CHAPITRE V
exerce une influence déterminante sur la production du phénomène, puisque le ligneux, l’oxalate de potasse, celui de chaux, l’acétate de chaux, donnent des quantités sensibles d’ammoniaque, tandis que les acétates de potasse et de plomb, le tartrate de potasse, le sucre, la cire, la résine , l’alcool et l’éther ne produisent aucun effet. Quant aux substances qui contiennent de l’azote, la quantité d’ammoniaque formée est d’autant plus grande que l’on a employé plus de potasse.
1 1 1 5. Nous devons faire remarquer que la chaux et la potasse bien préparées ne donnent point l’ammoniaque en les chauffant seules, mais qu’elles acquièrent la propriété d’en produire quand elles ont été exposées à l’air pendant quelques instants. On voit par là que la présence d’un alcali et d’une matière organique est une condition essentielle au succès de l’expérience. L’alcali agit trèsprobablement en aidant à la décomposition de la matière organique qui fournit l’azote à l’hydrogène provenant de la décomposition de l’eau.
Dans l’expérience ou l’on a fait agir du zinc, de la potasse contenant des traces de corps organisés, et de l’eau, il y a évidemment couple voltaïque, dont l’action sur le corps organisé aide à celle de la potasse.
i i î6. Parlons maintenant des actions spontanées qui donnent naissance à l’ammoniaque, et voyons jusqu’à quel point les observateurs se sont mis en garde dans leurs essais contre les effets précédents, pour constater son existence dans les divers cas que nous allons passer en revue.
Yauquelin a trouvé que la rouille qui se forme sur le fer, dans les maisons habitées, contient ordinairement des vapeurs ammoniacales. Il a constaté ce fait en chauffant la pièce d’essai dans un tube de verre fermé par un bout ou il avait introduit une bande de papier de tournesol rougie par un acide et mouillée. Dès l’instant que la matière fut chaude, une vapeur jaunâtre s’en exhala et changea en bleu la couleur rouge du papier.
Le même chimiste a avancé que la rouille qui se forme
86 FORMATION SPONTANEE DE l’aMMONIAQUE.
sur le fer dans l’intérieur des maisons absorbe les vapeurs ammoniacales qui s’y développent et les y retient assez fortement ; mais il n’est pas nécessaire d’avoir recours à cette explication pour démontrer l’existence de l’ammoniaque dans la rouille, attendu qu’elle se forme, comme nous l’avons dit précédemment, toutes les fois que l’eau réagit sur le fer au contact de l’air.
il 17. M. Chevalier a prouvé aussi, de la manière suivante, que le fer en s’oxidant au contact de l’eau et de l’air donne naissance à de l’ammoniaque. Ayant introduit de la tournure de fer, parfaitement décapée, dans de l’eau distillée renfermée dans un flacon dont l’ouverture plongeait dans le mercure, du papier tournesol rougi par un acide introduit 10 heures après dans le flacon a été ramené au bleu. Quelques jours après, l’eau ayant été saturée par l’acide hydro-chlorique, on a obtenu une quantité sensible de chlorure d’ammoniaque.
M. Chevalier a reconnu aussi la présence de l’ammoniaque dans différents minerais de fer, tels que le fer oligiste lamelliforme de file d’Elbe, la variété compacte de F ram ont, le fer oxidulé, le fer hématite, i’hyénite, le fer oxidé terreux, enfin dans le résidu des eaux de Pâssy après l’évaporation.
La présence de l’ammoniaque dans les oxides de fer naturel et les composés de ce métal est très-importante pour la géologie , puisqu’elle nous semble indiquer que ce£ oxides et ces composés proviennent de l’altération du fer par l’eau. Aussi ne craignons - nous pas d’ajouter d’autres preuves à celles que nous venons de donner.
M. Boussingault a expérimenté sur des minerais de fer nouvellement tirés de terre et sur les lieux mêmes, afin de montrer que la formation de l’ammoniaque 11e devait pas être attribuée au séjour prolongé de ces minerais dans les maisons habitées, ou l’on supposait qu’ils absorbaient des vapeurs ammoniacales.
Il opéra sur du fer oxidé hydraté, qui se trouvait en filons dans la mine d’or de Cumba. Le initierai fut traité avec de l’eau distillée renfermant un peu d’acide hydro-