CHAPITRE SIXIÈME
l'adhérence des molécules ou bien dissous quelques-unes des parties constituantes qui avaient disparu, et que cette alteiation était produite par l’action des acides qui se trouvaient dans la dissolution à laquelle le remplissage des filons devait naissance.
^ Suivant Werner , ces décompositions proviennent de
I action de deux acides différents; la première se montre dans les montagnes de granité et de gneiss où le feldspath seul a été décomposé et a produit le kaolin. Il attribue cette altération à facide carbonique.
La seconde espece de décomposition a beu particulièrement dans les filons considérables sur le feld-spath, le mica et même l’amphibole. Il la regarde comme l’effet de 'l acide sulfurique, attendu qu’il l’a obsei'vée principalement dans les beux ou il y a beaucoup de pyrites.
II pense que l’acide arsenique produit dans la roche une altération semblable à celle qui est due à l’acide sulfurique.
Quant aux alterations que la masse des filons peut" avoir éprouvées dans la suite des temps, il reconnaît que cela est arrivé en plusieurs endroits. La masse du filon ou fun des minéraux qu’elle renferme a pu être entièrement décomposée, soit par une dissolution qui s’est introduite dans le filon , soit par l’action de l’air atmosphérique qui y aura pénétré ou par celle de l’eau qui aura filtré à travers le terrain et la rcdie.
Le paieilies tiansformations , dit-il, ne produisent que des ocres et des oxides métalliques, très-rarement des métaux vierges, peut-être et uniquement du cuivre, jamais des minerais proprement dits. Parmi les pierres^
! le spath fluor paraît susceptible d’une pareille décomposition et l’avoir éprouvée quelquefois.
|§ IL Modifications que les filons de P ont-Gibaud ont
éprouvées ; divers exemples de décomposition,
M. Fournet, qui a dirige pendant plusieurs années les : mines de plomb argentifère de Pont-Gibaud, a fait des
494 MOmF. ÉPR. PAR LES FILONS DE PONT-GIBAUD.
observations intéressantes sur les filons de cette contrée et les changements qu’ils ont éprouvés à diverses époques. Le résultat de ses recherches a été consigné dans un Mémoire présenté en i833 à l’Académie des sciences, lequel a pour titre : Des divers accidents et des formations successives qui ont produit d état actuel des filons des environs de Pont-Gd?aud.
Les roches primitives de cette contrée renferment une multitude de fissures ou filons, dont les unes ont servi de réceptacle aux fragments des roches voisines et aux substances métalliques et terreuses venues de l’intérieur et de l’extérieiji', et dont les autres ont donné issue à des matières volcaniques ou à des cours d’eau. Ces filons renferment à peu près les mêmes substances, savoir : de la galène, du cuivre pyriteux, de l’antimoine sulfuré.
Le terrain qui encaisse les filons varie dans sa composition; sur les plateaux, il est formé particulièrement de schiste micacé, tandis que, dans les vallées profondes, il renferme des roches qui sont plus magnésiennes.
Il existe, comme en Cornouailles , des différences dans les minéraux qui remplissent les filons, suivant qu’ils traversent telle jOU telle roche encaissante. A Pont-Gibaud, le schiste micacé et le straschiste sont les roches métallifères par excellence. Les granités à petits grains sont pauvres. Toutes les variétés de ces roches éprouvent une altération qui les fait passer à des teintes' vertes ou jaunes plus ou moins prononcées. La décomposition des pvrites qu’elles renferment donne naissance à des efflorescences magnésiennes ou vitrioliques.
Le granité à petits grains forme de gros amas saillants ou des filons dans les vallées, par suite de la décomposition des roches schisteuses environnantes; il éprouve lui-même des altérations par le passage du feld-spath à l’état de kaolin.
11 a trouvé que les filons ont été remplis de deux manières par des fiagments anguleux, des roches voisines venues de la surface du globe et par des sources qui cmt surgi de l’intérieur. Il combat l’opinion des géologues