PHOSPHORESCENCE PRODÜITE PAR LES MOA'ENS
3IÉCANIQÜES.
1662. La phosphorescence a déjà été traitée dans cet ouvrage avec de grands développements, en raison de sou origine, qui me paraît électrique. J’ai présenté au lecteur tous les faits qui me sembiaient de nature à lui faire partager ma conviction à cet égard. Cette question me paraissant d’une certaine importance pour l’intelligence d’un grand nombre de phénomènes, j’ai multiplié depuis les expériences, et j’ai cherché dans les auteurs anciens des observations qui me permissent de compléter ce que j’avais déjà dit sur la propriété que possèdent la plupart des corps de devenir lumineux par faction de la percussion, du frottement, de la chaleur, de la lumière, des affinités et de l’électrické.
1663. Les premiers physiciens qui s’occupèrent de la phosphorescence confondirent les effets lumineux dus au dégagement de l’électricité, avec les effets lumineux provenant de la phosphorescence. Il y eut de grandes discussions à ce sujet ; mais c’est à üufay que l’on doit
DES EEEltTS DE EROTTEMEJVT.
Si Go
(ravoir distingué les deux lumières rune de l’autre, en faisant voir (|u’il existe des corps ejui deviennent trèsélectricjues par frottement et ne sont point lumineux, tandis cpie d’autres sont phosphorescents sans être électriques. Ces recherches ont particulièrement été faites sur les diamants, dont la phosphorescence excitait les recherches de tous les physiciens de l’époque.
Les métaux sont dépourvus de phosphorescence par le frottement, ainsi que plusieurs de leurs composés, à l’exception du protochlorure, du deutochlorure et des phosphates de mercure, et peut-être de quelques autres: à peu d’exceptions près, presque tous les corps mauvais conducteurs deviennent phosphorescents par les actions mécaniques ou la chaleur, (juand ces actions ont une intensité suffisante.
Hauskhée, ayant imprimé un mouvement rapide de rotation à un globe de métal, et ayant appliqué dessus aussi exactement que possible un corps quelconque, n’a jamais pu apercevoir la moindre apparence lumineuse, quoique le frottement fût ti’ès-considérable. Il devait y avoir alors un dégagement d’électiicité considérable; mais comme la recomposition suivait immédiatement le dégagement, les deux électricités ne pouvaient pas acquérir une tension suffisante pour produire des phénomènes lumineux.
On sait que dans l’air le choc du bricjuet sur la pierre a fusil donne des étincelles qui sont dues à la combustion des parcelles d’acier détachées et échauffées par l’action du frottement. Cet effet n’a pas lieu dans le vide ; mais en expérimentant dans l’obscurité , on aperçoit, d’après Hauskhée, sur le tranchant du caillou frotté par l’acier, une traînée de lumière pâle et faible qui a tous les caractères de la lueur phosphorique.
I^e même physicien, ayant frotté raj)idement dans le vide deux morceaux de lisière de laine run contre l’autre, obtint une lumière très-faible qui disparut en faisant rentrer l’air.
i664- Continuons à prendre deux substances semblables et de même nature pour voir les effets qu’elles pro-