‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 3)Chapitre 86 sur 141 · DES EA^ÜX MINER. ET DES CORPS COMBUST · texte numérisé non relu

DES EA^ÜX MINER. ET DES CORPS COMBUST

nous l’avons déjà vu, une certaine quantité d’acide carbonique, à l’aide de laquelle elles tiennent en dissolution différents sels terreux et des oxides de fer et de manganèse qu’elles déposent aussitôt qu’elles ont eu le contact de Tair. Ces dépôts donnent naissance à des tufs. Il résulte delà que les eaux des fleuves et des ruisseaux, à part les matières organiques qui peuvent s’y trouver, sont plus épurées que celles des sources.

L’eau de mer, en raison de sa composition, peut être considéi'ée comme une eau minérale, jmiscpi’elle tient en dissolution 3 ou 4 de son poids de ma-

tières salines formées de chlorure de sodium, qui s’y trouve pour envii-on 2 | , de chlorure de calcium et de magnésium, de sulfate de soude et même de chlorure et de sulfate de potasse, comme M. Wollaston l’a observé. On n’y a trouvé jusqu’ici aucune trace de nitrate; quant au carbonate de chaux qui s’y trouve, on suppose qu’il sert aux mollusques pour la formation de leur coquille.

l^a cause de la salure de la mer n’est, pas connue; on la rapporte à l’existence de vastes mines de sel gemme qui se trouvent dans le fond des mers. La salure varie en raison de la proximité des fleuves. On a remarqué qiie, dans les golfes, tels que la mer Baltique et la mer Noire, elle est moins forte que dans le grand Océan. Dans la Méditerranée c’est le contraire. Dans les régions polaires elle est moins forte que dans les pays équatoriaux; mais elle y augmente avec la profondeur, de sorte qu’à quelques pieds au-dessous de la surface, elle est la même que partout ailleurs.

On doit à M. Boüssingault (i) des considérations intéressantes sur les eaux thermales des Cordillères, qui jettent quelque jour sur la cause de leur température et celle des substances qu’elles tiennent en dissolution. I^es faits qu’il a observés sur plusieurs points des Cordillères,

(1) Annal, de Ch. et de Phys., t. lu, p. 181.

CHAPïTRK QUATRIÈME. 467

tendent à prouver que la chaleur des ('aux theianales est d’autant moindre que leur hauteur est plus considérable; que dans cette contrée, la cause locale (|ui occasionne les phénomènes volcaniques , exei ce aussi une influence sur la temperatin'e des eaux, et que les eaux thermales paraissent avoir leur origine dans les foyers volcaniques. Poui' voir jusqu’àquel pointcette supposition était admissible, M. Boussingault a soumis à l’analyse les eaux thermales des sources qui sont voisines des volcans, afln de s’assurer si les gaz quelles contiennent sont de rnéiru' nature ou non que ceux qu’il avait recueillis dans les volcans, (le rapprochement lui a semblé suffisant pour résoudre la question relative à l’origine des eaux thermales. Il a trouvé 1° que les eaux sulfureuses de Juan, près du volcan de Tolima , dont la température est de 3/2^ , ne renferment que des gaz acides hydro-sulfurique et carbo» niipie; celles de Toch dans le Quindiu de l’acide carlionique en grande quantité, du carbonate de chaux et du chlorure de cahaum; fjue i’Agua Tibia, à peu de distance du volcan de Purnié, dont la température est de 36®, renferme les memes gaz, ainsi que les eaux de Coconuco, qui contiennent en outre du sulfate de soude, du chlorure de sodium, du bicarbonate de soude et du carbonate de cbaiix. luifin de ces faits et d’autres cpi’il est inutile (|ue je rapporte ici, M. Boussingault en tire la consécjuence que les gaz contenus dans les eaux thermales dont les sources existent dans le voisinage des volcans, renferment du gaz acide carbonique et du gaz acide sulfurique, comme les vapeurs gazeuses qui se dégagent des cratères. Il s’ensuit que les eaux thermales doivent leur température au feu souterrain, et les sels qu’elles renferment aux matières volcaniques avec lesquelles elles ont été en contact. En admettant cette dernière hypotlièse, il regarde l’acide carbonicpie comme le résultat de la décomposition des carbonates de chaux et de soude par la chaleur, ou de leur réaction sur des substances siliceuses ou alumineuses. Il attribue la formation de l’acide hydro-sulfurique à la réaction de la vapeur d’eau

Page 1