‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 2 sur 141 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les ouvrages publiés récemment sur la physique renferment aussi les principaux faits dont se compose aujourd’hui cette science ; mais leurs auteurs n’ont pu exposer avec les détails convenables les découvertes modernes, en raison de leur étendue. Le traité de physique de M, Biot a rendu particulièrement un grand service, en faisant connaître les travaux de Coulomb, relatifs aux lois suivant lesquelles s’exercent les actions électriques et s’opère la distribution du fluide électrique sur la surface des corps. On n avait avant c|u une idée très-imparfaite des travaux de cet habile physicien, car à l’époque où ils parurent, on n’apprécia pas d’abord toute leur importance. M. Poisson en a rehaussé le mérite en établissant des formules générales qui représentent les faits observés avec une exgrand eactitude. Cet heureux accord entre les résultats de l’expérience et ceux du calcul, en illustrant le physicien et le mathématicien, a prouvé que l’on possédait maintenant une statique électri pie qu’aucun fait ne saurait détruire.lM. Ampère, en suivant une marche semblable,en s’appuyant sur la découvertefondamentaled’OErsted et sur d’autres qui lui sont propres, a jeté les bases de l’électricité dynamique.

Je diviserai cet ouvrage en deux parties : la première renfermera les propriétés générales du principe électrique quandil est en repos ou en mouvement, ainsi que celles relatives au magnétis-me ; la seconde présentera leurs rapports avec les affinités chimiques et leurs applications à la phosphorescence, aux actions spontanées et à d’autres phénomènes dont l’o-

Rigine parait être electrique.

J’ai cru convenable de faire précéder cet ouvrage

INTRODUCTfOJY. 3

d’un précis historique sur l’électricité et le magnétisme, afin de présenter au lecteur, dans un seul cadre, tous les faits dont se composent ces deux sciences , rangés à peu près suivant l’ordre de leur découverte; il pourrra ainsi saisir facilement les rapports qui les lient tous. Cetle notice sera divisée en trois périodes : la première comprendra tout ce qui a été fait depuis Thalès jusqu’en 1790, époque de la découverte du galvanisme.

La deuxième, toutes les observations depuis cette dernière époque jusqu’à 1820, année de la décou* verte de l’électro magnétisme.

La troisième s’étendra jusqu’à ce jour.

Je me suis efforcé de réunir le plus de faits qu’il m’a été possible, et de présenter, sous un meme point de vue, les phénomènes les plus importants qui se rattachent aux proj)riétés générales du principe électrique, soit qu’on le considère ou non comme puissance génératrice de la chaleur, de la lumière, du magnétisme et des actions chimiques; j’ai été forcé par là d’exposer, avec de grands développements, tout ce qui est relatif au dégagement de l’électricité et à ses eflets physiques et chimiques.

Je ne puis me flatter de n’avoir fait aucune omission , car les faits sont si nombreux et épars dans un si grand nombre d’ouvrages et de recueils scientifiques , qu’il peut très-bien se faire que des observations importantes m’aient échappé; mais cet oubli n’aura jamais été volontaire.

Je me suis tenu en garde, autant que possible, contre l’esprit de système qui, dans certaines limites, conduit quelquefois à d’heureux résultats, mais qui

INTROÜtlCTlON".

ne peut qu’égarer quand on y attache trop d’importance. Ij’expérience a donc été constamment mou guide, et si j’ai émis quelquefois des idées théoriques, je ne les ai considérées que comme des échafaudages propres à classer les faits pour en facihter 1 étude. Je crois que l’on ne doit pas rejeter entièrement une marche semblable; car lorsqu’on crée des systèmes, dans l’espoir d’expliquer des phénomènes, les eiforts que l’on tente pour en démontrer l’exactitude, conduisent souvent à des faits nouveaux qui servent plus tard de points de repère àd’autres observateurs, pour reculer les limites de nos connaissances. Voilà, en général, comme marchent les sciences d observation.

J’ai évité le plus possible d’introduire des calculs qui eussent entravé la marche de l’ouvrage. Cependant j’ai toujours eu rattention de placer à côté des résultats de l’expérience, ceux qui sont déduits de l’analyse mathématique, pour que l’on pût juger jusqu’à quel point celle-ci représentait la véritable théorie. La première partie de l’ouvrage est seule accessible à l’analyse, excepté cependant ce qui est relatif au dégagement de l’électricité; quant à la seconde, les phénomènes sont si compliqués que leur mise en équation dépasse les ressources dont l’analyse peut disposer jusqu’ici.

L’éiectro-chimie en est un exemple : les faits qui s’y rapportent varient en raison de circonstances si fugitives, qu’il est souvent impossible d’apercevoir toutes les causes qui concourent à l’effet général; mais si un jour un physicien avait le bonheur d’en découvrir toutes les lois , il aurait fait le premier pas pour pénétrer dans le sanctuaire de la nature ; il

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