‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 104 sur 141 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

attendu que chacune des causes supposées peut avoir concouru, suivant les circonstances, au remplissage des diverses sortes de filons. Ils regardent comme certain , par exemple, que les filons qui renferment des débris de roche constituant les assises supérieures des terrains qu’ils traversent et de corps organisés, ont été remplis par leur ouverture supérieure ; mais il n’en est plus de meme pour les filons dont les salbandes et les épontes sont intimement liées ensemble. Dans ce cas, on a été obligé de supposer que la formation de la roche, celle du filon et son remplissage, ont été presque contemporains. Quand on voit des amas cristallisés de diverses substances au milieu de rocbe également cristallisée, enveloppés de toute part par elle , de manière à ce qu’on ne puisse dire qu’ils aient été introduits dans les cavités qu’ils remplissent ni par en haut, ni par en bas, on est porté alors à considérer le filon comme une fente ouverte au milieu d’un magma cristallin, pénétré encore de la dissolution en état de précipitation et déposant dans cet espace, moins saturé ou moins épais, des parties d’une structure et d’une nature un peu différente de celle du reste de la rocbe.

Quand les épontes des filons sont tapissées de matières siliceuses , calcaires ou métalliques, disposées par lits onduleux et parallèles entre eux et aux salbandes, on ne peut admettre que le remplissage s’est opéré au moyen d’une dissolution arrivant par en haut et déposant des couches épaisses d’une matière aussi peu dissoluble par les agents que nous connaissons. La cause qui a pu produire ce mode de remplissage est encore inconnue.

Il est encore un autre mode de remplissage dont on n’a pu donner une explication satisfaisante, c’est celui qui a constitué les filons qui renferment des sulfures métalliques déposés en houppes cristallines sur toutes les parties du filon en saillie, et des corps décomposables dans toute dissolution aqueuse, tels que les sulfures et

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les arseniures métalliques, et même qui ne peuvent supporter une température élevée sans voir leurs parties constituantes séparées, à moins d’admettre 1 action d une pression considérable.

D’après l’exposé que je viens de présenter, on peut regarder à peu près comme certain que les filons n’ont pas été produits par une cause unique et générale et que plusieurs causes ont quelquefois concouru à leur formation.

En étudiant les filons, on est parvenu à déterminer leur âge relatif en partant de ce principe que les filons coupants sont nécessairement plus nouveaux que les filons coupés. Je dois ajouter qu’en général les filons les plus anciens se trouvent dans les terrains primordiaux; que dans ces filons la gangue et le minéral adhèrent fortement â la roche, que la première participe souvent de la nature de celle-ci, et que le second se trouve aussi disséminé dans la roche même à peu de distance du filon. Ces filons anciens ont en général peu de puissance, renferment moins de minerais et de substances cristallisées que les autres. Les plus puissants et les plus étendus sont ceux qui traversent les schistes et les calcaires de transition et qui sont les moins anciens. Ces terrains renferment aussi de grandes cavités qui pi’ésentent ordinairement des caractères opposes à ceux des filons anciens.

Les minéraux que l’on trouve dans ces derniers, soit seuls, soit avec des métaux, sont le feld-spath , le quartz, le mica, l’amphibole, la topaze, le béril, le mica la chlorite, la chaux fluatée, la chaux phosphatée , etc.

Les filons les plus modernes renferment du calcaire spathlque, de la baryte sulfatée et carbonatée, de l argile lithomarge, de l’agate, du talc, etc.

Quant aux minerais métalliques, les observations qui ont été faites jusqu’ici montrent qu’ils peuvent être rangés dans l’ordre suivant, dans les terrains les plus an-

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