‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 144 sur 226 · CM A PI TR K III · texte numérisé non relu

CM A PI TR K III

eool. Il vit, se trouvant alors dans robscurité, que la cristallisation était accompagnée d’une forte émission de lumière; chaque cristal donnait lieu à une étincelle. En agitant le vase, il se forma un grand nombre de cristaux, et la lueur pbosphorique augmenta d’autant. En opérant avec 3ü à grammes d’acide arsénieux, et agitant le vase à l’instant de la cristallisation , l’émission de lumière était si considérable, que la chambre obscure était illuminée. Ce phénomène dura plusieurs jours, mais en diminuant toujours d’intensité , et ne cessa que lorsqu’il ne se forma plus de cristaux d’acide arsénieux.

Quand le refroidissement de l’acide bydro-chlorique est rapide, on n'obtient qu’une très-faible lueur ou aucune.

1681. Les autres acides, tels que les acides acétique et nitrique, qui ne dissolvent qu’une très-petite quantité d’acide arsénieux , ne présentent les apparences lumineuses qu’à un très-faible degré. L’acide sulfurique ne laisse également apercevoir que de faibles traces de lumière.

En traitant une grande partie d’acide arsénieux transparent avec de l’eau régale ne renfermant pas un excès d’acide bydro-chlorique et en quantité suffisante pour ne pas le dissoudre complètement et le transfoianer en acide arsénique , on observe encore une forte émission de lumière.

Le sulfate de potasse produit un effet semblable , comme le dit M. Berzélius; mais il paraît que cet effet n’a jamais lieu, quand on fait cristalliser du sulfate de potasse pur : on l’observe seulement dans les résidus de la fabrication de l’acide nitrique. Ces résidus renferment du sesqui-sulfate de potasse soluble dans l’eau , lequel, suivant Philips, se décompose dans l’acte de la cristallisation en bi-sulfate et en sulfate neutre de potasse.

D’un autre côté, on sait que l’acide arsénieux est vitreux ou opaque. Cet acide, après avoir été fondu, est

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d’abord parfaitement transparent ; mais quand il â été conservé pendant quelque temps, il devient laiteux et opaque, sans avoir rien perdu de son poids. La pesanteur spécifique des deux acides n’est pas la meme. M. Roze a obtenu la phosphorescence avec les cristaux vitreux seulement. Il n’a aperçu qu’une faible lueur avec l’acide opaque, et encore en agitant le vase. Si l’on traite l’acide transparent de manière à faire naître la phosphorescence, on reproduit le phénomène à plusieurs reprises, en faisant chauffer la dissolution jusqu’à l’ébullition et la laissant refroidir lentement; seulement la lumière est plus faible que dans la première expérience.

1682. Le chlorure de calcium jouit aussi de propriétés lumineuses remarquables. Lorsque ce sel est complètement fondu dans son eau de cristallisation, si l’on transporte le creuset dans une chambre obscure, et qu’on le laisse refroidir graduellement, non -seulement la lumière phosphorescente persiste pendant plusieurs minutes , mais on voit distinctement de larges étincelles et des coruscations accompagnées d’un craquement dû ' probablement à la contraction soudaine de la masse ou à sa cristallisation.

On produit également ce phénomène en plongeant une baguette dans le liquide , dont une grande partie • se concrète autour, et qu’on peut ensuite enlever. Quand le creuset est refroidi et que la phosphorescence a disparu, on obtient de très-belles étincelles en frappant le chlorure avec un instrument aigu, ou simplement en le rayant : on obtient encore des étincelles en broyant la substance dans un mortier.

La couleur et l’intensité des étincelles paraissent varier avec le degré de la force mécanique employée : si l’on raye doucemeiU, on a des étincelles vertes; si l’on raye fort , elles sont jaunes ; un petit coup frappé avec le marteau donne une étincelle de^ couleur orange.

On observe plus facilement ces effets avec le chlorure nouvellement fondu, que lorsqu’il a absorbé de

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