‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 71 sur 141 · INFL. DU MAGNS^T. SUR LES ACTIONS CHIM · texte numérisé non relu

INFL. DU MAGNS^T. SUR LES ACTIONS CHIM

la dissolution nitrique. Il paraît qu’elles furent faites en 1817 (i), avant la découverte d’OErsted. M. Muschman en conclut à cette époque l’identité du galvanisme et du inagnétisine. Suivant lui, toute dissolution était le résultat d’un effet galvanique; le métal précipité s’emparait de l’électricité mise en liberté, et se portait, pour s’en dégager, à l’endroit où devait se trouver l’électricité opposée, qui était le pôle nord. Il ne publia pas cette hypothèse, tant U la trouva prématurée; mais il en fît part seulement à ses amis, MM. Hansteen et Reiser, et à M. OErsted. Il y ajouta qu’à Rœnisberg, on trouve de l’argent sous fprme métallique, qui s’étend du nord au sud, et la presence de ce métal est toujours annoncée par une certaine quantité de pyrites et de blendes. Il a étp porté en conséquence à supposer que l’argent avait été primitivement uni au soufre, et que, par le seul effet du magnétisme terrestre, il avait été transporté vers le cuivre et le zinc.

M. Hansteen (2) confirma les mêmes expériences , dans une lettre adressée a M. Gilbert, en date du 22 janvier 182t. Suivant lui, il prétend que l’arbre de Diane se développe avec plus de force lorsque le tube est placé dans le inéridien magnétique, que lorsqu’il est dirigé de l’E. à l’O. L’arbre de Diane s’élève plus haut dans la branche nord que dans la branche sud, et v présente aussi un éclat plus vif que dans l’autre. Dans*^le cas où de nouvelles expériences viendraient confirmer ces faits, il faudrait en conclure que la force magnétique a aussi des effets chimiques. M. Hansteen rapporte encore, dans cette lettre, qu’il remit une note sur ces phénomènes à M» OErsted, en 1819.

Fresnel fit quelques expériences dans le but de décomposer l’eau par un aimant (3). Il eut l’idée qu’il pourrait se produire un courant électrique dans une hélice électro-

(?) de Ch. et de Phys. , t. xxxyiiî, p. 204.

(2) Idem , t. XXXVIII, p. 206.

(3) Idem^ t. xv, p. 219.

3® p:ériode, chapitre second. 383

dynamique, dans laquelle on introduirait un barreau aimanté. A. cet effet il enveloppa un barreau aimanté d’une hélice en fer à cheval, en ayant l’attention de recouvrir l’aimant de soie; les deux bouts du fil plongeaient dans de l’eau légèrement acidulée. Ces trois premières expériences parurent lui confirmer ses conjectures ; aussi annonça-t-il à l’Académie des sciences, dans la séance du 6 novembre, qu’il avait obtenu des signes assez certains de l’action galvanique produite par l’influence des aimants; mais il observa depuis des anomalies nombreuses dont il ne put découvrir la cause, et qui lui firent regarder comme douteux ce qui lui avait d’abord paru certain. Ce qui l’avait frappé le plus dans la seconde expérience, ce fut de voir l’extrémité du fil qui devait jouer le rôle de fil positif, s’oxider fortement, tandis que l’autre extrémité conservait son éclat métallique , et cela pendant une semaine entière. L’extrémité négative s’était couverte d’un dépôt salin , qu’il soupçonna être du sulfate de chaux, lequel dépôt avait préservé le fil de l’oxidation.

L’abbé Rendu (i), professeur de physique à Chambéry, annonça qu’en prenant un tube recourbé en V, le remplissant d’une teinture de chou rouge et plongeant dans chaque branche un fil de fer, en communication chacun avec Tun des pôles d’un aimant, un quart d’heure après, la couleur de la teinture devient d’un beau vert dans les deux branches, tandis que la liqueur, abandonnée à l’action spontanée, devient rouge.

M. Erdman(2) s’est beaucoup occupé de l’influence que peut avoir le magnétisme sur les actions chimiques; toutes les expériences qu’il a faites à ce sujet l’ont conduit à un résultat négatif; ainsi il regarde les effets chimiques que l’on a attribués à rinfluence des aimants comme dus à d’autres causes, dont les observateurs ne se sont pas garantis.

(1) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxxviïi, p. 196.

(2) Bibl. imiv. , t. xlii, p. 96.

384 INFL. du magnét. sur les actions chim.

M. Ampère tout récemment a avancé que les effets chimiques que l’on a attribués, clans quelques cas, à l’actioii des aimants, pourraient bien provenir des courants que ces mêmes aimants développent par influence. Il a fait l’application de son principe à la décomposition de l’eau que Fresnel avait cru un instant avoir produite avec des aimants. Il dit que les courantspar induction étant instantanés, ne peuvent produire de décompositions; mais les variations d’intensité du magnétisme des barreaux, qui ont lieu en raison des changements continuels de température, peuvent produire un effet semblable à celui que l’on obtient quand l’on approche et que l’on éloigne successivement un aimant des fils de métal. Yoilà comment il explique la continuité du courant et celle de l’action chimique qu’il produit.

Morichini avait annoncé que la portion violette du spectre était capable d’aimanter une aiguille d’acier; mais jusqu’ici les expériences que l’on a faites pour constater ce fait ont été souvent contradictoires. Le procédé employé par le physicien italien consiste à prendre une aiguille à coudre sans magnétisme, dont on enveloppe une moitié avec du papier, et à exposer ensuite la portion découverte aux rayons violets; l’aiguille acquiert le magnétisme.

M*”*" Sommerville (i) en 1826,611 présence de Wollaston, répéta l’expérience avec succès. J\I. Zantédeschi(2) obtint les mêmes résultats.

M. Christie (3) admit aussi que les rayons solaires possèdent la propriété magnétique, après qu’il eut fait osciller des aiguilles aimantées à l’ombre, au soleil ou dans des rayons colorés; mais on ne voit pas que ce physicien ait tenu compte des effets produits par les différences de température.

(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxxi, p. 398. (1) Bibl. nniv., t. xli, p. 64.

(3) Idenif t. xxxiv, p. 191 et t. xlt, p. 52,

y PÉRIODE, CHAPITRE SECOND. 385

M, Baungartner (i), à Vienne, a annoncé que la lumière blanche directe du soleil peut aimanter l’acier, quand l’aiguille qui est soumise à son action présente des places alternativement brillantes et oxidées.

D’autres physiciens n’ont obtenu aucun résultat. Je citerai particulièrement MM. Ries et Moser (2), qui ont trouvé qu’en prenant toutes les précautions possibles pour se garantir de l’action du globe, on ne pouvait jamais parvenir à aimanter une aiguille d’acier.

M. Barlocci (3) annonça également que l’on pouvait faire naître des contractions dans la grenoudle en mettant en contact deux disques, dont l’un , communiquant avec les muscles de l’animal, était placé dans les rayons rouges, et l’autre, placé sur les nerfs, se trouvait dans les rayons violets. Mais' il est probable que l’observateur n’a pas tenu compte, dans cette expérience, des impuretés qui se trouvent sur les surfaces des métaux, et qui sont suffisantes, comme nous l’avons vu, pour exciter la grenouille. S’il se fût mis en garde contre cette cause d’erreur, il aurait été conduit à une autre conséquence que celle qu’il a tirée de ses expériences.

Je ne dois pas oublier de parler d’un phénomène singulier qui a été découvert, il y a quelques années, par M. Lebaillif (4), et qu’on n’a pas encore pu expliquer. On suppose qu’il a une origine électro-magnétique. Ce phénomène est l’action répulsive qu’éprouvent les pôles d’une aiguille aimantée, délicatement suspendue, de la part de petits morceaux d’antimoine et de bismuth qui en sont placés à peu de distance.

M. Auguste Delarive a avancé l’idée que cette répulsion pourrait bien être due au développement des courants par influence produits dans ces deux métaux par le magnétisme de l’aiguille aimantée, d’où résulterait

(ï) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxxiii, p. 33 J.

(2) Idem , t. XLii , p. 3o4.

(3) Bibl. univ., t. xlii, p. ii.

(4) Bibl. univ., t. lx, p, 82.

une répulsion ; mais ce n’est encore là qu’une hypothèse un peu gratuite, comme son auteur la considère luimême.

§ VI. Recherches relcitwes au magnétisme terrestre.

Dans cette période, on a continué à apporter plus de précision dans les expériences relatives au magnétisme terrestre; les obsei'vations de déclinaison et d’inclinaison ont été faites en renversant les pôles de l’aiguille aimantée, et l’on a eu égard aux changements de température dans la durée de chaque expérience. Toutes les observations ont été discutées avec soin, et l’on en a tiré des conséquences générales d’une grande importance. On va en juger par l’exposé qui suit :

M. Arago(i), au nom d’une commission de l’Institut de France, a fait un rapport sur le voyage de découvertes exécuté par la corvette la Coquille ^ dans les années 1822, 1828, 1824 et 1825, sous le commandement de M. le capitaiiîe Duperrey. On y trouve entre autres des réflexions d’un grand intérêt sur le déplacement probable de l’équateur magnétique.

La Coquille ayant coupé six fois l’équateur magnétique, on a pu déterminer directement la position de deux de ses points, cjui sont situés dans l’Océan Atlantique ; sur la carte de M, Morlet, les latitudes dés points de la ligne sans inclinaison , cjui correspondent aux mêmes longitudes, sont plus considérables de 43' et 5o'. M. Arago en a conclu que l’équateur magnéticjue semble s’être rapproché de l’équateur terrestre des mêmes quantités. La carte de M. Hansteen offre les mêmes différences.

Dans la mer du Sud, près de la côte d’Amérique, M. Duperrey a trouvé deux points de l’équateur niagnéticjue dont il a déterminé les coordonnées. Sur les cartes

(1) Annal, de Ch. et de Piiys., t. sxx, p. 3à7.

de MM. Hansteen et Morlet, les latitudes de ces points sont d’environ un degré plus petites, mais la différence est en sens contraire de celle qui a été trouvée dans l’Océan Atlantique. Il résulte de là que, près des cotes du Pérou, l’équateur magnétique paraît s’être éloigné de l’équateur terrestre.

M. Duperrey a trouvé, pour les deux points situés dans la partie boréale et qu’il a déterminés directement, des latitudes qui sont plus grandes que sur les cartes qui représentent l’équateur de 1780. D’après cela, dans la partie de l’Océan Équinoxial qui correspond aux Carolines et aux îles Mulgraves, la ligne sans inclinaison semble donc s eloigner maintenant de l’équateur magné* tique. M. Arago pense que, pour expliquer de semblables variations, on peut admettre que l’équateur magnétique est doué d’un mouvement de translation qui le transporte d’année en année, progressiveTnent et en masse, de l’orient à l’occident. Depuis 1780, on ne peut guère évaluer la rétrogradation des nœuds au-dessous de 10^, afin de pouvoir expliquer les cbangements observes dans les latitudes. Il a chercbé à démontrer la rapidité de ce déplacement, en comparant les résultats obtenus par MM. Morlet et Hansteen avec les observations directes recueillies par MM. Duperrey et Freycinet.

M. Arago (j) a donné un supplément à son article sur les aurores boréales , dont nous avons déjà parlé. Il a remarque, comme nous l’avons vu, que les aurores boréales qui sont visibles seulement en Amérique, à Pétersbourg et en Sibérie, malgré la distance immense qui nous sépare de ces régions , dérangent notablement 1 aiguille aimantée de Paris. Les aurores de 1 beinispbere austral produisent-elles également quelque effet? JM. Arago avait d’abord cru pouvoir répondre affirmativement à cette question, d’après diverses observations d’aurores boréales qui lui avaient été coin-

(i) Annal, de Ch. et de PhyS( , t. xlv, p. 4o3.

muniquées par M. Simonoff; mais il a reconnu depuis que les jours où le navigateur russe voyait des aurores vers le pôle sud, le phénomène se montrait au nord. Ainsi donc ses observations ne peuvent mener à aucune conséquence.

Nous devons à M. Kupffer(i) des recherches intéressantes sur les variations de la durée moyenne des oscillations horizontales de l’aiguille aimantée, et sur plusieurs questions relatives au magnétisme terrestre. Les observations ont été faites deux fois par jour, à 8 heures du matin et à 6 heures du soir, avec une boussole disposée de manière à avoir toujours les mêmes déviations. Il a rapporté toutes ces observations à la même température, afin de les rendre comparables entre elles, et en a déduit ainsi la durée moyenne d’une oscillation horizontale de l’aiguille aimantée à Rasan, depuis octobre 1825 jusqu’à novembre 1826. Suivant cet habile observateur, il est probable que la durée des oscillations augmente ou diminue uniformément de mois en mois.

Ayant pris les moyennes entre les observations du matin et celles du soir, il en a conclu que la durée moyenne d’une oscillation horizontale de l aiguille aimantée atteint son maximum vers la fin de lété, au mois de septembre ou d’octobre, et son minimum en hiver^ vers le mois de février 5 que les variations diurnes de cette durée sont plus grandes en été qu’en hiver et que, d’une année à l’autre, cette durée n’a presque point changé à Rasan.

Ces observations s’accordent assez bien avec celles de M. Hansteen, qui n’a pas eu égard à la température, si ce n’est cependant que ce dernier a trouvé une augmentation de la durée des oscillations entre une annee^et 1 autre.

Il a cherché si aux variations de la durée moyenne d’une oscillation correspondaient aussi des variations dans l’intensité du magnétisme terrestre; plusieurs considérations lui ont fait supposer que les premières , dans

(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xxxv , p. 225.

le même endroit , sont dues presque uniquement aux variations de Tinclinaison, et que celles qui sont relatives à l’intensité, y entrent pour peu de chose; il en résulte, ajoute-t-il, que l’inclinaison magnétique de Kasan doit atteindre son maximum en été et son minimum en hiver. Leur plus grande différence est de 2 minutes et demie à peu près et elles ne changent presque pas d une annee à l’autre.

M. Arago ayant trouvé que l’équateur magnétique avait probablement un mouvement de translation de lest à l’ouest, M. Morlet est parti de là pour expliquer les variations qu’éprouve l’inchnaison de l’aiguille aimantée, d’année en année, dans divers lieux de la terre.

Quanta la déclinaison, on n’a pas de données aussi certaines sur les causes générales de ces variations, quoique nous connaissions leur marche. On sait seulement qu’il existe des lignes ou la déclinaison est nulle; nous en avons indiqué le cours dans la seconde période. Nous avons dit aussi qu’il existait une ligne de cette nature dans la partie orientale de la Russie. M. Rupffer en indique la direction. Cette ligne passe a l ouest de Kasan. Les points qui sont situés à l’ouest ont une déclinaison occidentale, tandis que ceux qui se trouvent à l’est ont une déclinaison orientale. La ligne qui se trouve dans le nord de l’Amérique présente le meme phénomène, mais en sens inverse. Il existe encore une ligne sans déclinaison qui passe près d’Irkouzlk en Sibérie; mais, ici, en s’avançant vers l’est, la déclinaison redevient occidentale et ne change pas de signe.

M. Kupffer rapporte encore, d’après les observations les plus récentes de MM. Angion et Wrangel sur la côte nord-est de la Sibérie, que toute cette côte a une déclinaison orientale, et que la déclinaison, sur le même parallèle, diminue si régulièrement de l’E. à l’O., qu’il est probable que le point ou la déclinaison est nulle , se trouve à peu près sous le méi'idien d’Irkouzlk.

Après avoir l’appelé que la ligne sans déclinaison qui se trouve maintenant en Amérique passait autrefois par

Sqo recherches relat. au magnét. terrestre.

Paris et par Londres, et qu’elle a un mouvement progressif vers rO. très-considérable, il ajoute que la ligne sans déclinaison qui passe près de Rasan présente le même phénomène. En comparant le mouvement progressif des lignes sans déclinaison, avec le mouvement de l’équateur magnétique qui s’exécute dans le même sens, il pense que l’on doit admettre qu’il existe une liaison entre ces deux phénomènes. Suivant lui, la ligne sans déclinaison ne règle pas seulement les déclinaisons des points qui l’avoisinent, mais aussi la grandeur des variations de leurs inclinaisons; car les observations qu’il rapporte tendent à prouver que les variations de l’inclinaison de l’aiguille aimantée sont très- petites à Rasan, dans un point qui est très-rapproché de la ligne sans déclinaison, tandis qu’elles sont assez considérables à Christiania, d’après les observations de M. Hansteen. Ce ne sont encore là que des hypothèses, que M .Ruplfer reconnaît comme telles.

M. Hansteen, dans son travail sur la position des pôles magnétiques, n admet pas que l’équateur magnétique et les lignes sans déclinaison aient un mouvement progressif vers l’ouest; il leur assigne au'contraire un mouvement vers l’est. M. Rupffer ne regarde pas la méthode dont il s’est servi pour déterminer la position des pôles magnétiques, comme étant à l’abri de toute objection, attendu que l’on ne peut faire usage, pour cette détermination, que des observations recueillies très-près des pôles, telles que celles qui nous ont été rapportées par les navigateurs anglais, les premiers qui aient entrepris un voyage dans ces régions. Il fait remarquer que ces observations ne peuvent servir qu’à déterminer la position et non le mouvement du pôle magnétique. M. Rupffer pense qu’il existe un trop gi’and nombre d’observations qui tendent à prouver que les actions magnétiques de la terre émanent de points très -rapprochés de son centre, pour que l’on puisse adopter des pôles magnétiques très -près des pôles terrestres. Il lui paraît plus naturel de supposer, d’après l’observation de M. Arago,

3^ PÉRIODE, CHAPITRE SECOND. SqI

que toute la masse de la terre est magnétique, et que ia terre agit a cet egard, à peu près comme un sphéroïde eu fer doux, dont les actions magnétiques semblent également emaner du centre.

M. kupffer signale des phénomènes magnéticpies qui méritent toute 1 attention des physiciens. Nous avons , déjà vu quhl existe des variations subites ( t ii régulières, qui sont liées aux apparitions des aurores boréales, et que la cause qui produit ces anomalies s’étend très-loin. ]\I. Ivupifer, ayant fait oscillei 1 aiguille pendant qu elle s écartait ainsi de sa position oïdinaire, n’a pu remarquer aucune dillerence sensible entre la durée d’une oscillation dans ce moment, ou dans tout autre. Il en excepte cependant quelques cas ou 1 écart a été fort considérable; mais ce qu il y a de remarquable, c’est que lorsque l’aiguille s’écartait vers l’est , la durée d’une oscillation était plus grande qu a loidinaire , tandis que, le ‘i[\ novemnre ibaS, loisquel aiguille s’écartait vers 1 ouest , elle était plus petite. .0 un autre côté, l’inclinaison magnétique étant dans le rapport de la durée des oscillations, les observations précédentes semblent donc prouver que rinclinaison diminue lorsque l’aiguille s’écarte vers l’ouest, et quelle s’accroît lorsqu’elle marche vers 1 est.

Les résultats que je viens de rapporter montrent que M. Kupffer s’occupe des questions les plus délicates relatives au magnétisme terrestre.

Nous avons déjà vu que, pour expliquer les diverses manifestations de la Tbarge magnélicjue du globe, on avait été obligé de multiplier les pôles magnétiques; cet inconvénient a fait sentir la nécessité de déterminer avee le plus grand soin tous les éléments numériques, relatifs à la force magnétique en un grand nombre de points de la surface, abii de fournir les moyens aux géomètres de nous débarrasser de cette complication de pôles magnétiques. C’est dans ce but que M. de ITumboldt a présenté dans un meme cadre toutes les observations relatives à l’inclinaison de 1 aiguille aimantée

39^^ RECHERCHES RELAX. AU MAGNÉT. TERRESTRE.

et au decroissement de l’intensité des forces magnétiques des pôles à l’équateur magnétique, qu’il a faites pendant trente-deux ans (i).

^ Toutes ces observations sont divisées en trois groupes: le premier renferme le système des inclinaisons et des forces, depuis 1798 jusqu’en i8o3, en Espagne, aux lies Canaries, dans l’Océan Atlantique, dans la mer Equinoxiale, au nord et au sud de l’équateur; le second embrasse les observations faites en i8o5 et 1806, en France, en Italie, en Suisse et en Allemagne; dans les années 1826-1829, en Allemagne, en Prusse, et dans la Russie européenne, sur les bords de la mer Caspienne et dans le nord de l’Asie, entre l’Oural, l’Altaï, la steppe des Rirghises et les frontières de la Chine.

Les observations du premier groupe ont servi aux calculs d’après lesquels MM. Biot, Hansteen et Morlet ont fixe a différentes époques la position de l’équateur magnétique, et à la découverte, dont nous avons déjà parlé, de la loi d’après laquelle l’intensité des forces magnétiques varie à différentes latitudes, de l’équateur aux pôles.

Toutes les observations relatives à l’accroissement de l’intensité, dans les deux hémisphères magnétiques, de l’équateur vers les pôles, et le non parallélisme des lignes isodynamiqiies avec les lignes d’égale inclinaison, ont été confirmés, dans ces dernières années, par les nombreuses observations faites dans les expéditions anglaises aux régions polaires, dans les voyages autour du monde des navigateurs français, dans les voyages de terre entrepris par MM. Hansteen et Erman dans le nord de TAsie.

M. de Humboldt avait découvert le nœud de la courbe sans inclinaison, avec la courbe isodynamique, sous le 7™® degré de latitude australe et le 8i‘"^ de lon-

(ij Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent, partie, relation historique, t. iii, p. 6i5.

y PÉRIODE, CHA.PITRE SECOND. SqS

gitude à Touest du méridien de Paris. Il avait suivi cette dernière à l’ouest de la Cordillère des Andes dans le littoral du Pérou, vers Rasina et Huarmay jusqu’au lo”® de latitude australe. M. Adolphe Erinan a trouvé en Sibérie, que la ligne, dont l’intensité égale i,6o, se dirige aussi du nord au sud , avec une légère inclinaison au S.-E. Il a vu la ligne isodynainique i,6o couper presque à angle droit les courbes d’égale inclinaison, puis descendre du N.N-O, vers le S.S-E, d’Obdorsk, près des bouches de l'Oby à Tomsk.

M. de Humboldt pense qu’il est probable que la ligne isodynamique et le nœud péruvien de l’équateur magnétique se sont portés, depuis son voyage, de l’E. a rO.; ce célèbre voyageur rapporte, à ce sujet, que M. Adolphe Erman a observé, à son retour de Kamtschatka a Rio-Janeii o , par le 135""^ degré de longitude occidentale de Paris, dans la mer du Sud, sur l’equateur magnétique, que l’intensité des forces magnétiques s’est trouvée sensiblement telle que, vingt-six ans plus tôt, il l’avait trouvée sur l’équateur magnétique au Pérou.

L’intensité des forces magnétiques n’étant pas une fonction de l’inclinaison , et les lignes isodynamiques n’étant pas non plus parallèles aux lignes dégale inclinaison, il est naturel que les points de l’équateur n’aient pas la même intensité. Aussi M. de Humboldt observe-t-il que celles de Lomlres, de Paris, ou de Berlin, ne peuvent offrir les mêmes éléments numériques, si on prend pour unité l’intensité des forces sur l’équateur magnétique au Pérou , sur les côtes occidentales d’Afriquii, ou dans l’archipel des grandes Indes. «Les li- « gnes isothermes, comme je l’ai démontre, dit-il, dans « plusieurs mémoires, deviennent sensiblement parallè- « les à l’équateur à mesure que l’on s’éloigne des tro- « piques; mais il n’en est pas ainsi des lignes isodyna- « miques de M. Hansteen, qui coupent quelquefois, par « exemple, auPérou, l’équateur magnétiquea angle droit. « Ayant transporté les mêmes aiguilles, ou des aiguilles « comparées entre elles, de Paris au x^Iexique, à l’équateur

394 RECHERClfES REL/iT. AU MAGNET. TERRESTRE.

«magnétique dans le Pérou, à Berlin, à Pétersbourg, « sur les bords de la mer Caspienne et dans le nord de « l’Asie, j’ai exprimé ces forces dans les différents lieux « de la terre, en prenant pour unité l’intensité que j’a- « vais trouvée sur l’équateui* magnétique au Pérou ou « plutôt sur le point d’intersection de cet équateur avec « la ligne isodynamique du minimum des oscillations. « Dans cette supposition, je trouve pour Paris i,3Zt82 ; « pour Milan j,3i2I ; pour Naples 1,2745. Les obser- « vations très-précises de M. de Rossel , à Surabaya, « dans l’île de Java, et celles du capitaine Sabine, près « de l’île St. -Thomas, 5 au nord de l’équateur, indiquent « que l’intensité des forces est moindre sur l’équateur « magnétique près des côtes occidentales de l’Afrique « (longit. 4o° ‘i[\ O.) et dans l’archipel des grandes Indes, « que dans la portion de l’équateur magnétique qui tra- « verse le Pérou. De même, M. Adolphe Erman a observé « que, sur les côtes orientales de l’Amérique du Sud, les « forces magnétiques sont beaucoup plus faibles, à égale « distance du pôle austral terrestre, que sur les côtes oc- « cidentales. L’intensité i, trouvée à l’ouest du nouveau « continent sur l’équateur magnétique, dans la mer du « Sud, par î35° de longit. occid. et 55' de iat. aust., « se manifeste sur les côtes du Brésil, déjà vers les 38° de « lat. aust., tandis que l’inclinaison y est encore de plus « de 37° S. Il me paraît toujours plus probable que le « minimum de l’intensité des forces magnétiques, à la « surface du globe , comparé au maximum , n’est pas dans « le rapport de i à 2, mais bien au-delà de 1 à 2, 6. »

M. de Humboldt, dans les observations relatives à l’intensité, n’a pas fait les corrections nécessitées par les variations de température; mais ces variations ont été trop peu considérables pour influer d'une manière sensible sur le nombre d’oscillations qui expriment l’intensité des forces.

En comparant les observations d’intensité magnétique qu’il a faites dans diverses localités, il croit avoir reconnu un décroissement de la force à mesure que la hauteur

y PÉRIODE, CHAPITRÉ SECOIN^D. SgS

augmente. M. Rupffer a tiré une conséquence semblable des observations du Caucase. MM. Gay-Lussac et Biot, dans leur voyage aéiostatique , n’avaient trouvé qu’un décroissement presque insensible.

Dans le deuxième groupe d’observations, M. de Humboldt a réuni toutes celles qu’il a faites avec M. Gay- Lussac, du 10 mars i 8o5 au mai 1806. Depuis, il a eu occasion de faire de nouvelles observations dans les mêmes lieux, avec une plus grande précision, ce qui l’a mis à même de déterminer les cbangements annuels d’inclinaison causés par le mouvement du nœud et modifiés parla forme de la courbe qui représente l’equateur magnétique. Il a rendu compte de ces changements dans un Mémoire communiqué à l’Académie de Berlin, le 2 avril i8'2g. Les observations de J 798 et de 1810, pour Paris, lui ont donné 5' de diminution annuelle d’inclinaison magnétique; celles de 1820 et 18^5, 3, 3. Ce ralentissement avait déjà été remarqué par M. Arago, qui fa consigné dans rAnnuaire du Bureau des longitudes pour 1825. En comparant les observations de M. Arago, il a trouvé de 1 8o5 à 1826, pour Turin, une diminution de 3' 5 ; pour Florence, de 3, 3, etc.

Le troisième groupe renferme vingt-sept observations d'Europe et d’Asie, faites avec des boussoles de Gambey, et en se tenant éloigné de la demeure des hommes, car cette dernière précaution est indispensable quand on veut déterminer l’intensité des forces magnétiques. Il s’est servi, a cet effet, dans son dernier voyage, d’une tente dont les anneaux métalliques étaient en cuivre rouge. Le temps ne lui a pas permis, depuis son retour de Bussie, de déterminer les corrections nécessaires pour la publication des observations d’intensité.

M. de Humbûldt a présenté à l’Académie des sciences (i) le résultat de ses observations sur l’inclinaison de l’aiguille aimantée dans le Nord de l’Asie et y a joint

(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. xnv, p. 23 1.

celles qui sont relatives aux variations horaires, faites en différents points du globe.

Dans son voyage de Saint-Pétersbourg à Tobolsk et au désert de Baraba, il a eu occasion d’expérimenter sur plusieurs points que MM. Hansteen et Ennan avaient visités avant lui et avec les mêmes instruments dont ils s’étaient servis. Il résulte de ce concours d’observations, que l’on connaît maintenant l’état magnétique du globe dans la majeure partie de l’Asie boréale. Je rapporterai textuellement ici les réflexions de M. de Humboldt sur les phénomènes magnétiques du globe, dans la crainte d’en affaiblir le mérite, en me bornant à en donner un extrait.

« Les phénomènes magnétiques du globe ne dépendent « point dans leurs grands rapports, pas plus que la dis- « tribution climatérique de la chaleur, les changements « mensuels et horaires de la pression de l’atmosphère , «la direction et la fréquence des pluies, de simples in- « fluences de localités. Ce sont de grands phénomènes «qui embrassent le globe entier, sur lesquels influent « la forme des continents, la chaleur intérieure de la «terre, etc. Le mouvement progressif des nœuds (les «points d’intersection de l’équateur magnétique et de «l’équateur terrestre), dirigé de l’est à l’ouest, a été « découvert par M. Morlet et développé par M. Arago, « d’après les observations de Cook et de Duperrey, de « Vancouvert et de Freycinet. Il se manifeste dans les « deux hémisphères. Le changement de latitude magné- « tique, qui est le résultat de ce mouvement de transla- « tion , fait varier en même temps l’inclinaison. Le long «espace de temps écoulé depuis mes premières obser- « vations magnétiques faites avec un instrument de « Le Noir qui avait été exécuté d’après les idées de Borda,

« et qui par conséquent était entièrement semblable aux «instruments de M. Gambey, m’a permis de détermi- «ner les changements annuels d’inclinaison (à des épo- « ques données) avec une précision de quelques fractions «de minutes. Ici, comme dans les recherches astrono-

«mlques, la précision augmente avec le nombre des «années écoulées. Celle diminution d’inclinaison causée « par le mouvemetit des nœuds et modifiée par la forme «de la courbe qui représente l’équateur magnétique, a « été l’objet d’un mémoire lu à l’Académie de Berlin, le « 2 avril 1829 (i). »

M. de Humboldt rapporte qu’aussitot son retour dans sa patrie, il a fait construire, dans un jat’din très-spacieux de Berlin, une petite maison entièrement dépourvue de fer, dans le but de s’y livrer à des observations régulières de variations horaires de la déclinaison magnétique. Ces observations ont commencé le 5 février 1829 et ont été suivies deux ou trois fois par jour jusqu’au ' 20 mars; puis elles ont été reprises en automne par M. Dove, afin d’observer d’heure en heure, plusieurs jours et plusieurs nuits de suite, tandis que des observations correspondantes étaient égalemônt faites, avec un instrument semblable, en différents lieux de la terre. En 180G et 1807, il s’était déjà exercé à ce travail pénible, conjointement avec M. Oltamanns. Ayant observé pendant plusieurs jours et autant de nuits de suite, vers l’époque des équinoxes et des solstices , d’heure en heure et même de demi- heure en 'demi-heure, ils reconnurent alors des minima nocturnes ainsi que des affolements singuliers ou orages magnétiques qui reviennent dans les hautes latitudes, quelquefois plusieurs nuits de suite aux mêmes heures. Ce travail , qui a été exécuté en 1807, lui a fourni i5oo résultats tirés de plus de 6000 observations partielles. Les tableaux de ces résultats ont été déposés dans les archives de l’Observatoire de Berlin.

M. de Humboldt qui sent toute l’importance d’observations magnétiques simultanées, faites sur différents points du globe, pour la solution d’une des plus grandes questions de la physique générale, s’est occupé de faire élever des observatoires dans tous les lieux de la

(i) Journ. de Poggendorf, t. xv, p. 319.

terre où il se trouve des savants avec lesquels il est en relation. Voici comment il s’exprime à cet égard, après avoir parlé du grand travail auquel M. Arago se livre sur les phénomènes magnétiques terrestres.

«Je n’ai fait qu’accomplir les vœux de M. Arago, en « profitant de mes loisirs et de mes voyages pour établir «un cours d’observations simultanées d’heure en heure, «de jour et de nuit, pendant 38 heures consécutives. «J’ai obtenu qu’une boussole de Gambey fût placée dans « l’intérieur des mines de Freyberg , où l’extrême égalité « de température facilite les observations de M. Reich « sur les changements réguliers et irréguliers que semble «éprouver l’intensité des forces, et à sa prière, l’Aca- « démie impériale de Saint-Pétersbourg et le curateur « de l’Université de Razan ont fait construire des pa- « vidons magnétiques. M. Kupffer, auquel le magné- « tisme doit d’importants travaux, observe à Saint-Pé- « tersboLirg et M. Simonoff à Razan. Le premier me « mande que des démarches ont été faites pour établir « un instrument de Gambey à Moscou et qu’il y a de « l’espoir d’étendre notre ligne d’observations correspon- « daiites jusqu’à Sitka, où résidera, sur la cote nord-ouest « de l’Amérique, le baron de Wrungel, célèbre par son «expédition des mers polaires; à Pékin, dans la maison « des missionnaires russes ; à Archangel, où M. Reiveiîi, « officier de la marine, s’est rendu pour lever une carte « de la mer Blanche. Nous recevons déjà des observations «de Nicolajeff en Crimée, où l’amiral Greigb, cédant « à l’invitation de l’Académie impériale de Saint-Péters- « bourg, a ordonné l’établissement d’un pavillon destiné « aux observations des variations horaires. A Berlin , « M. Encke veut bien se charger de ce travail pendant « mes fréquentes absences de la capitale : il est secondé «par le zèle de MM. Poggendorf, Diricblet, Dove et « Magnus. En Amérique, M. Boussingault, qui ne né- « gbge rien de ce qui peut avancer les différentes par- « ties de la physique du globe, observe avec assiduité la « boussole de Gambey , à Marmato , sur la pente |?rien-

(( taie de la Cordillère de Chaco, dans la province d’An- (( tioqiiia, par 5® 2 de latitude boréale. Je l’ai engagea concc courir avec nous aux mêmes époques. De Kazan à Mar- « mato, ou sont placées les deux boussoles de Gambey,il y a «plus de 125° de longitude. Je m’empresse de faire « hommage à l’Académie, parmi les pièces annexées à ce « IMémoire, des tableaux d’observations magnétiques cor- « respondantes de Berlin, Freyberg (seul observatoire « souterrain), Pétersbourg, Razan , Nicolajeff, Marmato « dansrAmériqueméridionale, depuisle2 novembre 1828 «jusqu’au 5 mai t83o, à huit époques convenues. J’ose « me flatter que ce travail , tout en prouvant l’utilité de « ce genre d’observations cori’esj^ondanîes à de grandes « distances, offrira quelque intérêt en le comparant aux « observations faites à l’Observatoire de Paiâs. Il serait « surtout à désirer d’avoir des établissements magnéti- « ques stables à la Nouvelle-Hollande, au cap de Bonne- « Espérance, à l’île Bourbon et au Pérou, sur diffé- « rents points de rbémisphère austral. Ce serait avancer « la théorie du magnétisme que de travailler à étendre « la ligne des observations correspondantes et de réunir «partout, aux observations des variations horaires, la « détermination précise de la déclinaison absolue et de « l’inclinaison de l’aiguille, de l’intensité des forces, etCo « Ces données ne peuvent acquérir une grande impor- « tance que par des établissements stables, ou l’on ré- « pète la recherche des éléments numériques à des « époques fixes et à l’aide des mêmes instruments. Les « voyageurs qui traversent un pays dans une seule di- « rection et à une seule époque, ne peuvent que pré- « parer un travail que réclame le tracé complet des «lignes sans déclinaison, à des épocjues également es- « pacées. Heureux si les faibles essais des voyageurs dont «je suis appelé à plaider la cause, contribuent à don- « ner de l’impulsion à un genre de recherches qui a tant «d’intérêt pour les progrès de l’art nautique, et qui « conduira un jour à mieux connaître la constitution de « l’intérieur du globe à différentes latitudes! »

4oO RECHERCHES RELIT. AU MAGNÉT. TERRESTRE.

Certes, il est impossible de concevoir un plan d’observations sur de plus vastes bases. Aussi M. de Hurnboldt mérite-t-il la reconnaissance de tout le monde savant pour avoir employé sa grande influence scientifique pour le mettre h exécution.

M. le capitaine Duperrey (i), en discutant les observations magnétiques faites à bord de la corvette /a Coquille^ en a déduit la configuration de l’équateur magnétique qu’il a coupé six fois. Il a prolongé cette courbe tant au nord qu’au sud dans des intervalles en longitude assez considérables. Ce navigateui' s’est donc trouvé en position de faire le tracé de la ligne sans inclinaison avec une certaine exactitude.

Il n’a employé pour la détermination de l’équateur magnétique que les inclinaisons qui ne dépassaient pas 3o°, attendu que la loi dont il a fait usage, et qui établit que la tangente de la latitude magnétique est égale à la moitié de la tangente de l’inclinaison, ne paraît être applicable que lorsque les inclinaisons ne dépassent pas cette limite. Ayant obtenu les latitudes magnétiques des points' oîi les observations ont été faites, il a déduit, et de celles-ci et de la déclinaison de l’aiguille observée dans les mêmes lieux, les changements en longitude et en latitude qui , étant combinés avec la position géographique des stations , lui ont donné les coordonnées des points correspondants de l’équateur magnétique. 11 a tracé, au moyen de cette méthode, en s’appuyant uniquement sur ses propres observations, la portion de cet équateur dans une étendue de en longitude, laquelle comprend l’Océan Atlantique, une partie du continent de l’Amérique méridionale, le grand Océan Equinoxial et l’archipel d’Asie jusqu’au méridien de la partie occidentale de l’île de Bornéo.

M. le capitaine Duperrey s’est occupé aussi de prolonger vers l’orient la portion de la ligne sans inclinai-

(i) Annal, de Phys, et de Ch., t. xlv, p. 371.

3^ PÉRIODE, chapitre SFCOND. 4oi

son déduite de ses observations, en pi’ofitaiU de celles que le capitaine Edward Sabine a faites en dans

l’île Santomé, golfe de Guinée; quant au prolonpement compris entre le méridien de la partie orientale de Bornéo et la pointe nord de Ceylan , îl est le résultat des observations faites dans la campagne de la corvette la Che^reAte^ en 18^7, par M. Jules de Blosseville. Le capitaine Sabine a déterminé la position de fun des deux nœuds de l’équateur magnétique qui se trouve par 3‘^,‘2o’ à l’orient du méridien de Paras. M. 'Duperrey montre qu’à partir de ce nœud, la ligne sans inclinaison remonte au nord en traversant le continent de l’Afrique, atteint probablement le i5" degré de latitude boréale dans la mer Bouge, à en juger du moins par une observation faite par Panton dans l’île Socotora en 1776, et redescend ensuite un peu au sud, pour venir rejoindre le point que M. de Blosseville a déterminé sur la pointe nord de Ceylan. Il paraîtrait d’après cela, V équateur

magnétique ne rencontj-erait la ligne équinoxiale que dans deux points qui seraient presque diamétrale'ment opposés^ et situés^ Vun dans l'Océan Atlantique^ l'autre dans le grand Océan , à peu près dans le plan du méridien de Paris ^ et que là où, cet équateur ne rencontrerait que quelques iles éparses^ il ne s' éloignerait que bien peu de la ligne équinoxiale ; qu'il s'en écarterait daK>aiitage lorsque les îles se multiplient^ et ne parviendrait ci son maximum dexciirsion, soit au nord, soit au sud, que dans les deux grands continents qu'il traverse; qu enfin il existerait entre les sections australe et boréale de cette courbe singulière une symétrie remarquable et beaucoup plus parfaite qu'on ne l'avait d'abord supposé.

M. Duperrey a présenté à l’Académie des sciences, dans la séance du 28 décembre i833, un Mémoire ayant pour titre : Considérations sur le magnétisme de la terre, 11 est parti du principe que la température, qui exerce une influence sur le nombre d’oscillations qu’une ai- T. 26

4o‘2 recherches relat. au magnèt. terrestre.

güille aimantée exécute dans un temps donne, doit faire varier aussi faction du magnétisme terrestre.

M. Ilansteen, en réunissant toutes les obsei'vations d’intensité magnétique faites depuis j-ygo jusquen i83o, a tracé sur une carte les lignes d’egale intensité magnétique ou isodynamique, au moyen desquelles il a cru reconnaître la présence de deux pôles magnétiques dans chaque hémispdtère , mais avec cette difléreiice que 1 intensité magnétique totale est plus petite dans 1 hémisphère austral que dans l’autre liemisphère. M. Kuplfer, comme je l’ai dit précédemment, n’admet pas les conséquences déduites du travail de M. Hansteen. M. Duperrey partage cette opinion, mais il a cherche a compléter le travail de ce dernier. Il s’est attache, en conséquence, à déterminer l’état actuel de faction magnétique à la surface du glohe ainsi que la cause de ces variations en direction et en intensité, en s’appuyant sur ses propres observations et sur celles de MM. de Rossel, de lîumboldt, Sabine, Hansteen, Reilhau et Boeck, Lütke, Ring, Due, Erman et Rupffer. Il est parvenu ainsi à construire neuf courbes isodynamiques au nord et au sud de l’équateur magnétique, lesquelles diffèrent très-peu de celles qui ont été tracées par M. Hansteen, dans fhémisphère boréal au-delà du tropique du cancer.

Il a considéré l’équateur magnétique comme formé de la réunion de tous les points des différents méridiens terrestres oîi l’intensité magnétique est réduite a son minimum. En discutant les observations, il a reconnu que ces points étaient précisément ceux qui étaient les plus chauds de chaque méridien. Ainsi donc, suivant lui, la courbe qu’il regarde comme f équateur magnétique, serait à la fois la ligne des plus grandes températures et des moindres’ intensités magnétiques de chaque méridien. La position de chaque pôle magnétique, suivant la théorie adoptée par M. Duperrey, se trouve dépendante des lignes isodynamiques propres à chaque hémisphère et ne peut être déterminée que par le calcul. Il n’a représenté seulement sur ses cartes que les espaces

3 PÉRIODE, CHAPITRE SECOND. /JoS

bornés par les lignes dynamiques de très-forte intensité qui doivent contenir les pôles magnétiques. Dans la supposition où il existe deux pôles magnétiques très-rapprochés du centre, M. Biot a donné, comme nous l’avons déjà vu , la loi de l’accroissement de l’intensité magnétique de 1 equateur au pôle. La formule qui représente cette loi, admettant que la terre est parfaitement homogène et ne pouvant être vérifiée par des observations isolées, M. Duperrey a été obligé, pour ramener toutes les observations à cet état, de prendre f intensité moyenne de l’équateur terrestre et de chacun des parallèles du globe, puis de multiplier la circonférence de chaque courbe par son intensité, afin d’avoir l’intensité totale et de prendre ensuite la moyenne des intensités totales des parallèles^ correspondants dans chaque hémisphère; il a obtenu ainsi tous les points de la coui'be qui représente la loi de l’accroissement des forces magnétiques, d apres 1 observation. Cette courbe, tracée à côté de celle qiii résulte de la formule de M. Biot, ne s’en écarte que d’environ o,oi5 d’intensité, en supposant l’imité sur l’équateur magnétique au Pérou. 11 a trouvé en outre que la surface de l’hémisphère magnétique nord est à la surface de l’hémisphère magnétique sud dans le rapport de 1,000 à 1,0! 02, rapport qui est le même que celui de l’intensité totale de l’hémisphère terrestre austral à l’intensité totale de l’hémisphère terrestre horéal ; d’où il conclut que les surfaces des deux hémisphères maonétiques sont proportionnelles aux intensités totales des^deux hémisphères terrestres.

M. Duperrey attribue en grande partie la différence dans les intensités relatives du magnétisme de chaque lieu, à la différence de température de ces lieux. Il assure qu’en comparant les lignes isothermes et les lignes isodynamiques, il a rencontré une analogie remarquable dans leurs courbures, entre autres dans la direction de leurs concavités et de leurs convexités. Il cite encore en faveur de sa théorie le mouvement diurne de l’aiguille aimantée. Lorsque le soleil se lève, dit-il, il vient ùchauffer suc-

4o4 RECHERCHES RELAT. AU MAGNET. TERRESTRE.

cessivement tous les points de l’horizon à 1 orient du lieu des observations; l’intensite magnétique diminue a mesure que la chaleur augmente; il en resuite que a ligne isodynamique qui passe par la station , se renfle en s’éloignant de lequateur et s’élève vers le nord ou vers le sud, suivant que la station est dans 1 hémisphère magnétique boréal ou dans l’hémisphère magnétique austral. L’aiguille aimantée, qui lui est toujours perpendiculaire, suit le mouvement, et la pointe nord s avance pour les stations boréales vers l’ouest, et vers l’est pour les stations austi'ales. Lorsque le soleil a dépassé le méridien, riiorlzon se refroidit à l’orient et s’échauffe à l’occident. La ligne isodynamique se déplace de nouveau, reprend sa position primitive, et la dépassé en seiis inverse i l’aiguille , en suivant ce mouvement, dirige sa pointe nord pour les stations boréales, vers 1 est, et pour les stations australes , vers l’ouest. Lorsque la station est sur l’équateur magnétique ou à peu de distance, la pointe nord de l’aiguille s’avance tous les matins vers 1 ouest ou vers l’est, suivant que le soleil passe au nord ou au sud de la station; et ce phénomène se rattache encore au même principe; car la condition de lequateur magnétique étant d’être la ligne des plus petites intensités dans chaque méridien, il doit nécessairement se déplacer tous les jours en s’élevant obliquement vers le parallèle que décrit le soleil. M. Duperrey a cherche a appuyei sa théorie de tous les faits que l expérience a fournis jusqu’ici , et en a déduit que l hemisphere terrestre sud est plus froid d’environ un degré que l hémisphère nord.

M. Quetelet a communiqué à l’Academie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles, dans sa séance du i‘i octobre le résultat de ses observations sur

l’intensité relative du magnétisme terrestre à Bruxelles , à Paris et à Londres. Ces observations ont été faites à des températures à peu près les mêmes , afin d éviter les erreurs qui auraient' été attribuées à des différences de température. Il a soumis successivement a 1 experience

deux aiguilles cylindriques et un petit barreau de forme parallélipipédique et a trouvé en comparant ses observations à celles du capitaine Sabine, de M. Rudberg et d’autres physiciens, que tout porte à croire que l’intensité horizontale du magnétisme s’est accrue d’une petite quantité pendant les années de 1828 à i833.

M. Necker de Saussure (i), en comparant les courbes d’égale intensité magnétique avec celles de la stratification des grandes chaînes, a reconnu une coïncidence remarquable entre les unes et les autres. Ce rapport est d’un grand intérêt pour la physique du globe.

M. Morlet a présenté à l’Académie des sciences, le 20 janvier i 834? recherches sur la loi du magnétisme terrestre , dont je vais essayer de donner une idée. M. Poisson a établi, comme on sait, une théorie rigoureuse du magnétisme, en partant des principes de Coulomb. Il a été conduit h ce résultat que, lorsque deux fluides magnétiques sont assujétis a rester dans l’intérieur de molécules sphériques et à se mettre en équilibre avec des forces qui émanent de centres fixes et qui agissent en raison inverse du carré des distances, l’action d’un corps homogène de forme quelconque peut toujours se transformer en celle d’une couche de fluide libre d’une très-petite épaisseur qui recouvrirait la surface des corps dans toute son étendue. Ce principe, quand on l’applique à Faction d’une sphère ou d’un sphéroïde aimanté, conduit a des résultats qui s’accordent avec ceux (|ue la discussion des observations de l’inclinaison en différents points du globe a fait découvrir. Il suit de là que l’on ne doit pas rejeter l’ancienne hypothèse de Gilbert qui a été adoptée par M. Biot, laquelle consiste à considérer le sphéroïde terrestre comme un aimant dont l’action a pour effet la direction de l’aiguille aimantée.

M. Morlet s’est proposé de soumettre de nouveau

(i) Bibl. iiniv. , t. xliii, p. 166,

4o6 'recherches relat. au magnét. terrestre.

cette hypothèse à un examen rigoureux, pour savoir si elle peut rendre compte de tous les phénomènes observés. S’appuyant sur la théorie de M. Poisson, il a été obligé de représenter les principaux résultats obtenus par ce célèbre géomètre sous une forme qui permît de les généraliser et de les rendre indépendants de toute hypothèse sur la figure des molécules et sur la manière dont le magnétisme se développe dans leur intérieur.

Il a déterminé d’abord l’équation del’équateur magnétique. Il commence par dire qu’une courbe à double courbure placée sur la surface d’une sphère , ne peut avoir en général qu’un nombre limité de points respectivement placés aux deux extrémités d’un diamètre. Ces points sont dits points antipodes. Après avoir rappelé la situation de l’équateur magnétique déduit des observations, il ajoute que si l’on représerite par A le point antipode de la mer des Indes, par B celui du Pérou, A' le point antipode africain et B' celui du grand Océan, et faisant passer une circonférence de cercle par ces quatre points, et traçant ca cercle sur la carte de l’équateur magnétique, on trouve que cet équateur après l’avoir coupé en A, se trouve toujours au nord du cercle dans toute la partie de son cours depuis K jusqu’en A; parvenu en A, il le rencontre une seconde fois; mais au lieu de le couper pour se porter eusuite au sud, il s’itjfléchit et semble se confondre avec lui sur une étendue de plusieurs degrés de longitude; il se relève ensuite plus à

l’est. Cette configuration de l’équateur magnétique exige qu’il y ait un deuxième point d’intersection peu éloigné de A ; et comme deux courbes fermées ne peuvent se couper qu’en un nombre pair de points, il faut qu’il y ait un sixième point d’intersection , ce qui indique que dans la partie occidentale du grand Océan, il y a un * sixième point peu éloigné de B. Il conclut de là que cette courbe ne peut être représentée que par l’intersection de la sphère terrestre et d’une surface qui est au moins du troisième degré. C’est en partant de là qu’il a déterminé ce qu’on appelle la courbe calculée. Après en

y PÉRIODE, chapitre SECOND. 4^7

avoir suivi toutes les iuflexions , il les a comparées à celles de réquateur magnétique observé et a trouvé qu’elles sont les mêmes. Seulement, l’équateur magnétique observé subit deux ou trois autres inflexions dont le calcul n’a pas encore pu rendre compte.

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