‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 5)Chapitre 177 sur 226 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

être décomposée par lui : cette conclusion ne paraît pas exacte. En effet, parmi les corps solides qui transmettent l’électricité, les uns sont conducteurs et ne sont pas décomposés : tels sont les métaux, le cliarbon , etc.; les autres ne sont pas conducteurs et ne peuvent être décomposés. L’électricité peut donc cheminer dans les corps solides sans avoir besoin de transporter avec elle des éléments matériels. Pourquoi n’en serait-il pas de même à l’égard des liquides dont la constitution est la même, sauf l’état d’agrégation, qui n’est pas semblable? Si les liquides, en général, sont décomposés, cela tient à ce que la force d’agrégation étant moindre, les affinités entre les particules sont plus facilement vaincues. Rien ne s’oppose donc à ce qu’un courant traverse un liquide sans le décomposer, quoique la polarisation des électrodes, qui a toujours lieu, annonce une décomposition.

Voici actuellement comment j’envisage l’action décomposante de l’électricité. Prenons un seul couple, zinc et cuivre, et examinons son action sur l’eau pure, acidulée ou alcaline, peu importe, attendu que l’électricité produite est due uniquement à l’oxidation du zinc et à la décomposition de l’eau. Aussitôt que le zinc est en contact avec celle-ci, il la décompose; de là résulte un dégagement d’électricité. L’oxigène, en se séparant de l’hydrogène pour se combiner avec le métal, est éminemment négatif, tandis que la particule zinc, qui a besoin d’être positive pour effectuer et constituer sa combinaison avec l’oxigène , chasse dans les corps environnants une quantité d’électricité négative égale en intensité à celle qui est propre à l’oxigène, laquelle se rend dans le cuivre aussitôt que le contact avec l’autre métal est établi , puis elle débouche dans le liquide.

L’hydrogène, au contraire, étant positif à l’état naissant, est transporté par le courant jusqu’au cuivre, où il reprend l’électricité négative dont il a besoin pour reformer son électricité naturelle. Sans le contact du cuivre, l’action est lente, attendu que l’affinité de l’oxigène pour le zinc est contre-balancée par celle de l’oxi-

DE LA THEORIE ELECTRO-CHIMIQUE

gène pour Thydrogène. Après le contact, l’action est, au contraire, cnergicpie et l’apide , parce que les deux forces électriques qui servaient à maintenir la combinaison de riiydrogène et de l’oxigène , agissant alors dans un sens opposé à celui de leur action primitive, sont employées à détruire cette meme combinaison. Pour mieux rendre ma pensée, considérons une lame de zinc et une lame de cuivre plongeant dans de l’eau acidulée, qui ne réagisse pas sur le cuivre : par suite de la plus forte affinité de l’oxigène pour le zinc que pour l’hydrogène, les deux gaz sont séparés. L’oxigène se combine avec le zinc, tandis que l’hydrogène devient libre. En adoptant les atmosphères électriques telles que je les conçois, avec la supposition toutefois qu’un corps n’est électrique que lorsqu’il est en rapport avec un autre, il s’ensuit que l’oxigène , qui doit être éminemment négatif à l’état naissant, reforme, à l’instant de sa combinaison avec le zinc , son atmosphère d’électricité positive aux dépens de l’électricité naturelle de ce métal, en chassant l’électricité négative dans le métal même qui la transmet aux corps environnants, comme l’expérience l’indique.

Si nous considérons maintenant l’hydrogène , à l’instant ou il est h l’état naissant, il s’entoure subitement d’électricité négative aux dépens des corps environnants , et laisse échapper de l’électricité positive qui devient libre. Voilà ce qui se passe quand le cuivre et le zinc ne communiquent pas ensemble. Etablissons maintenant le contact entre les deux métaux, l’électricité négative du zinc va être transmise au cuivre et de là au liquide. Or, la particule d’hydrogène qui, à l’instant de sa séparation, est éminemment positive, et dont l’affinité pour l’oxigène est diminuée par suite de celle de l’oxigène pour le zinc, va être attirée par l’électricité négative de la lame cuivre , et qui possède précisément une intensité égale à celle des deux électricités de la combinaison de l’oxigène avec l’hydrogène ; par ce moyen , l’état électrique de l’oxigène se trouve trans-

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