CHAPITRE II
posons l’axe du thermo-multiplicateur perpendiculaire au méridien magnétique, et qu’à réchauffement de sa face droite ou gauche corresponde une déviation dans le même sens sur le galvanomètre. Produisons maintenant, en approchant convenablement la lampe, une déviation assez forte, de 44° par exemple, et ramenons l’aiguille à zéro par l’interposition d’un écran métallique. Faisonsla dé vier maintenant de 42° de l’autre coté, au moyen d’une seconde lampe placée devant la seconde face. Pour ramener l’aiguille à zéro, on emploiera, comme précédemment, un écran métallique.
Si l’on ote les deux écrans, on n’aura plus qu’une différence d’effets, attendu que les deux courants thermoélectriques cheminent en sens contraire. Si les intensités étaient toujours proportionnelles aux arcs, l’aiguille aimantée s’arrêterait à n° à droite ; mais il n’en est pas ainsi. Les deux degrés de différence qui existaient entre les déviations partielles 44 42 provenaient d’une
force plus grande que celle qui est nécessaire pour lui faire parcourir les deux premiers degrés. Il en résulte que l’arc parcouru, comparé à la différence des deux déviations, servira à mesurer la force correspondante. Supposons que l’aiguille s’arrête à 8° ; alors on en conclura que l’effort nécessaire pour faire passer l’aiguille de 4^ à L\[\ est quatre fois plus grand que celui qu’il est nécessaire d’employer pour le faire passer de zéro à 2°. Si l’aiguille se fût arrêtée à so°, l’effet aurait été cinq fois plus grand, et ainsi de suite.
M. Melloni est obligé de s’appuyer pour cela sur le principe que la proportionnalité des degrés aux forces dans l’arc qui sert de mesure comparative, existe jusqu’à une certaine déviation. Cette supposition est justifiée par l’expérience; car il a trouvé que, dans les galvanomètres dont la construction est soignée et le système astatique aussi parfait que possible, les arcs sont proportionnels aux intensités du courant depuis zéro jusqu’à 20°. On conçoit, d’après cela, comment on peut établir une échelle des intensités. Mais comme cette échelle doit
dépendre de la sensibilité du système asiatique et de la distribution du fil métallique sur les châssis, elle variera donc dans chaque instrument. Nous donnons ici la table que M. Melioni a formée pour son galvanomètre, dans lequel les intensités sont proportionnelles aux angles depuis zéro jusqu’à ao°.
Tableau N° 5.
| DEGRÉS
FORCES
DEGRÉS
FORCES-
DEGRÉS
FORCES
Si l’on compare les intensités des courants consignées dans les tableaux nos 3, 4 et 5, on ne trouvera aucun accord entre elles. Ces différences tiennent au mode de construction de chaque multiplicateur.
M. Nervander a cherché aussi à graduer le multiplicateur. 11 n’a pas trouvé d’autre moyen, pour résoudre la question d’une manière simple, que de substituer à la forme paralléîipipédique du châssis ordinaire la forme cylindrique, et d’enrouler le fd comme l’indique la fig. ai. lia remarqué qu’avec une moindre longueur de fil, on obtient des déviations plus grandes qu’avec le multiplicateur de Schweiger, toutes choses égales d’ailleurs.
Au moyen de ce changement, les intensités du courant sont soumises a une loi simple, dans une certaine amplitude de déviations, qui dépend de la construction de chaque multiplicateur. Dans l’étendue de cette amplitude, le courant est exactement proportionnel à la tangente de l’angle de déviation.