‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 115 sur 141 · DECOMPOSITION DU FER SPATHIQUE · texte numérisé non relu

DECOMPOSITION DU FER SPATHIQUE

fait terreuse, et ne paraît renfermer que de l’hydroxlde de fer.

Dans le Daupliiné, surtout à Allevard, on voit apparaître quelquefois, au-dessus des terrains qui renferment du fer spathique, des flammes qui portent le nom d’essorements. Ce phénomène a été observé par un si grand nombre de personnes, que je crois devoir en faire mention ici en le décrivant tel (ju’on me fa rapporté, sans en garantir autrement l’authenticité. La hauteur de ces flammes est quehjuefois considérable. Là ou elles se montrent, on a{>ereoit des fissures, et si le phénomène se produit dans l’hiver, la neige est fondue à l’entour. En pénétrant dans le sol , on reconnaît que le minerai est fortement altéré; aussi les habitants d’iVllevard regardent-ils la présence de ces flammes comme un indice d’un gîte riche en fer spathique.

Ce phénomène, si toutefois il existe, doit être attribué a la décomposition des masses considéi’ables de fer spathique qui se trouvent dans cette contrée.

(ie minerai, qui renferme toujouis des carbonates de manganèse et de magnésie en divei’ses proportions, est d un blanc un peu blond ; il pi’end assez promptement une teinte jaunâtre ou brune par l’eTfet d’une décomposition , et se change en un mélange de peroxide et d’hydrate de peroxide. Il paraît, comme l’a avancé le premier M. Berthier, que le fer et le manganèse, en se suroxidant et se changeant pour la plus grande partie en hydrate, abandonnent leur acide carbonique, qui se porte sur le carbonate de magnésie et le transforme en bicarbonate soluble que les eaux entraînent facilement.

Le résultat de la décomposition du fer spathique nous annonce donc une oxidation et une formation d’hydrate, et par conséquent la [irésence de l’eau ; dès lors, ne pourrait-on pas admettre qu’une portion de cette eau a été décomj)osée pour oxider le fer, et que l’hydrogène est devenu libre ? Mais, comme ce gaz n’a pu se dégager qu’après avoir acquis une tension suffisante pour vaincre la résistance que lui présentaient les roches adjacentes, il

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