‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 156 sur 226 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

laissent passer des couleurs simples; en général la teinte des verres colorés n’est donc que la résultante des sensations opérées dans l’œil par la somme des rayons lumineux simples qu’ils transmettent, laquelle dépend de leur épaisseur et des matières employées dans leur composition. Les éléments de cette somme peuvent se déterminer en analysant par le prisme la lumière totale transmise par chaque verre , et la teinte qui résulte pour l’œil peut se déduire de cette analyse au moyen d’une règle expérimentale que Newton a donnée.

D’un autre côté, les expériences de M. Melloni ont montré, comme je l’ai déjà fait remarquer, que la faculté de ces verres pour transmettre ou absorber certains rayons de lumière est distincte de leiu’s facultés pour transmettre ou absorber les rayons calorifiques.

M. Biot, guidé par ces analogies, a choisi les verres colorés qui devaient être les plus propres à caractériser les portions de la radiation qui excitent la phosphorescence ou impressionnent le papier sensible de M. Daguerre, préparé avec l’éther muriatique et le nitrate d’argent.

Il a commencé à faire des expériences sur les écailles V d’huîtres calcinées qui lui ont offert les phénomènes suivants : après avoir été tenues longtemps dans l’obscurité, leur phosphorescence ne s’est pas rétablie par l’action à distance d’un vase rempli d’eau chaude, mais elle s’est excitée très-faiblement et progressivement par son contact, comme cela devait être.

Parmi les coquilles d’huîtres j)réparées, il s’est trouvé des fragments dont les uns, après l’exposition à la radiation atmosphérique, émettaient une lueur d’un jaune verdâtre, et les autres une lueur d’un rouge jaunâtre sombre analogue à la teinte des charbons embrasés dans un foyer ouvert. Ces deux classes de fragments ont été placés au fond de capsules différentes , dans une chambre obscure; puis on les a illuminés par la flamme jaune de l’alcool salé, qui a .été allumée et éteinte pendant que l’observateur tenait les yeux fermés. L’opération ayant

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