CHAPITRE VII
platine en communication avec le pôle positif de la même pile. Des tubes desûreté tt sont placés dans les bocaux A, A' : la première tubulure de À , qui est fermée avec un bouchon, est destinée à introduire le carbonate de chaux nécessaire pour effectuer le dégagement du gaz acide carbonique; dans l’ouverture O passe, outre le tube de sûreté, un autre petit tube que l’on ouvre de temps à autre pour laisser sortir l’hydrogène. Quand l’appareil est bien Dite , on procède au dégagement du gaz acide carbonique, en même temps que l’on fait fonctionner la pile.
Voici ce qui se passe : le chlorure de calcium est décomposé, la chaux est transportée dans A', où elle trouve de l’acide carbonique avec lequel elle se combine; mais au lieu de cristalliser immédiatement sur la lame de platine, elle se dissout dans l’excès d’acide. Cet effet continue jusqu’à ce que l’eau acidulé soit saturée de chaux. La cristallisation commence alors sur la lame même du platine. L’action décomposante de la pile s’exerce également, quoique faiblement, sur le bicarbonate de cbaux; on a, d’une part, de l’acide carbonique et du carbonate de chaux, et de l’autre de l’acide carbonique et de la chaux. Mais cette dernière décomposition doit être excessivement faible, attendu qu’elle se produit au milieu d’un liquide chargé d’acide carbonique. La chaux n’est pas le seul corps qui soit transporté dans le bocal A'; l’hydrogène, qui provient de la décomposition de l’eau, s’v rend également. Ce gaz, en se dégageant autour de la lame de platine, agite le liquide et nuit à la cristallisation. Pour obvier à cet inconvénient on place au fond du vase de l’hydrate de cuivre, lequel se combine peu à peu avec l’acide carbonique. Ce nouveau carbonate est dissous, puis décomposé par le courant; l’hydrogène aide à la réduction du deutoxide de cuivre et ne trouble plus la cristallisation du carbonate de chaux; mais alors la lame de platine se recouvre de cuivre métallique ou de protoxide, suivant la force de la pile , et quelquefois même de carbonate bleu et vert de cuivre en petits tu-
ïlG DES CRIST. DE CHAUX CARB. SPATHIQUE, ETC.
hercules, quand son action est excessivement faible, et très-probablement aussi de double carbonate de chaux et de cuivre.
Les cristaux de carbonate de chaux, déposés sur la lame, sont des prismes quadrangulaires terminés par des sommets dièdres, forme incompatible avec le rhomboèdre primitif de la chaux carbonatée, mais qui appartient au système de l’arragonite. Quelques-uns des cristaux, après 20 jours d’expérience, avaient un millimètre de long. Examinés au microscope, suivant la méthode décrite auparavant, on a reconnu le clivage de l’arragonite. L’analyse qualificative n’a donné que de la chaux et de l’acide carbonique sans eau de cristallisation.
La matière chauffée à i 5o°, dans un tube de verre, n’a rien perdu de son poids. Un peu avant le rouge obscur, elle a pris une teinte grise et a répandu une légère odeur, puis elle est redevenue très-blanche : le résidu s’est dissous entièrement dans l’acide acétique faible. Chauffée au chalumeau avec du borax, elle a fondu en Un vert presque incolore ; ogl' i i5 ont été décomposés par l’acide sulfurique et chauffés au rouge obscur et ont donné o, i 5/j de sulfate de chaux, dans lequel on a constaté l’absence du fer, du manganèse, de la strontiane et de la silice. Cette analyse montre que la composition de cette chaux carbonatée est précisément la même que celle du calcaire ordinaire et de l’arragonite.
Lorsqu’on cherche à former i’arragonite , sans employer l’oxide de cuivre, le dépôt cristallise difficilement, comme nous l’avons déjà fait observer, parce que l’hydrogène cause de l’agitation dans le liquide. On ne peut donc décider ici si la présence d’un métal est ou non une des causes influentes de la cristallisation de la chaux carbonatée dans le système prismatique.
§ III. Des cristaux de chaux cai honatée spathique et cl’ arragonite de formation moderne.
1175. A. Carlsbad, en Bohême, il se dépose journel-