‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétismeChapitre 146 sur 362 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

fi2 5

éviter eet inconvénient que l’on tient l’armature extérieure à quelques pouces de distance du goulot. Le verre ne perdant pas entièrement sur-le-champ les deux électricités qui adhéraient aux deux surfaces, il s’ensuit qu’en employant plusieurs fois l’excitateur, même après un temps assez long, on obtient encore des décharges assez sensibles. On mesure la charge d’une bouteille de Leyde avec l’appareil décrit figure 12.

Si l’on suspend dans l’air, ^vec un cordon de soie, une bouteille de Leyde électrisée, l’action absorbante de ce fluide n’agit que sur les quantités d’électricité qui se trouvent successivement libres sur chacune des garnitures, puisqu’elle ne peut rien sur celles qui sont dissimulées; aussi, avec le temps, la bouteille se trouvet-elle complètement déchargée.

En plaçant la bouteille de Leyde sur un plateau de résine et la prenant ensuite par son crochet , on rend libre sur la garniture extérieure une certaine quantité d’électricité négative. On se sert souvent de ce procédé pour se procurer de l’électricité négative.

Pour décharger une bouteille de Leyde, on se borne à mettre en communication l’intérieur avec l’extérieur au moyen d’une chaîne de métal , sans craindre que la décharge s’opère à travers le corps, attendu que l’électricité suit toujours les meilleurs conducteurs ; mais il est nécessaire de s’assurer préalablement que la chaîne 11’a pas de solution de continuité, et qu’elle est assez grosse pour donner passage à tout le fluide. Dans le cas contraire , si l’on tenait la panse et un bout de la chaîne dans une main, et l’autre bout dans l’autre main, une partie de la décharge passerait par le corps.

Quand la décharge traverse le corps, elle produit ce qu’on appelle la commotion de la bouteille de Leyde. L’effet peut être dangereux dans le cas ou les surfaces ont beaucoup d’étendue. Si l’on tient la panse d’une main et que l’on touche le bouton de l’autre, la commotion se fait sentir dans les bras et la poitrine. Avec de fai- II. i5

blés charges , on n’éprouve le choc que dans l’avantbi •as; avec des charges plus fortes, il se fait sentir au coude; si on les augmente encore, une vive douleur se fait sentir dans la poitrine. Nous reviendrons sur ces effets dans les applications de l’électricité à la physiologie.

142. Si l’on veut se procurer des décharges considérables , on réunit ensemble plusieurs bouteilles d’une dimension plus ou moins grande , en faisant communiquer ensemble les intérieurs avec des tiges de métal ty t\ t!' ( fig. 54), et les garnitures extérieures avec une lame d’étain qui revêt le fond de la caisse où sont placées toutes les bouteilles. Ces appareils , qu’on appelle batteries électriques , se chargent comme la bouteille de Leyde ordinaire, c’est-à-dire que l’on met en communication l’une des tiges de métal avec la machine électrique, et la surface extérieure avec le sol : pour juger de la charge de la batterie, on adapte un petit électromètre à pendule au conducteur de la machine électrique. Au commencement de l’expérience le pendule est en repos, parce que toute l’électricité qui arrive est dissimulée aussitôt par l’effet de la batterie; mais peu à peu il s’élève r et l’on juge des diverses charges , et par conséquent des divers degrés de tension de l’intérieur des batteries, par l’angle d’écart. On a observé que , pour une épaisseur de verre constante , la force de la batterie croît proportionnellement à l’étendue de la surface : ainsi vingt pieds carrés condensent vingt fois plus d’électricité qu’un seul. La décharge d’une batterie de cette force agit avec une telle énergie sur l’économie animale, qu’il est nécessaire de prendre des précautions dans son emploi.

Nous avons dit que plus une batterie contenait de surface de verre armée , plus on pouvait accumuler d’électricité ; il est évident qu’il faut aussi plus de temps pour la charger avec la même machine électrique.

Page 1