CHAPITRE VIII. l
§ III. De la dissolution du sulfate de baryte et du stéaschiste dans les eaux acidulés carbonatées.
j 189. M. Fournet, pendant qu’il dirigeait l’exploitation de la mine de plomb argentifère de Pontgibaud, a eu occasion de constater un fait qui n’est pas sans intérêt pour les personnes qui s’occupent des altérations des roches.
Dans le filon du Pré, au-dessous de Barbecot, les mi* neurs furent obligés d’arrêter les travaux de recherche par un jet d’eau extrêmement violent, auquel un coup de poudre venait de donner une issue. L’eau était chargée d’acide carbonique tellement condensé qu’il fut impossible de pénétrer dans la galerie pendant plusieurs jou rs.
L’eau qui sortit dans les premiers moments était surchargée d’une matière blanche qui était tenue en suspension. Cette matière fut remplacée ensuite par des dépôts ferrugineux.
M. Fournet, aussitôt qu’il fut possible de s’avancer dans la galerie, reconnut que cette eau sortait d’une masse de baryte sulfatée caverneuse. Les parois en étaient altérées et même cariées à un tel point que la texture cristalline de la baryte sulfatée avait été mise à nu comme dans le moiré métallique. Dès lors il fut démontré que le sulfate de baryte était décomposé par les bicarbonates des eaux minérales de la même manière que le sulfate de plomb est attaqué par le bicarbonate de potasse.
Il fut constaté aussi que des fragments de stéaschiste, qui étaient empâtés dans le sulfate de baryte, avaient éprouvé l’action dissolvante des eaux acidulés: il ne restait plus, dans quelques parties, que des grains quartzeux.
Ces observations sont, comme nous l’avons déjà dit, d’une grande importance pour les phénomènes géologiques.