‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 167 sur 226 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DE LA THÉORIE ÉlÆC TRO-CHIMIQLE.

En terniinant le traité de rélectriclté , je crois devoir présenter au lecteur un résumé général de la théorie électro-chimique, telle qu’on doit la considérer dans l’état actuel de nos connaissances, en l’appuyant sur des faits les plus positifs, et dont plusieurs n’ont pas été exposés dans cet ouvrage. Ce tableau lui donnera en même temps une idée exacte de la manière dont on doit l’envisager dans ses rapports avec les théories chimiques.

§ Ph Exposé des phénomènes généraux.

Il est bien difficile de jeter les bases d’une théorie électro-chimique, sans prendre en considération les effets électriques divers qui accompagnent tous les phénomènes chimiques. C’est la seule marche à suivre, si l’on veut arriver à la découverte des rapports qui lient les affinités aux forces électriques. Il faut avoir égard aussi aux effets chimiques produits quand un courant voltaïque traverse une dissolution quelconque. La décomposition qui a lieu alors en deux parties antagonistes, dont l’uiie joue le rôle d’acide et l’autre le rôle d’alcali, justifie la théorie du duellisme adoptée par Lavoisier et ses successeurs. Avant d’exposer de quelle manière ou doit envisager aujourd’hui la théorie électro-chimique , c’est-à-dire, la théorie qui rattache les phénomènes chi-

DK LA THÉORIE KLFX 1 RO-CIIl MIQUE.

iDi([ue3 aux propriétés électricpies des coi’ps, je dois coininencer par rappeler quelques phénoiuèiies généraux (jLii sont indispensables pour rintelligence du sujet.

Voici comment a été posée, dans le principe, la question électro-cliimique. Jj’action des particules hétérogènes les unes sur les autres, et la permanence de leur union dans les combinaisons, ainsi que Faction exercée par les molécules similaires les unes sur les autres dans l’agrégation, sont-elles dues cà des forces électriques ou à des forces dont la nature nous est inconnue?

l'elle est la grande question qui a occupé depuis quarante ans et qui occupe encore les physiciens et les cbimistes. On a comparé d’abord les atomes à de petites piles électriques, analogues aux tourmalines, ayant par conséquent une polarité électrique dont la chaleur exalte les propriétés. On a dit ensuite que ces mêmes atomes possédaient une électricité propre, inhérente à leur nature, et qu’ils étalent entourés de toutes parts, quand ils n’étaient pas en comliinaison , d’atmosphères électriques de nature contraire à la leur. Dans le premier cas, on supposait que les atomes avaient deux pôles; que chaque pôle n’avait pas la même intensité; et, dans le second, qu’ils ne jouissaient pas de la polarité électrique.

Cette polarité, outre les laisons que j’indiquerai plus loin, est assez difficile à admettre, car on ne voit pas, par exemple, comment 3, 4 5 atomes d’oxigène pour-

raient se grouper syniétriquement autour d’un atome d’un radical ou d’une base doués également d’une polarité électrique, de manière à produire une figure régulière, comme celle que nous préseîitent les cristallisations salines.

Pour arriver à connaître l’état électrique des molécules dai^s les combinaisons, voyons ce qui a lieu quand on clive un cristal d’une substance quelconque, rangée dans la classe des corps mauvais conducteurs: chaque face séparée emporte alors avec elle un excès d’électricité contraire ; ce fait montre que la destruction de l’attraction moléculaire donne lieu à des effets électriques qui souvent sont accompagnés de lumière. D’un côté,

Page 1