‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 138 sur 208 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

sent dans tous les sens, c’est que les altérations sont dues alix influences atmosphériques. D’après cela et en raison des motifs que nous avons donnés plus haut , il faut donc attribuer à une cause semblable la décomposition des parties supérieures du granité en place. Nous avons fait un grand nombre d’observations sur la profondeur de l’altération des granités de la cathédrale : le terme moyen est de 8 millimètres. Or, la portion décomposée de la masse de granité que j’ai observée est de 1 mètre 60 centimètres environ; en supposant que la marche des alterations ait eu lieu dans la masse de granité proportionnellement au temps, on trouve (pie l’altération a dû commencer il y a environ 82,000 ans. On ignore, à la vérité, la marche de la décomposition du granité en masse, qui a dû être plus rapide dans les premiers temps qu’après, puisque les parties supérieures auront préservé celles qui étaient au-dessous. Dans ce cas , la loi serait une progression décroissante et donnerait encore un nombre plus grand que celui que nous avons trouvé. Au surplus, la manière dont le granité se décompose 11’a pas dû rendre aussi difficile qu’on pourrait le croire la décomposition des parties inférieures, puisqu’un des premiers effets de la décomposition étant de produire la désagrégation de ses parties constituantes, l’eau et l’air qu’elle transporte auront pénétré avec plus de facilité dans les parties inférieures que si la décomposition se fût opérée comme dans certaines roches, par une simple cémentation. Nous ne prétendons nullement donner comme définitif le nombre 82,000, attendu que la méthode employée repose sur des données qui ont encore besoin d’être examinées; mais nous pensons que c’est une de celles qui peuvent nous conduire le plus directement à la solution d’une question qui intéresse au plus haut degré la géologie.

Nous croyons avoir atteint le but que nous nous sommes proposé, en faisant connaître au lecteur toutes les données dont la science peut disposer pour expliquer

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les actions lentes en général, dans l’intérieur ou à la surface de la terre. Toutes les forces de la nature concourent à la production de ces actions; la chaleur, la lumière, l’électricité, les affinités, la capillarité, et même les forces organiques. Jadis on s’en occupait peu, parce qu’on n’avait pas cherché à analyser la part que chacune d’elles prend à l’effet général. Nous sommes bien éloigné de croire que nous ayons fait connaître toutes les causes qui interviennent ; mais nous avons indiqué du moins les moyens d’investigation à l’aide desquels on peut arriver à leur détermination. Notre ouvrage n’est donc pas à beaucoup près complet : aussi doit-on le considérer comme un cadre dans lequel viendront se placer les découvertes qui enrichiront successivement cette partie de la science. Un jour à venir, l’ensemble de toutes ces connaissances formera un corps de doctrine dont les sciences physiques, chimiques et physiologiques, tireront un grand parti pour leur perfectionnement réciproque.

Nous prions de nouveau le lecteur de ne pas attacher plus d’importance que nous ne l’avons faitaux théories que nous avons données pour lier ensemble toutes les observations. Nous avons voulu seulement rendre leur étude facile, et les accompagner d’aperçus philosophiques propres à engager les jeunes physiciens à cultiver une branche de nos connaissances scientifiques qui offre une source inépuisable de découvertes importantes. Nous espérons que les observations qu’ils voudront bien nous communiquer nous mettront à même de rectifier les erreurs qui ont pu se glisser dans un ouvrage qui, en raison de l’abondance des matières, a eu plus d’extension que nous ne voulions d’abord lui en donner.

Depuis la publication des quatre premiers volumes , la science électrique a été enrichie de découvertes importantes qui doivent trouver naturellement place ici ; aussi croyons-nous être agréable au lecteur en ajoutant un livre supplémentaire, dans lequel il trouvera l’exposé des principaux faits qui ont été observés.

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