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CHAPITRE IV

qui possèdent un magnétisme plus fort, pour former d’autres faisceaux.

182. Si l’on veut produire de grands effets, les faisceaux doivent être composés de plus de quatre barreaux partiels; dans ce cas, on les dispose en retraite de 10 en 10 millimètres , comme l’indique la figure 88. Cette méthode est fondée sur la distribution du magnétisme dans les aimants, qui est telle que le plus grand développement du magnétisme a lieu vers les extrémités ; il en résulte que chaque étage tend à maintenir, dans l’étage inférieur, la séparation du magnétisme.

Nous devons faire remarquer que toutes les dispositions adoptées par Coulomb sont le résultat d’expériences très-précises, dans lesquelles il a déterminé rigoureusement, dans chaque mode d’aimantation, le degré de force des barreaux.

On obtient de grands avantages, lorsqu’on aimante un barreau, en le maintenant, pendant cette opération, à la température rouge , et lui faisant éprouver ensuite un refroidissement brusque, pendant qu’il se trouve sous l’influence des forces magnétiques.

§ IV. Des armures ou armatures .

î 83. Nous avons vu que lorsque l’un des pôles d’un aimant est en contact avec l’une des extrémités d’un barreau d’acier, il y développe peu à peu un magnétisme de nom contraire au sien , lequel réagit à son tour sur le magnétisme naturel de l’aimant pour opérer sa décomposition. Ce nouvel accroissement réagit de nouveau sur le barreau , et ainsi de suite jusqu’à une certaine limite, qui est déterminée par l’état de saturation de l’aimant et du barreau, et la constitution de l’acier. Cette propriété a été mise à profit pour augmenter la force des aimants naturels ou artificiels. >

Si à l’un des pôles d’un aimant on applique un morceau de fer doux, auquel est attaché un plateau de balance , dans lequel 011 met successivement différents

298 DES ARMATURES

poids, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus ajouter une nouvelle charge sans séparer le fer doux de l’aimant, on trouve que le lendemain et jours suivants on peut augmenter la charge sans opérer la séparation ; mais si au bout d’un certain temps on détache forcément le fer doux, l’aimant n’est plus capable de soutenir toute la charge qu’il portait avant. Cet effet est facile à expliquer : l’aimant sous l’influence du fer avait acquis un excès d’énergie que sa force coercitive ne lui permet pas de garder ; abandonné à lui-même, il reprend le degré de force qui est propre à sa nature, c’est-à-dire qu’il rentre dans son état de saturation naturel.

Cela posé, considérons un aimant de forme carrée A A!, B B (fig. 84), dont les pôles A et B sont de signe contraire. Si l’on applique au pôle A un morceau de fer doux a a b b , d’une certaine épaisseur, il y aura décomposition de magnétisme naturel dans le fer doux, attraction de magnétisme boréal en b b , et répulsion de magnétisme austral en a a, ou du moins des effets qui paraissent tels. Plaçons un morceau de fer doux, à à b' b' , semblable à l’autre pôle, il s’y produira des effets semblables de décomposition. D’après l’expérience précédente, au bout cî’un certain temps, chaque pôle aura acquis un excès d’énergie, et par suite l’aimant entier sera capable de soutenir un poids plus considérable qu’avant. Ces appendices en fer doux, que l’on applique contre les aimants aux endroits ou les pôles sont situés, sont appelés armatures ou armures de F aimant, et les parties extrêmes a a , b' b' les pieds de F armure. Leur épaisseur ne peut être déterminée que par l’expérience , attendu qu’elle varie en raison de la nature des aimants.

Les armures ont encore l’avantage de concentrer en quelques points toute l’action de l’extrémité d’un barreau qui a une certaine longueur. Supposons un aimant AB (fig. 85), placé en présence d’un petit barreau ab , qu’il s’agit d’aimanter; il est évident que tous les points de B B agiront plus ou moins obliquement sur le barreau, et auront moins d’influence pour décomposer son magné»

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