‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 120 sur 226 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

veau, on serre ce dernier avec une pince. On obtient alors de très-fortes décharges, mais qui sont limitées à la partie de l’organe dans laquelle se ramifie le nerf irrité.

M. Matteucci avait déjà observé que le courant électrique qu’on fait circuler du cerveau à l’organe, rend apte une torpille à lancer sa décharge, quand elle a perdu la faculté de la produire naturellement. Il s’était assuré aussi que cet effet ne pouvait pas être rapporté à une portion du courant de la pile qui aurait passé daOuS les grenouilles et dans le multiplicateur. L’expérience suivante lève tous les doutes à cet égard. On prend une torpille vivante dont on découvre le cerveau et les troncs nerveux qui se rendent à l’organe. On la pose ensuite

sur une lame de verre vernissée , et l’on

pose

sur

l’organe des grenouilles préparées, puis l’on met les deux lames du multiplicateur en contact , l’une sur le dos, l’autre sur le ventre. Ces dispositions faites, on place les conducteurs en platine d’une petite pile à auge de i5 couples sur un des nerfs de l’organe, à la distance de 2 ou 3oo centimètres. Les grenouilles éprouvent aussitôt de fortes contractions, et l’aiguille du multiplicateur est déviée de 8 ou 10° dans le même sens que celui de la décharge ordinaire, et cela, quel que soit le sens du courant provenant de la pile. Ce courant appliqué à toute autre partie de la torpille ne produit aucun effet. Les décharges ainsi obtenues sont limitées à la portion de l’organe dans laquelle se ramifie le nerf irrité par le courant. Quand le quatrième lobe est parcouru par le courant électrique , alors toute la surface de l’organe devient apte à lancer la décharge. En liant les nerfs, on n’obtient plus de décharge en faisant passer le courant au-dessus de la ligature. Lorsqu’on opère avec une torpille pleine de vitalité, on obtient encore des signes de décharge à l’instant ou l’on interrompt le circuit voltaïque.

Enfin , M. Matteucci a tiré les coîisé({uences suivantes des faits qu’il a obsei'vés : 1^ Toute action extérieure ou irritation exercée sur le corps de la torpille vivante, et qui

l[\[\ RECHER. SUR LES PROP. CHIM. DE LA TORPILLE.

cléterminç la décharge électrique, est transmise, par les nerfs, du point irrité au quatrième lobe du cerveau. 2° Toute irritation exercée sur ce quatrième lobe, et sur les nerfs qui en sortent et qui vont à l’organe, est suivie d’une décharge électrique sans aucune espèce de contraction.

La liaison qui existe entre le quatrième lobe et les nerfs qui en partent, d’une part, et la substance de l’organe, de l’autre, est précisément la même que celle qui se trouve entre un nerf quelconque et les muscles dans lesquels il est ramifié. Dans le cas de la torpille, quand on agit sur son quatrième lobe et sur ses nerfs, on a la décharge électrique, dans l’autre cas la contraction. Toutes les causes qui déterminent ou empêcbetit la contraction sont également celles qui favorisent ou détruisent la décharge de la torpille. J’ajouterai que, lorsque toute action stimulante a déjà cessé de déterminer la décharge de la torpille, le courant électrique a encore ce pouvoir. Ce fait remarquable semble nous indiquer une analogie entre la puissance nerveuse et , l’électricité.

§ Th Recherches sur les propriétés chimiques de la

torpille.

i656. Le P. Linari a fait aussi sur la torpille des expériences dont plusieurs présentent quelque intérêt. Pour mesurer l’intensité des courants et leur rapport avec la torpille, il a employé la balance électro-magnétique ( i ), le galvanomètre comparable deNobili, et une pile thermo-électrique, formée de sS éléments, et accusant une différence constante de 36*^ pour la différence comprise entre la glace fondante et l’eau bouillante. Voici quelques-uns des résultats qu’il a obtenus:

Un élément voltaïque ayant été plongé dans un vase rempli d’eau distillée pendant 12 secondes, le courant fit

(i) Tom. V, part., p. 209.

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