CHAPITRE II
les quantités dont les aiguilles sont diminuées, et celles dont les forces directrices diminuent, et que depuis 1 pouce jusqu’à- 4 de pouce, les moments sont à peu près comme les carrés îles longueurs des fils.
§ Y. Du moment de la force directrice des aiguilles relativement à leur diamètre.
173. Coulomb ayant reconnu qu’il était presque impossible de se procurer deux aiguilles d’acier de différents diamètres, qui eussent exactement le meme degré de ressort, et fussent dune nature homogène, forma des faisceaux avec des aiguilles très-fines et de même diamètre. Il avait remarqué qu’en tordant autour de son axe un fil de fer d’une demi-ligne environ de diamètre, ce fil, par l’effet de l’écrouissement , prenait à peu près le même degré de magnétisme qu’un fil d’acier de même diamètre. Il choisit en conséquence un fil de fer très-pur, tel qu’il sort de la filière, de 120 pieds de long; l’ayant coupé en différentes parties, il les tordit toutes autour de leur axe , puis il forma des faisceaux de différents diamètres et de différentes longueurs, qu’il aimanta à saturation. Ces faisceaux furent placés ensuite dans la balance magnétique. Il trouva d’abord que, dans deux aiguilles de même nature et dont les dimensions sont homologues, si l’on prend, par exemple, une aiguille d’une ligne de diamètre et de 6 pouces de longueur, et une autre de deux lignes de diamètre et de 12 pouces de longueur, les moments magnétiques sont entre eux comme 1 : 8, c’est-à-dire, comme les cubes de leurs dimensions homologues.
Ayant tordu autour de leur axe 3G fils de fer d’un pied de longueur, pesant 43 grains chacun, il forma avec toutes ces aiguilles un faisceau bien serré qu’il aimanta à saturation; placé dans l’étrier, il fallut une force de torsion de 34 2 degrés pour le maintenir à 3o degrés du méridien magnétique. Avec un second faisceau formé de 9 aiguilles de 6 pouces chacune de longueur, de même nature et de même diamètre que les précédentes,
a84 DÉTERM. DE L’INTENSITÉ DU MAGNET. TERR.
il fallut employer une force cle torsion de [\0l degrés. Dans ces deux faisceaux, le rapport des côtés homologues est de s à i , puisque les diamètres sont comme les racines carrées du nombre des aiguilles ; ainsi les cubes des diamètres sont entre eux comme 8 : i ; mais les moments des deux faisceaux sont comme 34^ : 42 ou 8,1 4 : x ; rapport qui diffère très-peu de 8 à i . On voit donc que les forces directrices sont proportionnelles au cube des diamètres des deux faisceaux.
§ VI. Détermination de Vintensitè absolue du magnétisme terrestre.
174. Une question importante relative au magnétisme terrestre a occupé, il y a quelques années, les physiciens, c’est celle de la détermination de l’intensité absolue du magnétisme terrestre. On sent parfaitement combien il serait important, pour la physique terrestre, de pouvoir vérifier à une époque quelconque si la force magnétique du globe, en différents points, a éprouvé quelques variations. Si l’on pouvait construire des aiguilles parfaitement identiques , qui prissent constamment la même quantité de magnétisme , la question serait facile à résoudre ; mais il n’en est pas ainsi ; on est obligé d’avoir recours à des méthodes qui présentent plus ou moins de difficultés dans l’exécution : déjà 011 en a proposé plusieurs, mais aucune 11’a encore été mise à exécution. J’ai rapporté, dans le 1er volume, pag. 366 et suivantes, les méthodes que nous devons à MM. Poisson et Arago , et sur lesquelles je ne reviendrai pas. Si elles avaient donné lieu à quelques expériences , j’en rapporterais ici le résultat. Nous connaissons maintenant tous les procédés à l’aide desquels on parvient à déterminer la résultante des forces magnétiques terrestres.
Dans le troisième volume , nous montrerons l’usage qu’on en a fait pour réunir un grand nombre d’observations, qui constituent à elles seules une branche importante de la physique terrestre.