le frottement de deux lames de métal l'une contre l'autre, examinons les modifications qu'ils éprouvent quand l'un des métaux est réduit en limailles plus ou moins fines : c'est le moyen de voir jusqu'à quel point l'état d'agrégation des molécules exerce une influence sur le phénomène.

Le procédé à l'aide duquel on observe les effets du frottement des limailles métalliques sur une lame de métal, consiste à tenir celle-ci d'une main, dans une position inclinée, et à projeter dessus les limailles que l'on recueille dans une capsule de métal qui est vissée à la tige verticale de l'électroscope ( fig. 9 ). Si la lame ne communiquait pas avec le réservoir connnun, elle transmettrait aux parcelles de métal, qui viendraient ensuite, l'électricité qu'elle aurait reçue des premières , ce qui atténuerait l'effet cherché.

Lorsque l'on projette la limaille d'un métal sur une lame de ce métal, celle-ci prend un excès d'électricité positive, et la limaille un excès d'électricité contraire; l'effet est d'autant plus marqué, que la limaille est plus fine et le choc plus rapide. Les métaux en limaille se comportent donc , par rapport aux mêmes métaux en masse, comme les corps dépolis relativement aux corps polis : cette propriété est moins sensible dans l'or, l'argent et le platine que dans les métaux oxidables.

Il8 DÉGAG. d'ÉLFC. par FROTTEMENT.

La limaille de cuivre est négative avec les lames de zinc, de plorni), d'étain , de fer, de hisniuth et tl'aiitimoine, c'est-à-dire avec les métaux plus positifs c|ue le cuivre : elle ne donne au contraire aucun signe d'électricité avec le platine, l'or et l'argent. Ce résultat, ainsi que ceux du même genre obtenus avec les autres métaux, tendent à établir cette vérité : que les métaux en limaille, quand ils tombent sur une lame de métal, ont mie tendance à [irendre l'éleclricilé négative; mais que cette tendance néanmoins n'empêcbe pas que la limaille d'un métal positif ne soit positive par rapport aux métaux les plus négatifs. On trouve effectivement (jue le zinc en limaille est positif par rapport aux substances en lames dont les noms suivent : le platine, l'or, l'argent, le carbure de fer, le persulfme de fer, le cuivre et létain. Il est négatif pai- rapport au zinc, au bismuth, à l'antimoine et au fer; mais plus fortement avec le premier (ju'avec les derniers; il ne donne enfin aucun signe d'électricité avec le peroxide de manganèse.

Les oxides métalliques, ainsi que leui's sulfures, sont négatifs par japport à leurs métaux. Il faut éviter que les poussièies soient trop fines, car elles s'altacbent alors aux surfaces, et empêchent le frottement des parties qui viennent ensuite, Quatie hypothèses peuvent être mises en avant pour explicpier les faits observés : i° le dérangement des molécules, qui n'est pas le même dans les deux corps; 2" l'intluence de la cbaleur qui est dégagée dai'.s le flottement; o'^ l'inlluenee des agents atmosphéri(pies sur les métaux ; 4" l'action des métaux les uns sur les au.tres. Avant de iliscuter le uiérite de ces quatre hypothèses, j(> rapporterai (jueUpies observations (|ui tendent à prouver (pie lt> |)bénomène dépend de piopriétés relatives à la slruetiire des corps, et non de la cbaleur dégagée. L'autiinoiiu» est le plus électro-positif des métaux dans les jihériomènes thermo-électriques et les phénomènes de irottement, et sa limaille est positive par raj)porl aux lames de métal ; voilà un cas d'exception, et le seul qui ait été observé dans le frottement des h-

Page 1